Mali : la stratégie suicidaire de Soumaila Cissé

Englué dans une contestation sans issue, Soumaila Cissé a décidé de maintenir sa position et de continuer la contestation après l’investiture du Président IBK.

 

Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot de l’administration et de la cour constitutionnelle.

Ce choix tactique, celui de l’homme qui se noie, brasse beaucoup d’eau, et s’accroche à la moindre planche, est désastreux pour l’opposition Malienne.

 

Jamais, dans son histoire, l’opposition Malienne  n’a sorti des arguments et une rhétorique qui s’apparente à celle  du camp de Soumaila Cissé.

Cela révèle une radicalisation, sur le fond et la forme.

La voracité avec laquelle l’opposition cristallise les débats sur l’élection présidentielle confirme cette orientation.

Des irrégularités ont certes été constatées pendant l’élection présidentielle mais en politique, il faut savoir prendre des coups et pouvoir rebondir.

 

La principale thèse des opposants  en est l’existence d’une « machine à fraude » du premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, qui aurait  tout téléguidé, y compris les décisions de la cour constitutionnelle. 

Soumeylou Boubeye Maiga. Un poncif des mythes politiques et complotistes.

 

Il est surprenant que le Président d’un micro parti (ASMA), qui s’est planté dans à peu près toutes ses manœuvres tactiques depuis cinq ans, au point d’être contraint à se retirer du ministère de la défense, ait réussi un tel coup. Encore plus étonnant, personne n’en a eu vent avant l’élection. 

Cette campagne, relayée par les réseaux sociaux, radicalise la base électorale de l’opposition.

Leur angoisse est à la hauteur des espérances qu’ils avaient, il y a encore quelques mois : cette élection était imperdable pour  l’opposition, Soumaila Cissé allait l’emporter haut la main.

 

Le 16 Aout au matin, lorsqu’ils constatent que leur champion a été éliminé, ils sont devenus hystériques, et leur colère mettra  encore longtemps à retomber. Leur premier réflexe a été de contester la légitimité des urnes, et de refuser de reconnaitre le vainqueur comme légitime.

 

Cette hystérie fait, ou va faire partir les éléments les plus modérés de l’opposition.

 Une scission à l’opposition est possible.

Dans une telle configuration, le risque est grand d’avoir un parti URD qui ne se lance pas dans la bataille des législatives  et qui vire dans le populisme et l’opposition frontale.

Une pente encore plus accentuée avec cette affaire de « non reconnaissance du Président  » qui radicalise la base militante et la déporte vers les activistes.  

 

Si on ajoute à cela, les dégâts que ne manquera pas de causer la guerre de succession qui va s’ouvrir après une éventuelle retraite politique de Soumaila Cissé, on se rend compte que la fracture à L’opposition risque de s’accentuer au point de devenir difficile à recoudre.

 

Alors que je pensais, il y a quelques mois, que le Parti au pouvoir risquait l’éclatement, en fait, c’est maintenant le cas aussi à l’opposition, ce qui est assez inédit.

 

Ce désastre de l’opposition Malienne  vient avant tout d’une erreur d’analyse, qui s’est traduite par une erreur de casting.

 

La clé de cette élection présidentielle  Malienne était une volonté profonde de changement de la part des électeurs, avec un rejet très fort de la classe politique issue du mouvement démocratique.

 

Les Maliens en veulent profondément à leur classe politique pour leurs échecs de fond :depuis 1991, le Bilan  des démocrates  a été un échec, sur le plan économique et social.

 

La colère porte aussi sur la forme, sur l’attitude des élus, complètement coupés de leurs électeurs.

 

Je ne suis pas certain que les responsables de l’opposition aient complètement compris cela.

 

En tout cas, ils ne sont absolument pas en mesure d’y répondre.

 

Séga DIARRAH

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Mali : Kamissa Camara, l’espoir retrouvé

Le monde ébahi découvre un nouveau visage de la diplomatie Malienne. Jeune, audacieuse, conquérante.

