L’éthique et le religieux au Mali

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quelques jours après le concert de IBA One et du Mahouloud de Cherif Ousmane Madani Haidara, voilà que ce dernier est de nouveau sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux pour avoir offert sa tribune aux hommes politiques notamment le président IBK.

Je vois beaucoup d’analogie dans les deux cérémonies. Ce sont d’abord et avant tout des shows médiatiques, montés par deux organisations très pointues dans ce domaine.

Cherif Ousmane Madani Haidara est sans doute le meilleur organisateur d’évènements que je connaisse, avec plusieurs années d’expérience, une capacité à s’adapter à son public.

Il a une capacité à manipuler les citoyens en leur donnant ce qu’ils veulent : des images spectaculaires et de l’émotion dans un langage familier.

Ces deux cérémonies sont de l’auto célébration et l’affirmation d’un pouvoir temporel. Concernant IBA One, je m’en moque un peu.

Quand à Chérif Ousmane Madani Haidara, c’est autre chose.

En fait, ça ne me surprend pas tellement ce genre de cérémonie est dans les gènes des Ançardine (NDLR  l’association de Cherif Ousmane Madani Haidara).

je ne vais pas m’attarder sur cet aspect qui consiste à faire défiler des hommes politiques en quête de popularité, car il est absolument pas question de Dieu. Inutile de vous dire que tout cela me hérisse et m’afflige.

Pourtant, le Maouhouloud de Chérif Ousmane Madani Haidara ne se résume pas à ça, et heureusement.

Il y a en fait une double dimension, la première que je qualifierais de sensibilisation en ce qu’elle s’appuie sur le message du Prophète contenu dans les livres. C’est pour moi l’éthique inscrite dans le coran, qui amène chacun à se conformer, dans son comportement quotidien, à des valeurs.

L’autre, je la qualifie d’ « attentiste » car elle ne s’appuie pas forcement sur le message du Prophète, mais sur une simple analyse de Chérif Ousmane Madani Haidara qui, parfois peut être une sensibilisation pour certains, mais qui concrètement, n’a pas grand chose à voir avec l’éthique.

C’est par exemple les discours sur les hommes politiques et la politique politicienne Bamakoise, que ce soient les cérémonies, les évènements, les sollicitations nocturnes, mais aussi les petits détails.

Bref toutes ces choses que le Prophète n’a pas institué (et voire même qu’il n’aurait jamais recommandé).

Ma position de Musulman est d’affirmer que seule l’éthique compte, qu’elle se pratique tous les jours, à tous moments, sans qu’aucun ne soit plus « fort ».

Un peu de « religion » est parfois nécessaire, car il n’est pas possible d’être Musulman tout seul, isolé dans son coin.

La lecture solitaire du coran est le chemin qui mène au fondamentalisme et à ses délires.

Il faut au contraire confronter sa lecture et sa compréhension à celle des autres, apprendre des autres (y compris des Chrétiens), car on ne sait pas tout.

L’éthique est du ressort de la conscience de chacun, les guides religieux n’ont finalement pas de prise, à part délivrer leurs messages en espérant qu’ils soient écoutés et suivis.

Qu’est ce qui justifie encore toute cette hiérarchie et toute cette pompe ?

Séga DIARRAH

Président du Mouvement BI-TON

(c) diarrah.com

 

Séga Décrypte #14 : L’islam au Mali

sega DIARRAH

Issu d’une contestation de l’ordre colonial et d’une réforme de l’enseignement islamique, le Mali a adopté un islam sunni et populaire qui favorise l’adoption de nouvelles normes et des modes d’action sociale inédits.

La montée d’un islam politique au Mali après l’avènement de la démocratie s’inscrit dans un contexte où l’accès à l’information, comme la mobilité des personnes et des biens, renforcent le sentiment d’appartenance à l’Oumma, où le savoir enseigné, constamment en circulation, joue un rôle de ciment.

Dans cette vidéo, je vous explique  le poids de ces transformations et le mouvement de réforme interne de l’islam au Mali.

