Le départ du Prémier Ministre Modibo Keita ne changera rien

La chasse au vieux lion sera bientot ouverte ? Le prémier Ministre Modibo Keita, politiquement très affaibli, est attaqué au sein de son propre camp, avant même les élections régionales.

La presse Bamakoise, avec sa complaisance habituelle pour les récits des petites querelles politiciennes, relaye ces combats avec délectation.

Ibrahim Boubacar Keita (IBK) va-t-il faire partir son Premier Ministre. Personne n’en sait rien, tellement le président de la République est imprévisible. Il n’a sans doute pas encore tranché. Toute cette agitation sur les choix de personnes est un peu vain, je ne vois pas tellement en quoi il peut être utile d’avoir, avant sa désignation officielle, le nom du nouveau Premier ministre, si tant est qu’il change.

Quel que soit le Premier Ministre, sa marge de manoeuvre sera inexistante.

Le malaise social et la grogne populaire de la jeunesse Malienne, impacteront autant Modibo keita qu’un autre, puisqu’en fait, c’est IBK qui est visé.

Le vice fondamental de ce quinquennat, à savoir l’incapacité du président de la République à trancher en temps utiles, ne va pas disparaitre.

Or, c’est ce qui a sapé en partie l’autorité de Omar Tatam Ly et  Moussa Mara. Le successeur  de Modibo Keita aura les mêmes soucis d’autorité et de coordination défaillante de l’action gouvernementale.

Les meilleures années du mandat sont passées.

Les réformes se lancent dans les deux premières années, car ce sont celles-là qui donneront leurs fruits en 2018, au moment de la campagne.

Le nouveau Premier ministre ne lancera pas grand chose de nouveau, entre ce qui est déjà lancé, et ce qui est sur les rails. Si c’est pour gérer des queues de réforme, et porter le chapeau des coupes sombres (je rappelle que l’organisation du sommet Afrique Afrique a crée un désequilibre budgétaire).

Devenir Premier ministre maintenant, quand on est jeune et qu’on a de l’ambition, ce n’est pas un bon plan.

La sagesse serait de laisser Modibo keita en place, car c’est la logique du quinquennat.

Grillé pour grillé, autant qu’il fasse le sale boulot. Ce n’est pas son départ qui arrangera la cote de popularité de IBK. Il y aura peut-être un petit mieux passager, du fait de la nouveauté, du changement de têtes, mais bien vite, le pouvoir en place retombera dans ses ornières structurelles.

Pour moi, l’essentiel est là. On s’en fout de savoir qui sera Premier Ministre, ça ne changera rien à la situation de la majorité et du Mali.

 

Séga DIARRAH

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Attentat de GAO : « Une épreuve de vérité »

Le terrorisme a encore frappé, deux coups rapprochés, Gao, puis un Poste du Gatia près de Tin-Assako.

Les deux cas sont emblématiques. A Gao, un coupable inconnu des services de renseignements. Dans l’autre cas, un groupe clairement identifié par le GATIA. Dans les deux cas, des attentats meurtriers et « frappants », soient par le nombre des victimes, soit par le choix, hautement symbolique, des cibles.

A chaque fois, la même réponse des Politiques, des discours, des rassemblements.

Je sais que les moyens humains et matériels pour lutter contre le terrorisme demandent du temps à se mettre en place, et l’application, par des humains (donc faillibles) laisse une marge d’erreur qui peut, parfois, être fatale, mais est malheureusement inévitable.

L’action des politiques face au terrorisme ne peut pas se limiter aux incantations. Il faut aussi avoir le courage de dire que nous sommes entrés dans une période de risque, avec lequel il va falloir composer.

Oui, le risque d’être touché par un attentat est très élévé, mais il reste de très loin inférieur à celui d’être victime d’un accident de la route.

Pourtant, nous continuons tous à prendre nos Djakarta  (mobylette)  sans avoir peur.

Nos responsables politiques doivent dédramatiser, en montrant qu’ils font ce qu’ils peuvent contre le terrorisme  mais sans paniquer ni désigner de coupables trop faciles, qui permettent d’éluder les vraies raisons.