« L’instinct du peuple est toujours d’accord avec l’idéal de la civilisation », avait proclamé Victor Hugo à son retour d’exil en 1870, et cet instinct a balayé le pire en portant Kamissa Camara à la tête de la diplomatie Malienne.

Cette nomination me donne la conviction que nous vivions les dernières heures d’un ordre ancien et que notre démocratie était mûre pour redessiner une géographie partisane dépassée. On se souvient encore il y a quelques mois de la sortie médiatique de Kamissa Camara contre le projet de révision constitutionnelle initié par le Président IBK.

Le chemin reste étroit pour elle surtout qu’il faut passer par des compromis avec des élites en  ruine, mais avec la dose de chance sans laquelle il n’y a pas de grande victoire, elle sera probablement le « métèque » de la politique Malienne.

 Seule figure vraiment nouvelle qui suscite de l’espoir dans ce nouveau gouvernement, sa capacité à conduire à bien la diplomatie Malienne  est incontestable. Elle  symbolise cette volonté de renouvellement qui s’exprime avec radicalité  partout au Mali. Je la préfère largement à tous les « Jeunes » rentiers de la politique Malienne.

 

L’attente est immense

Le monde ébahi, découvre en la personne de Kamissa Camara, le visage d’un Mali qui confie sa diplomatie à une jeune, audacieuse, conquérante. Un Mali qui fait la place aux outsiders (hors du systèmes), qui risque et qui décidément surprend à l’heure du populisme triomphant.

Kamissa Camara devra confirmer les qualités qu’on lui prête. L’attente est immense car, encore plus que dans d’autres pays Africains en guerre, notre diplomatie est minée par le népotisme, les passes droits et la corruption. Les Maliens sont inquiets, or l’inquiétude alimente la colère, cette campagne présidentielle  l’a amplement démontré. Il faudra savoir y répondre. Mais quand? cette colère entraîne déjà les Maliens dans le mensonge, la régression identitaire et l’enfermement.

 

Séga DIARRAH

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Les activistes : cancer du journalisme au Mali

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L’arrivée des réseaux sociaux et des smartphones a permis, depuis maintenant quelques années, l’émergence d’une prise de parole « d’experts » qui ne sont plus obligés de passer par le canal de la presse.

 

Les réseaux sociaux ont décuplé cela, car désormais, tout témoin d’un fait peut le filmer, le relater, sans intermédiaire.

Les journalistes ne peuvent pas être présents partout, donc ils sont battus par la « multitude » sur le recueil des faits. Ils sont également battus sur l’analyse à froid des sujets techniques, car ils ne peuvent pas rivaliser avec l’expertise des gens du métier.

 

Les journalistes ont perdu le monopole de l’intermédiation et du recueil des faits.

 

Le deuil est globalement fait, même s’il reste encore des résidus pour penser que la seule analyse légitime est celle qui passe par leur intermédiaire, confondant journaliste et « arbitre des élégances ».

 

Reste maintenant à trouver le nouveau rôle. Je pense que les journalistes, sans abandonner leur compétence sur le recueil des faits et l’intermédiation, doivent absolument développer une compétence de médiateurs.

 

Le journaliste d’aujourd’hui  doit être un « tiers de confiance », celui vers qui on se tourne pour comprendre un phénomène, obtenir des compléments d’information, des éclairages

 

Ce rôle n’est actuellement joué par personne, car il est difficile à tenir.

 

Les journalistes semblent les mieux qualifiés, car même s’ils n’ont plus le monopole de l’intermédiation, ils ont encore une position dominante dans ce secteur (qui s’affaisse dangereusement toutefois).

La faiblesse structurelle des journalistes Maliens vient en partie de leur coté trop généraliste et partisan.