Mes sources :

  • Coran, sourate « Le Très Haut » (sura’t AlAla ), 87.
  • Dans le contexte malien, la tendance sunni définit la part des musulmans qui font de la tradition prophétique (sunna ) la base de leur réinvestissement de la foi ou de la réislamisation. Contrairement au contexte arabe, le sunnisme au Mali ne se définit pas spécifiquement par opposition au chiisme (qui est très minoritaire : près de 98 % des musulmans maliens sont sunnites, de rite malékite), mais bel et bien par rapport aux traditions confrériques qu’il rejette.
  • L’UCM, fondée à Dakar dans les années 1940, eut des antennes dans les principaux foyers réformistes de l’Afrique occidentale française (AOF). Au Mali, elle fut dissoute par Modibo Keita à son arrivée au pouvoir.
  • Entre 1980 et 1990, le taux de scolarisation dans l’enseignement public malien ne cesse de diminuer : s’élevant à 30 % en 1980, il n’atteint plus que 21 % en 1996. En 2008, la proportion des enfants fréquentant l’école primaire a nettement augmenté, passant à 61 %.
  • En 1981, les médersas accueillent 36,62 % des enfants en âge de suivre l’école primaire, et en 1987, entre un quart et un tiers des élèves (L. Brenner, op. cit. [2]). Entre 2002 et 2009, le nombre des médersas est passé de 840 à 1 631. Entre 2001 et 2009, le nombre d’enfants inscrits en premier cycle en médersas passe de 121 657 à 240 579. En 2009, 60 % des enfants du premier cycle étaient scolarisés en école publique, 18 % dans les écoles communautaires, 12 % dans les médersas, enfin 10 % dans les écoles privées non confessionnelles (ministère de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales du Mali, Annuaire national des statistiques scolaires de l’enseignement fondamental 2002-2003 et 2008-2009, Gouvernement du Mali ).
  • Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle/ministère de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales/ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Programme d’investissement pour le secteur d’Éducation. Descriptif de la troisième phase (PISE III), mars 2010.

 

Séga Décrypte #13 : Les raisons politiques de la crise Malienne

Dans cette vidéo, je vous explique les raisons majeures de la crise politique que traverse le Mali. La crise Malienne est avant tout une crise de gouvernance qui trouve ses origines dans la mise en oeuvre de la décentralisation.

Les informations qui servent de support à la réflexion menée dans cette vidéo sont issues d’observations menées lorsque j’étais étudiant à l’institut d’Etudes Politiques SciencesPo Paris.

Sources :

  • En 1236, l’empereur Soundiata, après sa victoire sur le roi du Sosso, procède à la réorganisation du Mandé, scellée par la Charte de Kurukan Fuga. Ce pacte social entre les différents clans de l’empire est considéré – notamment par les adeptes de la philosophie néo-traditionaliste du n’ko, influente chez les promoteurs de la décentralisation – comme la première expérience de décentralisation au Mali. Il aurait fondé l’organisation politique de l’empire sur une articulation entre confédération, provinces et cantons avec la famille comme matrice primordiale de l’État. Voir J.-L. Amselle, « Les usages politiques du passé. Le N’ko et la décentralisation administrative au Mali », in C. Fay, Y. F. Koné et C. Quiminal (dir.), Décentralisation et pouvoirs…op. cit., p. 39-65.

 

  • L’insurrection des Touarègues qui éclata dans le Nord Mali en juin 1990 était mue par des revendications socio-politiques et identitaires. Les Accords de Tamanrasset de janvier 1991 permirent d’amorcer un règlement politique qui fut confirmé, après la chute de Moussa Traoré, par la signature d’un Pacte national, le 11 avril 1992, entre le nouveau gouvernement malien et les rebelles. La perspective d’une décentralisation effective de pouvoirs et de ressources en faveur des régions du Nord faisait partie intégrante du règlement du conflit. Pour une analyse de la décentralisation malienne comme processus de cooptation des Touarègues, voir J. C. Seely, « A Political Analysis of Decentralisation : Coopting the Tuareg Threat in Mali », Journal of Modern African Studies, vol. 39, n° 3, 2001, p. 499-524.

 

  • I. Bergamaschi, « Mali : Patterns and Limits of Donor-driven Ownership », in L. Withfield (dir.), The Politics of Aid. African Strategies for Dealing with Donors, Oxford, Oxford University Press, 2009, p. 235.

 

  • M. Leclerc-Olive, « Élites locales et intellectuels dans la décentralisation. Expériences maliennes », in A. Kouvouama, A. Gueye, A. Piriou et A.-C. Wagner (dir.) Figures croisées d’intellectuels. Trajectoires, modes d’action, productions, Paris, Karthala, 2007, p. 409-430.