Un vrai travail de mobilisation du pays est nécéssaire.

Les politiques devraient  mener un véritable travail d’introspection, sur les causes profondes du mal. Actuellement, ils ne font que lutter contre les symptômes.

Pourtant, une question, essentielle, n’est pas traitée ou si peu: « Comment réussir la paix avec les groupes armés ? ». « Comment faire adhérer nos partenaires à notre vision du développement du Nord du Mali? »

 

Des débuts de réflexion existent, mais on les trouvent dans la presse étrangère, rarement dans le débat public au Mali.

 

Si nous voulons pourtant en finir réellement avec le terrorisme, il faut à la fois rammener la paix au nord, mais aussi comprendre pourquoi cette région du Mali est toujours instable.

Cela pourrait nous amener à de réelles remises en cause, sur le caractère très excluant, voire ségrégatif, de la gestion du pouvoir par les élites (y coompris ceux originaires du Nord).

Il faut parler des problèmes du Nord du Mali et d’arrêter la politique de l’autruche.

Mais J’y vois un manque de courage de l’ensemble de la classe politique, face à un travail, il est vrai titanesque, de remise en cause profonde du fonctionnement de notre société.

Il faudra bien qu’émerge un autre discours politique sur le terrorisme et la crise au Nord du Mali.

Normalement, c’est le rôle de l’opposition que d’offrir une alternative. Actuellement, ce n’est pas du tout le cas, les partis de l’opposition poussant à la surenchère sécuritaire.

Entre un gouvernement qui se discrédite par ses échecs répétés et une opposition qui accélère droit dans le mur, j’ai du mal à voir qui va porter un discours alternatif, le seul qui puisse nous sortir de l’impasse.

Ces voix existent au seins du collectif BI-TON, mais sont trop faibles pour se frayer un chemin dans un système politique complètement verrouillé, et vérolé par des professionnels de l’exercice du pouvoir qui ont oublié pourquoi ils étaient là…

 

Séga DIARRAH

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Mali : il faut interdire aux juges de se syndiquer

 

L’appareil judiciaire du Mali est paralysé par la grève illimitée des magistrats

Les dérives des syndicats des Magistrats au Mali (SAM, SYLIMA)  ont longtemps été occultées par la brillante génération qui avait fait de ces syndicats à la fois une machine de guerre et un lieu de réflexion, un mélange d’intelligence et d’esprit partisan. Une acidité contestée aujourd’hui.

 

Il convient que le Syndicat des Magistrats du Mali s’adonne à un travail considérable de réflexion sur lui-même, qu’il se mette en cause, qu’il se désinfecte de tout ce qui dégrade sa structure, ses idées en idéologie et en parti pris et son combat en fond de commerce.

On ne demande pas au syndicat des Magistrats de se substituer au pouvoir politique, de l’accompagner  ou de le vitupérer. On doit exiger de lui qu’il reste à sa place. Faute de cette rénovation, il fera disparaître, en même temps que lui, l’adhésion à la justice et la confiance qu’elle doit inspirer.

Pour moi, les juges doivent être impartiaux pour juger indifféremment les gens sans tenir compte de leurs opinions, leurs richesses ni de leurs engagements quels qu’ils soient. Ce n’est pas possible si lesdits juges sont engagés politiquement, syndiqués.

Tout naturellement, ils seront cléments envers ceux de leur bord et sévères envers ceux qui ne le sont pas. Ils favoriseront les plus fortunés sans inquiétude, car ils seront protégés par un syndicat Puissant.

Comme les militaires, je pense que les magistrats doivent être neutres.
 Ou alors qu’ils changent de métier.

Avec l’interdication du syndicalisme dans  la magistrature, la justice Malienne retrouvera la confiance des citoyens au même titre que l’armée. Le magistrat pourra ainsi excercer son métier  dans la plus grande sérénité et en toute impartialité.

 

Séga DIARRAH

 

 

Sommet Afrique France : Cachez ces pauvres que je ne saurais voir

Tricycles, mendiants, commerces de détails et quartiers populaires n’existent plus au Mali depuis ce matin.