 

Il faut que le journaliste soit d’abord un documentaliste, capable de savoir où se trouve d’information pertinente, et aller la chercher, afin d’offrir à ses lecteurs des sources, des statistiques, des prises de position d’experts couvrant tout le spectre.

Il faut donc bien connaitre le sujet que l’on aborde, car il est nécessaire de comprendre ce qu’écrivent les experts, de les connaitre pour aller les solliciter, de maîtriser les débats afin de savoir où situer une prise de position.

 

Il doit aussi avoir la confiance du public.

Cela ne veut pas dire qu’il soit impartial.

Nous avons tous nos biais, conscients ou pas et vouloir en faire abstraction est juste impossible.

 

Le journaliste doit, au contraire, assumer et afficher ses biais, pour que les choses soient clairs vis-a-vis du lecteur.

 

En tant que « consommateur », je demande de la bonne foi et de l’honnêteté dans le traitement de l’information, et je suis assez grand pour aller m’informer à plusieurs sources, pour avoir plusieurs points de vue et me faire mon opinion.

 

Je n’ai jamais caché, ici, mes positionnements, et je sais que je suis lu par des personnes qui ne partagent pas du tout mes opinions et mes analyses mais qui apprécient de trouver un regard différent du leur, qui leur permet d’approfondir leur propre réflexion.

 

Ras  Bath, Vieux Blen, Abdoul Niang etc.  par exemple ne ressemblent pas du tout à la définition que je donne du journaliste.

Il ne sont en rien des médiateurs, c’est juste des militants, qui utilisent leurs positions et leurs visibilités médiatiques pour relayer leurs opinions et leurs lectures  du monde, en espérant convaincre des gens de penser comme eux.

 

Cela ne veut pas dire que tout soit à jeter, ces émissions peuvent avoir des analyses intéressantes, mais qui ne relèvent pas du métier de journaliste.

 

Or, ils se présentent comme tels, ce qui crée une confusion.

 

Ils ne sont pas une exception, c’est une espèce malheureusement très répandue dans les médias Maliens.

C’est le cancer du journalisme, car ils discréditent toute la profession.

 

séga DIARRAH

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Présidentielle au Mali : La fraude, Mode d’emploi

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Au Mali les stratégies de fraudes électorales les plus célèbres ne sont pas les plus efficaces.

 

voici une compilation de méthodes qui seraient mises en oeuvres par les grands partis dans le cadre du premier tour de l’élection présidentielle du dimanche 29 juillet.

 

 

Utiliser avec de fausses procurations

La fraude par les fausses procurations ou «fraude par le vote des absents» n’est pas une nouvelle pratique au Mali. Cette fraude consiste à faire voter illégalement les personnes qui ne se déplaceront et qui ne font pas de procuration pour voter. Il suffit de créer de fausses procurations avec l’aide d’une administration corrompue. Ce type de fraude a été observé à toutes les  élections municipales de 2008 au Mali depuis 1991.

 

La Manipulation du bulletin unique 

la manipulation du bulletin unique est une manipulation électorale incitative. C’est  stratégie qui est utilisée par l’Allemagne nazie: la manipulation électorale incitative. Après avoir annexé l’Autriche —par l’Anschluss, le 12 mars 1938— Hitler charge ses collaborateurs d’organiser le plébiscite à travers un referendum.

Sur les bulletins de vote, il est demandé aux votants allemands et autrichiens de répondre à la question suivante: «Êtes-vous d’accord avec la réunification de l’Autriche avec le Reich allemand qui fut décrétée le 13 mars 1938?» Le bulletin propose deux réponses aux votants: un «oui» imprimé en évidence —et donc plus incitatif— et un «non», plus petit. Au terme du décompte, le résultat du référendum donne un vote favorable à plus de 99% en Allemagne et en Autriche.

IL s’agit donc de mettre son candidat en évidence tout en mettant le choix des principaux concurrents entres la vingtaine de candidats. 