 

  • Discours de Kafougouna Koné lors des Assises de la décentralisation et du développement institutionnel, Bamako, 14 février 2008, cité par L’Essor, 15 février 2008.

 

  • A. Roy, « La société civile dans le débat politique au Mali », Cahiers d’études africaines, n° 178, 2005, p. 573-584.

 

Gouvernement Abdoulaye Idrissa Maïga : Une marche plus bas

Le couple IBK-Abdoulaye I. Maiga doit choisir la manière forte en virant Mohamed Aly Bathily du gouvernement. Au passage, ils débarqueront d’autres ministres pour « mensonge ».

Le Président doit montrer ses muscles face aux diatribes du Ministre Bathily contre son propre gouvernement, cependant il doit adopter la meilleure méthode pour ne pas affaiblir davantage la fonction Présidentielle.

 

Il doit à tout prix éviter de faire démissionner le gouvernement qui sera très lourd de sens.

 

Quand on veut « nettoyer » son gouvernement de quelques indésirables qui auraient commis une faute, genre manquement à la solidarité gouvernementale comme Bathily, on les virent individuellement. Le président peut démissionner sans problème un ministre.

 

Cela aura le mérite de ne pas laisser au ministre en question le temps de réagir et de faire croire que c’est lui qui a choisi de partir. C’est dehors, avec un coup de pied au cul.

 

En choisissant de faire démissionner l’ensemble du gouvernement, IBK et Abdoulaye I. Maiga laisseront le temps à Bathily  d’organiser sa sortie.

 

Il faut à tout prix éviter cette erreur tragique, car en politique, la mise en scène est primordiale.

 

Bathily se fera passer désormais pour une victime, viré pour « avoir dénoncer les insuffisances du régime » alors qu’il est le premier responsable de l’échec du système IBK (il a été dans tous les gouvernements depuis 2013).

 

Choisir un remaniement est aussi une manière de dire que le nouveau gouvernement Abdoulaye Idrissa Maiga 2, ce n’est pas un remaniement technique, mais un nouveau départ politique.

C’est reconnaitre que  le vote de confiance des députés est caduque et qu’il va falloir, dans les semaines qui viennent, redonner une légitimité politique et parlementaire à ce futur gouvernement Abdoulaye Idrissa Maiga 2.

Un nouveau remaniement sera un aveu d’échec !

Bathily aura intérêt à ce que tout explose.

S’il arrive à faire passer le message qu’il  est une victime, qu’il n’est  pas responsable du bilan de IBK, il pourra prendre au piège l’opposition encore très désorganisée  et empêtrée dans ses querelles internes.

 

Il lui reste encore à s’organiser et à se structurer. S’il échoue, sa carrière politique s’arrêtera.

 

Séga DIARRAH

Président de BI-TON

Mon BLog : diarrah.com

 

Séga Décrypte #12 : pourquoi l’école Malienne n’est pas performante

Dans cette vidéo, je vous explique pourquoi le système éducatif Malien est l’un des moins performants dans le monde.

Les problèmes actuels de l’éducation au Mali trouvent leurs sources dans les politiques mises en place dans un passé plus ou moins récent.

sources :
L’éducation au Mali
Diagnostic pour le renouvellement de la politique éducative en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire ( Banque Mondiale)

POLITIQUE DE L’EDUCATION AU MALI DE 1884 à 2012: ENTRE RUPTURE ET ADAPTATION ( Adama Coulibaly)

Entre État et populations : I’école et I‘éducation en devenir (Étienne Gérard ORSTOM)

Séga Décrypte #11 : L’histoire sécrète de la La rébellion touarègue de 1962-1964 au Mali

En 1962, une première rébellion touarègue éclate à Kidal pour refuser l’autorité du président Modibo Keïta.

Les troupes maliennes, avec l’accord du président Ben Bella, interviennent même à l’intérieur des frontières algériennes pour poursuivre les rebelles.

