Attentat de GAO : « Une épreuve de vérité »

Le terrorisme a encore frappé, deux coups rapprochés, Gao, puis un Poste du Gatia près de Tin-Assako.

Les deux cas sont emblématiques. A Gao, un coupable inconnu des services de renseignements. Dans l’autre cas, un groupe clairement identifié par le GATIA. Dans les deux cas, des attentats meurtriers et « frappants », soient par le nombre des victimes, soit par le choix, hautement symbolique, des cibles.

A chaque fois, la même réponse des Politiques, des discours, des rassemblements.

Je sais que les moyens humains et matériels pour lutter contre le terrorisme demandent du temps à se mettre en place, et l’application, par des humains (donc faillibles) laisse une marge d’erreur qui peut, parfois, être fatale, mais est malheureusement inévitable.

L’action des politiques face au terrorisme ne peut pas se limiter aux incantations. Il faut aussi avoir le courage de dire que nous sommes entrés dans une période de risque, avec lequel il va falloir composer.

Oui, le risque d’être touché par un attentat est très élévé, mais il reste de très loin inférieur à celui d’être victime d’un accident de la route.

Pourtant, nous continuons tous à prendre nos Djakarta  (mobylette)  sans avoir peur.

Nos responsables politiques doivent dédramatiser, en montrant qu’ils font ce qu’ils peuvent contre le terrorisme  mais sans paniquer ni désigner de coupables trop faciles, qui permettent d’éluder les vraies raisons.

Un vrai travail de mobilisation du pays est nécéssaire.

Les politiques devraient  mener un véritable travail d’introspection, sur les causes profondes du mal. Actuellement, ils ne font que lutter contre les symptômes.

Pourtant, une question, essentielle, n’est pas traitée ou si peu: « Comment réussir la paix avec les groupes armés ? ». « Comment faire adhérer nos partenaires à notre vision du développement du Nord du Mali? »

 

Des débuts de réflexion existent, mais on les trouvent dans la presse étrangère, rarement dans le débat public au Mali.

 

Si nous voulons pourtant en finir réellement avec le terrorisme, il faut à la fois rammener la paix au nord, mais aussi comprendre pourquoi cette région du Mali est toujours instable.

Cela pourrait nous amener à de réelles remises en cause, sur le caractère très excluant, voire ségrégatif, de la gestion du pouvoir par les élites (y coompris ceux originaires du Nord).

Il faut parler des problèmes du Nord du Mali et d’arrêter la politique de l’autruche.

Mais J’y vois un manque de courage de l’ensemble de la classe politique, face à un travail, il est vrai titanesque, de remise en cause profonde du fonctionnement de notre société.

Il faudra bien qu’émerge un autre discours politique sur le terrorisme et la crise au Nord du Mali.

Normalement, c’est le rôle de l’opposition que d’offrir une alternative. Actuellement, ce n’est pas du tout le cas, les partis de l’opposition poussant à la surenchère sécuritaire.

Entre un gouvernement qui se discrédite par ses échecs répétés et une opposition qui accélère droit dans le mur, j’ai du mal à voir qui va porter un discours alternatif, le seul qui puisse nous sortir de l’impasse.

Ces voix existent au seins du collectif BI-TON, mais sont trop faibles pour se frayer un chemin dans un système politique complètement verrouillé, et vérolé par des professionnels de l’exercice du pouvoir qui ont oublié pourquoi ils étaient là…

 

Séga DIARRAH

diarrah.com