 

Faire voter les morts

Pour organiser cette fraude,  les Etats Majors des partis consultent les registres de décès et récupèrent les cartes d’électeurs des personnes décédées pour aller voter à leur place, apposant une fausse signature dans la liste d’émargement du bureau de vote. Après tout, on peut tremper son doigt plusieurs fois dans l’ancre grâce au vote par procuration non ?

 

Gonfler son score avec de faux électeurs

IL s’agit de recenser et des milliers de personnes fictives dans le fichier électoral.

Les voix de ces électeurs «fantômes»  seront automatiquement ajoutées au score final pendant la manipulation des données.

 

La victoire par achat de voix

La stratégie électorale par achat de voix  est la méthode la plus répandue au Mali.

Elle est utilisée par presque tous les principaux candidats.

Beaucoup de jeunes citadins et des femmes se disent prêts à vendre leur voix pour l’ élection présidentielle.

A ces électeurs ont peut s’y ajouter des vendeurs «potentiels» puisque des disciples de guides religieux et chefs traditionnels influents sont disposés à suivre les consignes de vote  si on payait davantage leurs guides.

La question de l’achat de voix au Mali est un problème sérieux et concerne la majorité des grands partis.

Selon mes estimations entre 30% et 40% des votes qui seront exprimés le dimanche 29 juillet  seront achetés ou contrôlés.

L’achat concerne principalement les jeunes et les femmes «dont chacun est estimée à une dizaine 2 000 FCFA minimum.»

 

le bourrage d’urnes

 

Cette technique consiste à retirer tous les bulletins et en les remplaçant par d’autres, favorables à son candidat. Cette pratique se déroule dans des bureaux de vote des zone en insécurité ou les autres candidats n’ont pas de représentants dans les bureaux de votes. 

 

Le Secret du vote

Le choix du candidat dans un isoloir ou à l’abri des regards indiscrets, est un principe généralement respecté au Mali. Cependant ’ils existe encore des villes et villages où des paysans votants montreraient leur bulletin à une autre personne dans le bureau de vote, ce qui peut parfois constituer un moyen de pression sur l’électeur.

 

Les élections présidentielles au Mali sont toujours suspectes car aucun contrôle démocratique des résultats n’est possible.

Il n’existe aucun moyen de savoir qui vote, un président  sera désigné à l’issu du scrutin du dimanche, mais ce ne sera pas un épisode glorieux de sa carrière politique.

 

Séga DIARRAH

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Mali : La présidentielle de la dernière chance ?

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La campagne présidentielle s’achève, du moins pour le premier tour, avec une incertitude et une tension comme je n’en ai jamais vécu auparavant.

 

A l’incertitude des scores, s’ajoute un sentiment d’urgence. C’est la dernière occasion de régler, par les urnes, le problème du divorce entre le peuple et ses élites.

Le Mali  est un pays fracturé et bloqué, qui a un réel problème d’inclusion.

Que ce soit pour l’accès à l’emploi, au logement, à la santé, tout est fait pour favoriser et protéger ceux qui sont déjà dans la place, au détriment des outsiders. Le problème devient tellement énorme que même une partie des insiders en est gênée, voire effrayée, tellement le potentiel d’explosion sociale du pays est énorme.

Il y a urgence à déverrouiller. Si cela ne se fait pas maintenant, par les urnes, cela se fera autrement, avec un prix à payer bien plus conséquent.

Le drame de cette élection présidentielle est qu’aucune offre politique ne répond à la demande.

 

La volonté de changement est le thème majeur. Un bon nombre de candidats ont cherché à surfer dessus, en se présentant comme « hors système ».

Au delà de la posture, les propositions concrètes pour changer de cap sont assez différentes.

Elles tiennent malheureusement souvent à la désignation d’un bouc émissaire (le président sortant IBK) et à quelques mesures spectaculaires, censées tout régler comme par miracle.