Les autorités maliennes répriment férocement et place la région du nord sous surveillance militaire

Pour Adhérer à notre mouvement : http://bi-ton.org/adhesion/

les sources pour cette vidéo :

  • Les Guerres d’Afrique des origines à nos jours, Éditions du Rocher 2013, p. 210
  •  «La « Flamme de la paix » du Mali 10 ans après: bilan de la réinsertion des anciens rebelles», de Yvan Conoir et de Gérard Verna, « DDR, désarmer, démobiliser et réintégrer : Défis humains – Enjeux globaux » ; Éditeur Presses Université Laval, 2006
  • Transferts definitifs (Colonel Assimi S. Dembélé)- Le Figuier 2003

Séga Décrypte #10 : Le Mali de 1960 à 1968

  1. Dans cette vidéo, je décrypte la stratégie de développement adoptée par le Mali de 1960 à 1968.

Les motivations du coup d’Etat de 1968 contre le Peuple Malien et le retour en force de la France.

Je vous invite à adhérer à notre mouvement ici http://bi-ton.org/adhesion/

Mes notes pour la réalisation de cette vidéo :

  • Selon les archives, le franc malien est également frappé en Tchécoslovaquie. SHD, AMT, GR 14 S 267, Pelen à Couve de Murville, Aides bilatérales étrangères au Mali, le Mali et les pays d’Europe orientale, Bamako, 17 juin 1966.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, note du SDECE, URSS MALI : Au sujet de la rencontre de Charles Cissoko avec Brejnev et Kossyguine, 26 septembre 1969.

 

  • AN, Fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Louis Dallier à Michel Debré, Huit ans d’assistance technique soviétique au Mali (1961-1969), 23 août 1969.

 

  • Les accords de défense entre la Russie et le Mali ont été rendus caducs après la chute de Modibo Keita. AN, Fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Note du SDECE, Fiche, URSS MALI : Au sujet de la rencontre de Charles Cissoko avec Brejnev et Kossyguine, 26 septembre 1969.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Louis Dallier à Maurice Schumann, Sept ans de coopération sino-malienne, 1er août 1969.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, note du SDECE, Des accords secrets entre Modibo Keita et la RPC, 7 janvier 1969.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, note d’information, Les entretiens sino-maliens de Pékin, 24 août 1967.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Télégramme de l’ambassadeur Pierre Cerles à Pékin, 29 mai 1968.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 329, L’action du communisme en Afrique, SDECE, septembre 1959.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Pierre Pelen à Michel Debré, L’aide américaine au Mali, Bamako, 17 décembre 1968.

 

  • AN, fonds Foccart, 5 AG F/ 1676, Télégramme de l’ambassadeur Moore, Bamako, 9 mars 1967.

 

Toutes mes vidéos sur diarrah.com

Séga Décrypte #8 : Pourquoi la presse Malienne n’est pas spécialisée et professionnelle ?

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Entre calomnies, diffamations, mensonges, chantages, propagandes, politisation et intimidations, la presse Malienne n’arrive toujours pas à se professionnaliser et à abandonner le militantisme.

Dans cette vidéo, je vous décrypte les origines des problèmes de la presse Malienne, et propose des solutions pour professionnaliser les journalistes et assainir le monde de L’information.

Plus de vidéos sur diarrah.com

Séga Décrypte #7 : Pourquoi l’OR ne brille pas pour les Maliens ?

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Avec les réserves d’OR dont dispose notre sous sol, le Mali peut financer sa stabilité et assurer son développement et sa croissance diffuse.

Pourquoi l’OR ne brille pas pour les Maliens ? Quels sont les dessous des exploitations minières au Mali ? Que faut il faire pour que l’OR du Mali contribue au développement du Pays et assure la prospérité?
Voici les questions que j’aborde dans ce numéro de décryptage en Bambara.

le Film de d’Eric Pautporté.

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Président de BI-TON

Mali : L’échiquier à front renversé

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L’épisode de la révision constitutionnelle  marquera sans doute, même si on ne s’en rend pas compte, le moment où l’échiquier politique Malien s’est retrouvé au grand jour, et où l’opposition Malienne est devenue conservatrice, et la Majorité Présidentielle révolutionnaire et du côté du changement.

Pendant très longtemps, depuis toujours même, l’opposition s’est vue comme minoritaire au Mali, face à un système centralisé et fort qu’elle aspirait à renverser.

 

Pendant très longtemps, elle n’avait aucun espoir d’y arriver, et le gouvernement d’IBK, de son côté, se sentait bien à l’abri.

 

Les rôles étaient bien distribués, IBK au pouvoir, l’opposition dans la contestation. Chacun s’est construit intellectuellement sur cette base.