A l’occasion du sommet Afrique France de Bamako de Janvier 2017, des dispositions auraient été prises afin de cacher les marginaux de Bamako.

Cette question des « marginaux », de leur existence et de leur place dans la société n’est pourtant pas nouvelle. Dès qu’il y a une société, il y a une hiérarchie, avec ceux qui sont en haut, ceux sont en bas et ceux qui sont tellement en bas qu’ils sont à peine reconnus comme faisant partie de la société.

 

De tout temps il y a eu des personnes en marge, vivant d’expédients, non reconnus par la société et rejetés.

 

Ce qui a changé, en fait, c’est notre vision de ce phénomène.

Notre société modèrne n’accepte plus cet état de fait.

Nous vivons sur des aspirations et des mythes collectifs qui sont contrariés par l’existence de ces marginaux, parfaits contre-exemple de ce que la société moderne tente de promouvoir comme idéal.

Nous ne sommes plus dans un monde qui nous a été donné par des dieux.

Ce monde, il est tel que nous le faisons, nous sommes responsables de ce qui existe et nous ne pouvons plus évoquer la fatalité pour nous dédouaner.

Cela crée une tension que nous cherchons à résoudre, sans y parvenir.

 

Ces marginaux contrarient le mythe de la toute puissance de l’homme.

 

 Eh bien non ! Nombre de mendiants, de vendeurs ambulants, d’habitants de Sabalibougou, etc n’ont pas demandé à l’être, il y sont tombés et n’ont pas ou plus la force de s’en sortir, même avec de l’aide.

 

Certains luttent et pourtant, ils n’y arrivent pas.

 

L’homme a des limites, il n’est pas omnipotent et les marginaux du sommet Afrique France de Bamako sont un témoignage gênant de cette réalité.

 

Ces marginaux sont aussi la démonstration vivante que nous n’avons pas atteint la sécurité absolue.

 

Chacun sait, même si tous ne veulent pas se l’avouer, que personne n’est à l’abri d’une dégringolade. Combien d’exemples de cette lente déchéance :  un logement qu’il faut quitter, parfois la perte de l’emploi, les amis qui se dérobent. C’est tellement facile de tomber et tellement difficile d’en sortir une fois pris dans l’engrenage.

 

Le rêve est de pouvoir faire disparaitre cette pauvreté et cette marginalité, et on doit s’y employer ensemble.

 

Des efforts importants doivent être consentis.

Ils resteront insuffisants car le problème est immense et largement insoluble.

Mais à coté, on ne doit pas occulter et masquer, parce que cette vision, tout comme celle de la vieillesse, de la déchéance et de la mort est trop insupportable pour notre société.

Séga DIARRAH

diarrah.com

J’aime Bamako

séga DIARRAH

Je ne me contente pas d’aimer notre capitale, comme tant d’autres venus d’ailleurs.

Moi j’y suis né et y ai arpenté, gamin, les rues, les chantiers, les marigots, les ponts…

 

Mon souhait le plus ardent est surtout de pouvoir participer à la construction de Bamako, de son assainissement, de sa modernisation.

 

Je veux qu’on soit fier de notre Ville, que Bamako se développe en permanence.

 

 Je n’ai pas peur. Ni des quartiers populaires, ni de l’absence d’infrastructures, ni des adversaires.

 

Je crois encore au jeu collectif, à l’attention au vivre ensemble, à la pratique de la vie et de la ville, à la passion d’une ville lumière et propre, à la conscience de l’histoire et de ce que nous devons aux « grands anciens ».

 

Mon rêve est de rendre à la ville de Bamako à la fois son honneur et son rang parmi les grandes capitales Africaines, mais aussi parmi les grandes villes de la sous région.

Comparé à Abidjan, Dakar ou Alger, Bamako est largement sous équipé en matière sportive, scolaire ou transport public. Même d’un point de vue culturel il n’existe pas grand-chose en dehors des grandes institutions de l’Etat.

 

Le défi devant nous est de construire la Ville africaine de demain. Une ville moderne, en réseau, pour tous, qui soit capable de se dépasser dans tous les sens du terme.

Alors résolument oui, je m’engage Pour Bamako !