 

Ces populismes, qu’ils soient de la Majorité ou de l’opposition, sont des impasses, car leur trop grande radicalité les empêchent de construire un consensus, un espace politique dans lequel tous se retrouvent a minima.

Faire tout sauter, dans des révolutions est certes une manière d’apporter le changement. Encore faut savoir où on atterrit.

 

Une partie de l’électorat est globalement satisfaite du système tel qu’il est, et voit dans l’élection une simple modalité de choix d’un dirigeant, à système constant.

Le président sortant IBK a parfaitement capté cet électorat, avec un positionnement politique conservateur et une absence totale de volonté de réformer le pays.

 

Pas question de « lutte contre la corruption » dans sa campagne. Les affaires qui ont terni son image n’ont pas fondamentalement touché à ce positionnement, et c’est sans doute pour cela qu’il a réussi à conserver son cœur d’électorat. De ce fait, sa campagne était en décalage avec les autres, car lui faisait réellement des propositions de politiques publiques, là où les autres parlaient de changer la société.

 

La complexité de la campagne vient en partie de cette absence de diagnostic partagé sur la situation du pays et sur les priorités de l’élection.

Faut-il le réformer en profondeur, pour le déverrouiller socialement ou au contraire, garder les choses en l’état et améliorer la situation économique ?

D’autres clivages politiques apparaissent, comme celui très bien incarné par l’opposition entre Cheick Modibo Diarra  et Alou Badra Diallo, le premier incarnant le nationalisme fermé, là où le deuxième propose une ouverture sur la mondialisation. La fracture IBK-Soumi est toujours présente, même si elle a été un peu mise en sourdine.

Les Maliens n’ont qu’un bulletin de vote, ils ne peuvent donc que réponse à une seule question, à un seul choix. Or, tous ne répondent pas à la même question, d’où la confusion qui a régné pendant toute la campagne.

Cela ne serait pas trop grave si le mécontentement de la population n’était pas aussi grand, et si l’élection présidentielle n’était pas aussi cruciale.

Je crains malheureusement que nous ne demandions trop de choses, parfois contradictoires, à ce scrutin présidentiel.

Il ne va pas régler, d’un coup de baguette magique, la fracture Malienne. Par contre, il peut rapidement envoyer le pays dans le décor, en cas de choix malencontreux.

On peut avoir un président élu sur un malentendu, ou par accident, parce que tous les autres se sont neutralisés et qu’il a finalement, presque subrepticement, réussi à décrocher la timbale.

Si c’est le cas, le président ne pourra pas se prévaloir d’une quelconque légitimité politique, et une sanction électorale peut lui être infligée dès les élections législatives, rendant le pays ingouvernable.

 

Le chaos politique est possible, voire probable. Personne ne sait ce qui pourra en sortir, et c’est cela qui est le plus inquiétant.

 

Séga DIARRAH

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Mali : vivement le 29 juillet

Vivement que cette campagne présidentielle se termine, que l’on puisse à nouveau bloguer normalement, sur des sujets qui en valent la peine.

Je renonce officiellement a commenter  les programmes des candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet au #Mali, car je ne suis plus en mesure de distinguer le lard du cochon.

Actuellement, les candidats, tous quels qu’ils soient, multiplient les promesses, au point que l’on ne sait plus ce qui relève de leurs vrai projet, de ce qu’ils vont effectivement mettre en oeuvre et l’ensemble des promesses et déclarations destinées à flatter tel électorat, à éviter de s’aliéner tel autre. On nage en plein délire, et je prend pour exemple la question de l’emploi et du chômage des jeunes.

C’est un secteur qui va plutôt mal, donc aux abois. Alors que Aliou Badra Diallo continue de licencier dans ses mines d’or, il propose aux électeurs Maliens la création de un million deux cent mille emplois en cinq ans.  Qu’est ce qu’il ne faut pas entendre comme âneries et contre-vérités.