 

Et puis est venu le moment où, sur le plan du modèle de gouvernance, c’est l’opposition qui l’a emporté.

Il faut bien reconnaître que, depuis les années 91, notre société a vécu une révolution anthropologique profonde. J’en veux pour preuve l’avènement de la démocratie.

 On en arrive aujourd’hui à un basculement où la prochaine étape, c’est l’alternance au sommet de l’Etat.

L’opposition, qui dénonçait les insuffisances du projet de révision constitutionnelle, s’est retrouvée dans la position dominante, majoritaire, ce qui ne lui était jamais arrivé.

Se penser en minoritaire en étant majoritaire, se croire porteur du changement alors qu’on est le tenant de la « normalité », voilà le drame des partis de l’opposition au Mali , et l’une des raisons de son malaise profond…

IBK a eu du mal à faire son deuil, beaucoup de mal même. On en voit la trace, par exemple, dans cette obsession à continuer à se croire comme seule légitime à occuper le pouvoir, comme si ses idées étaient encore majoritaires.

Certes, une bonne partie de ce qui est aujourd’hui « sa Majorité », s’est rallié à son projet de révision constitutionnelle, du moins en apparence.

Mais il n’empêche qu’une frange non négligeable des Partis de la majorité présidentielle est restée sensible aux bases de la pensée conservatrice d’autrefois, celle qui pouvait s’incarner dans l’équilibre entre nos institutions  que le nouveau projet de révision constitutionnelle allait supprimer.

Cela se traduit par une résistance sur certains sujets.

Ce mouvement ANTE A BANA contre la révision constitutionnelle a dévoilé l’impasse politique et intellectuelle de l’opposition Malienne, qui n’a finalement jamais réussi à s’entendre pour élaborer un programme de gouvernement et à assumer d’être majoritaire.

En 2017, l’opposition Malienne est en crise profonde et doit se reconstruire de fond en comble.

Séga DIARRAH

Président de BI-TON

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Séga Décrypte #6 : Le Franc CFA et les alternatives pour les Africains

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le FCFA, comment et pourquoi ?

Combien de personnes meurent chaque jour dans le monde par manque de nourriture ou de soins, non que la nourriture ou les médicaments manquent, mais parce qu’elles n’ont pas l’argent pour y accéder.

Peut on accepter cela plus longtemps dès que l’on a compris que le Franc CFA se crée à partir de la seule volonté humaine ?

Que ressentiriez vous si vous deviez accepter de laisser votre enfant mourrir au seul prétexte que vous n’avez pas l’argent pour le faire soigner?

Dès maintenant, nous pouvons sortir de notre prison mentale.

Rejoignez nous sur http://bi-ton.org

Séga Décrypte #5 : Les enjeux de la France et de l’Algérie dans le nord du Mali

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Dans cette vidéo, je vous explique les enjeux de la France et de l’Algérie dans le nord du Mali.

Les alliances des groupes Touaregs et la collision avec AQMI. Je vous explique également les détails de la rébellion de 2006 et les attaques sur les camps de Kidal et de Ménaka en 2006.

Et enfin, je vous présente mes propositions de sortie de crise.

Séga Décrypte #4 : La Mafia de l’agriculture Malienne

Dans cette vidéo, je vous explique pourquoi notre agriculture n’est pas productive et créatrice d’emploi.

Je reviens sur l’ensemble des politiques agricoles au Mali et sur les liens entre les politiques, les agriculteurs et les commerçants de 1960 à nos jours.

Je fais un état des lieux de l’initiative riz initiée par ATT et Modibo Sidibé en 2007/2008.

Et enfin, je lance un appel à tous les paysans à réjoindre BI-TON  afin de mettre en place un circuit court pour les agriculteurs et se libérer de la mafia qui fait main basse sur l’agriculture Malienne

Mes sources pour la réalisation de cette vidéo :