En voulant faire plaisir et dire aux diverses catégories ce qu’elles ont envie d’entendre, les candidats montrent leur perméabilité aux pressions diverses et variées.

Quand on pèse électoralement ou symboliquement, on peut faire dire n’importe quoi à un candidat en campagne, y compris ce qui va à l’opposé de sa pratique habituelle.

 

Comment voulez-vous alors démêler le vrai du faux, et croire aux promesses, trop nombreuses pour être sincères.

 

Séga DIARRAH

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Utiliser la Blockchain pour la prévention et la gestion des conflits sociaux au centre du Mali

BlockchainLe contrôle, l’appropriation, la défense et la reconnaissance des droits d’utilisation des ressources foncières engendrent des violences et des tensions impliquant divers types d’acteurs au centre du Mali.

Dans ce livre blanc, je mène une réflexion sur  la gestion du foncier au Mali dans sa conception postcoloniale basée sur la propriété privée.

La source de tous les problèmes fonciers au Mali viendrait de la transition inachevée de la gestion précoloniale sans propriété privée vers la gestion postcoloniale avec la dimension privée.

Le foncier étant un actif, le développement ne peut être assuré que par la voix libérale.

Pourtant la terre à plutôt une dimension sacrée au Mali et est considérée comme étant un patrimoine commun plutôt qu’une propriété privée.

De toutes les solutions de gestion suggérées par les différentes études sur le sujet, la sécurisation du foncier apparait comme une évidence et un préalable.

Qu’il s’agisse de la solution traditionnelle, moderne ou « hybride » de la gestion du foncier.

Ce livre blanc aura pour objectif d’établir si l’application de la Blockchain facilitera la transition d’un mode de gestion archaïque à un modèle de gestion moderne du foncier au Mali.

 

A Lire gratuitement ici https://www.academia.edu/37027062/La_Blockchain_dans_la_pr%C3%A9vention_et_la_gestion_des_conflits_sociaux_en_Afrique_cas_du_foncier_au_Mali

Séga DIARRAH

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Intellectuels Maliens, Engagez vous !

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Au Mali, ceux qui se prétendent des « intellectuels » estiment qu’ils ne doivent pas « s’engager ».

Si la Patrie est en danger, le pays au bord du gouffre, il faut s’engager pour sauver la nation.

Que les intellectuels Maliens s’engagent courageusement pour défendre des causes qui en valent la peine. N’ayez pas peur  des coups à prendre, ne restez pas chez vous.

IL y a 2 ans, je me suis engagé pour l’emploi des jeunes et une éducation efficace au Mali, ce qui m’a valu sur le coup la saisie de tous les équipements de la rédaction de notre journal Maliactu et la mise sous contrôle judiciaire de notre rédacteur en chef .  C’est sur des sujets comme celui-là que l’engagement des intellectuels a un sens, quand il faut se battre contre l’opinion dominante, les institutions.

Malheureusement notre microcosme d’intellectuel Malien vit sur un mythe, se croyant ministrable, personne ne prend son courage pour dire publiquement les choses.

Ceux qui « s’engagent » aujourd’hui ne sont généralement que des moutons de Panurge, qui bêlent avec le troupeau, préférant se planter avec le gourou à la mode, plutôt que de défendre la vérité et avoir raison avec le paria.

Dans cette liste, beaucoup d’illustres inconnus, et de personnes pour qui le qualificatif « d’intellectuel » est à la limite de l’usurpation.

J’ai beaucoup de respect pour les comédiens, les artistes et leur métier, mais de là à les qualifier d’intellectuels, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Par contre, on ne retrouve pas dans cette liste de grands noms, ceux de nos vrais intellectuels, ceux qui peuvent faire réellement avancer les débats en les éclairant et qui travaillent au lieu de passer leur temps sur facebook ou sur twitter.

 On ne les entend toujours pas donner leur avis . 

Je reste convaincu que le vrai débat, celui qui peut faire bouger les lignes, ce n’est pas en période de campagne qu’il peut avoir lieu. Il faut le mener en amont, par un travail de réflexion, d’échanges, sur un temps long, sans la pression d’une échéance.

Il faut ensuite le vendre aux politiques pendant que leur opinion sur un sujet n’est pas encore faite. C’est long, collectif, mais c’est ce que nous avons adopté au collectif BI-TON.

Cependant, le miroir aux alouettes du système politique Malien a encore de beaux jours devant lui, quand on voit le nombre de personnes qui s’alignent sur ses standards et vont à la soupe.

 

Séga DIARRAH

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Mali : la contestation sera t-elle dans les urnes ?

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 Une élection présidentielle n’est jamais facile à gérer pour un Président sortant, et en plus, il y a cette fois-ci une crise économique et sécuritaire qui touche la société Malienne.

On peut penser que le président IBK pourra se retrouver en très grande difficulté du fait de l’abstention d’électeurs RPM mécontents.

 Cela amène à se poser quelques questions, et surtout, à relativiser pas mal de choses pour un éventuel deuxième mandat.

 

Cependant après la marche de l’opposition d’aujourd’hui, je constate que soit cette indignation n’était pas si partagée que ça, soit elle ne s’est pas traduite dans les rues.

Il y a sans doute des deux. car la marche d’aujourd’hui  n’a pas mobilisé des milliers de personnes comme ce fut le cas lors des manifestations contre la révision constitutionnelle.

On a beaucoup entendu ceux qui sont indignés.

Normalement, c’est en général ceux qui sont contre qui s’expriment spontanément. On entend qu’eux, le bruit public va dans le même sens ce qui donne une impression d’unanimité que renforce l’écho médiatique.

Ceux qui sont pour IBK ou qui s’en fichent complètement se taisent et font autre chose.

Le seul vrai résultat qui comptera, c’est celui des urnes, quand tous s’exprimeront.

Parfois, c’est dur pour certains militants de se rendre compte que finalement, ils sont minoritaires et que le silence de la masse ne valait pas approbation.

 

Souvent, ces militants, surtout s’ils occupent une bonne place dans les médias ou sur les réseaux sociaux n’en sont que plus hargneux.

 

La leçon que je tire de cette mobilisation d’aujourd’hui est triple.

  • Ce qui compte en politique, c’est de garder son électorat. Essayer de conquérir les électeurs d’en face est une erreur. On perd les siens sans gagner les autres. pendant cette manifestation, les motifs ne séduisaient pas les Maliens non « politisés », mais au contraire, les militants et sympathisants de l’opposition classique. Le résultat montre que l’opposition  garde son électorat et que IBK a encore de bonnes chances pour le 29 juillet.

 

  • Deuxième leçon, finalement, les gens s’en foutent des polémiques initiées par  les anciens collaborateurs et minitres de IBK. L’impact de tels épisodes médiatiques est finalement négligeable. Pour moi, cela montre que la déconnexion est toujours aussi grande entre la population et le monde politique, vivant en vase clos et chassant en meute.

 

  • Internet et son #BouaKaBla, c’est rigolo, mais cela n’a absolument aucun poids ni aucune influence. Arrêtons donc de nous remonter le bourrichon avec l’influence d’internet. C’est peanuts ! Nous sommes une petite bulle, de la même nature que ORTM, fonctionnant de la même manière, sauf que ce ne sont pas forcément les mêmes qui la remplissent. Mais nous sommes aussi déconnectés.

Alors cessons de nous prendre pour le pouls de l’opinion Malienne

Séga DIARRAH

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Mali : Il est important de ne pas se tromper de combat

Depuis quelques temps, je m’intéresse aux questions de participation des citoyens Maliens à la décision publique.  La « démocratie » à la Malienne.

Les modalités actuelles de l’exercice de notre démocratie sont clairement en décalage avec les attentes des Maliens.