  • P. Baris, J. Zaslavsky et S. Perrin, La Filière riz au Mali : compétitivité et perspectives de marché, Paris, Agence française de développement, 2005, p. 22.
  • « En mars 2008, seulement 1 % des ménages urbains étaient en insécurité alimentaire sévère contre 8 % en milieu rural, et 7 % des ménages urbains étaient en insécurité alimentaire modérée contre 18 % en milieu rural ». Voir Commissariat à la sécurité alimentaire, Étude de base de la sécurité alimentaire et de la nutrition, Bamako, PAM, 2009, p. 10.
    • Grain,« Le Nerica, un autre piège pour les petits producteurs africains », Barcelone, janvier 2009. Grain est une ONG fondée en 1990 qui soutient les mouvements paysans dans les pays du Sud et produit des analyses des politiques agricoles.Riz non décortiqué. Cette production correspond à environ 1 million de tonnes de riz marchand décortiqué.. Vérificateur général du Mali, Rapport annuel 2009, Bamako, 2010.
    • . M. Klein, Slavery and Colonial Rule in French West Africa, Cambridge, Cambridge University Press, 2002, p. 160.. R. Roberts, « The Emergence of a Grain Market in Bamako. 1883-1908 », Revue canadienne des études africaines, vol. 14, n° 1, 1980, p. 55-81
    • . M. Fok, Le Développement du coton au Mali par analyse des contradictions : Les acteurs et les crises de 1895 à 1993, Montpellier, Cirad, 1993, p. 52.
    • Entre 3 et 21 % du riz et entre 20 et 30 % du coton produit étaient vendus sur les marchés parallèles dès les années 1940 et 1950. Voir M. van Beusekom, Negotiating Development. African Farmers and Colonial Experts at the Office du Niger, 1920-1960, Portsmouth, Heinemann, 2002, p. 133.. Sur l’histoire de l’US-RDA et du PSP avant l’indépendance, voir R. Morgenthau, Political Parties in French-speaking West Africa, Oxford, Clarendon Press, 1964, p. 255-300.. Voir B. Sanankoua, La Chute de Modibo Keïta, Paris, Éditions Chaka, 1990, p. 110.J.-L. Amselle, « Fonctionnaires et hommes d’affaires au Mali », Politique africaine, n° 26, juin 1987, p. 66.
      • Entre 1992 et 2001, le mil représentait en moyenne 70 % du total des céréales exportées depuis le Mali, le maïs 20 %, le sorgho 6 %, et le riz seulement 3 %. Voir L. Diakite, Fonctionnement du marché céréalier au Mali. Une analyse néo-institutionnelle de son organisation et de son efficacité temporelle et spatiale, thèse de doctorat de sciences économiques, Université de Ouagadougou, 2006, p. 163.
      • Centre de recherche panafricain créé en 1971, largement financé par les agences multilatérales et les coopérations des pays du Nord. Voir www.warda.org.
      • Avec un démarrage effectif en 2005. Voir la brochure « AR Initiative africaine sur le riz], rampe de lancement des Nerica en Afrique subsaharienne », Cotonou, 2009, disponible sur www.warda.org.
    • Sur l’évolution des prix du mil et du riz dans différentes villes du Mali entre 2001 et 2009, voir Afrique Verte Internationale, Point sur la sécurité alimentaire au Sahel (n° 100), Montreuil, 2009
    • Entre 1992 et 2001, le mil représentait en moyenne 70 % du total des céréales exportées depuis le Mali, le maïs 20 %, le sorgho 6 %, et le riz seulement 3 %. Voir L. Diakite, Fonctionnement du marché céréalier au Mali. Une analyse néo-institutionnelle de son organisation et de son efficacité temporelle et spatiale, thèse de doctorat de sciences économiques, Université de Ouagadougou, 2006, p. 163.
    • Centre de recherche panafricain créé en 1971, largement financé par les agences multilatérales et les coopérations des pays du Nord. Voir www.warda.org.
    • Avec un démarrage effectif en 2005. Voir la brochure « AR Initiative africaine sur le riz], rampe de lancement des Nerica en Afrique subsaharienne », Cotonou, 2009, disponible sur www.warda.org.
    • Grain,« Le Nerica, un autre piège pour les petits producteurs africains », Barcelone, janvier 2009. Grain est une ONG fondée en 1990 qui soutient les mouvements paysans dans les pays du Sud et produit des analyses des politiques agricoles.Riz non décortiqué. Cette production correspond à environ 1 million de tonnes de riz marchand décortiqué.. Vérificateur général du Mali, Rapport annuel 2009, Bamako, 2010.
    • . M. Klein, Slavery and Colonial Rule in French West Africa, Cambridge, Cambridge University Press, 2002, p. 160.. R. Roberts, « The Emergence of a Grain Market in Bamako. 1883-1908 », Revue canadienne des études africaines, vol. 14, n° 1, 1980, p. 55-81
    • . M. Fok, Le Développement du coton au Mali par analyse des contradictions : Les acteurs et les crises de 1895 à 1993, Montpellier, Cirad, 1993, p. 52.
    • Entre 3 et 21 % du riz et entre 20 et 30 % du coton produit étaient vendus sur les marchés parallèles dès les années 1940 et 1950. Voir M. van Beusekom, Negotiating Development. African Farmers and Colonial Experts at the Office du Niger, 1920-1960, Portsmouth, Heinemann, 2002, p. 133.. Sur l’histoire de l’US-RDA et du PSP avant l’indépendance, voir R. Morgenthau, Political Parties in French-speaking West Africa, Oxford, Clarendon Press, 1964, p. 255-300.. Voir B. Sanankoua, La Chute de Modibo Keïta, Paris, Éditions Chaka, 1990, p. 110.J.-L. Amselle, « Fonctionnaires et hommes d’affaires au Mali », Politique africaine, n° 26, juin 1987, p. 66.