 

Il suffirait pourtant de pas grand chose pour rendre plus démocratique le processus de la décision publique au Mali.

Pas besoin d’Etats généraux ni de constituante, juste de l’ouverture, une juste diffusion de l’information et l’acceptation, par l’élite en place, du fait qu’elle pourrait perdre du pouvoir, et pire, devoir rendre des comptes.

C’est sans doute là qu’est le blocage le plus essentiel, et sur lequel il faut porter les efforts.

 

En démocratie  la décision publique doit être le fruit d’une délibération.  Elle doit être prise soit par les citoyens directement, soit par le biais de représentants élus.

 

Dans le système actuel au Mali, l’essentiel des décisions sont prises par le gouvernement, avec quelques Ministres qui tentent de mettre leur grain de sel, en se carbonisant à lutter contre la force d’inertie des fonctionnaires.

Quand un projet de loi arrive à l’Assemblée nationale, il est ficelé à 98%, et s’il évolue, c’est sur quelques points, et parce que les parlementaires ont réussi à s’organiser, collectivement, pour faire bouger le gouvernement.

Avant ce processus parlementaire, le texte est en effet passé par de nombreux filtres, tant sur le plan technique que politique.

Entre l’élaboration de l’avant projet par le Ministère concerné, les réunions interministérielles d’arbitrage, le passage en Conseil des ministres, les consultations ont été nombreuses, et le travail souvent bien fait, il faut reconnaitre cela à notre administration.

Mais tout cela est totalement opaque pour le Malien Lambda.

Seuls les fonctionnaires et quelques politiques qui ont leurs entrées ont pu participer au processus. C’est là que le bât blesse, car dans un État réellement démocratique, tout ce processus devrait être transparent, et associer tout ceux qui veulent participer.

Il faut donc déplacer les règles de la démocratie là où se prennent réellement les décisions, et sur l’ensemble du spectre.

Il faut d’abord faire circuler l’information. L’information existe, elle n’est juste pas partagée. La publicité des avant-projets; avec un mise à jour à chaque étape importante, devrait être la norme.

 

Des comptes rendus détaillés des échanges qui ont lieu dans les instances ayant un pouvoir de décision est essentiel.

Les débats en réunion interministérielles, où se calent les compromis (qui sont ensuite figés) devraient être publics.

En fait, ce serait le minimum qu’on puisse exiger dans une démocratie digne de ce nom.

Il faut ensuite que tous soient associés. Et pas seulement en bout de chaîne, quand les arbitrages sont rendus et que le texte est déjà cristallisé.

La diffusion de l’information permettrait à tous de pouvoir donner leur avis. Bien entendu pas n’importe comment, en réservant des moments pour cela, en demandant que le propos soit un minimum construit et pertinent.

Gueuler par le biais des vidéos sur facebook, des articles de presse, des émissions TV et radios, sans écouter les autres parties et sans rien proposer, c’est contre-productif.

Je suis certain que la société civile s’organiserait beaucoup plus pour contribuer si cela se fait dans de bonnes conditions, à un moment où c’est encore utile.

Beaucoup sont aujourd’hui découragés et désabusés, on aurait tellement aimé être consulté sur la loi électorale avant son adoption.

Les décideurs élus n’en seront pas pour autant dessaisis de leur pouvoir, puisque c’est eux qui continueront à prendre les décisions ayant valeur juridique.

Mais ils devront le faire en assumant leurs responsabilités, en justifiant leurs choix, dans un processus transparent, où à chaque étape, on sait qui a dit quoi, quelles évolutions ont été apportée, et par qui.

 

Bref, tout est prêt pour une transparence dans le processus de prise de décisions au Mali, il suffit juste aux élus et aux décideurs actuels d’appuyer sur le bouton, ce qu’ils refusent obstinément de faire, par peur de perdre la marge énorme de pouvoir et d’irresponsabilité politique que leur donne l’opacité du processus.

Séga DIARRAH

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