Séga Décrypte #3 : l’escroquerie des 200 000 emplois crées par IBK

 

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Dans cette vidéo, je vous dévoile l’escroquerie politique sur la création de  200 000 emplois par IBK selon le ministre de l’emploi et de la formation professionnelle.


Mes sources:

1 : Budget national ( budget de fonctionnement du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle)

 

2. Le nombre de fonctionnaires au 31/12/2015

source : Ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Population  Institut National de la Statistique

 

3. Les investissements de plus de 1 milliard de FCFA de juin 2016 à Juillet 2017

 

06-juillet-2017

Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux d’élargissement en 2×2 voies de l’échangeur « Place des Martyrs » y compris ses voies d’accès.

Le marché relatif aux travaux d’élargissement en 2×2 voies de l’échangeur « Place des Martyrs » y compris ses voies d’accès est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COGEB INTERNATIONAL SA pour un montant de 5 milliards 850 millions 859 mille 690 francs CFA hors taxes / hors douanes et un délai d’exécution de 15 mois hors saison des pluies.

 

03 mai 2017

Le marché relatif au transport aérien des pèlerins de la filière gouvernementale et de leurs bagages au titre du Hadj de l’année 2017 est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement EGYPTAIR/AMASER VOYAGES pour un montant toutes taxes comprises de deux milliards deux cent millions de francs CFA et un délai d’exécution de 2 mois.

 

22 mars 2017

Le marché relatif à la sélection de consultants pour les services d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage du Programme d’Appui au Développement sanitaire et social, Phase II de la Région de Mopti est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali
et le Groupement AEDES-SANTE SUD pour un montant toutes taxes comprises d’un milliard 203 millions 48 mille 167 virgule 76 francs CFA et un délai d’exécution de 4 ans.

Le Programme vise à améliorer, sur la période 2015-2020, la santé maternelle, infanto-juvénile et les services de planification familiale dans la Région de Mopti.

Les prestations du Groupement AEDES-SANTE SUD porteront, notamment, sur l’appui-conseil aux structures bénéficiaires, la coordination, la gestion, les réformes à entreprendre en matière de couverture maladie universelle et la prise en compte du genre.

22 février

 

Le marché relatif aux travaux de construction et d’équipement de la nouvelle maison d’arrêt de Bamako à Souban (Koulikoro) est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise et Commerce général Fodé COULIBALY (ECGF) pour un montant de 8 milliards 897 millions 832 mille 659 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 24 mois.

Les travaux du marché comprennent, notamment, un bâtiment principal (R+2), un bloc administratif, des cellules avec les commodités requises, une salle polyvalente, une bibliothèque, une école de formation, une infirmerie, une salle de prière et des terrains de sports.

 

17 février 2017


  1. Route Yanfolila-Kalana-Frontière Guinée :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Yanfolila-Kalana-Frontière Guinée, longue de 52 kilomètres environ, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COVEC MALI pour un montant de 18 milliards 829 millions 21 mille 95 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 15 mois hors saison de pluies.

 

  1. Route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou, longue de 56 kilomètres environ, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COGEB International pour un montant de 27 milliards 729 millions 986 mille 552 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 15 mois.

 

  1. Route Barouéli-Tamani :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Barouéli-Tamani, longue de 30,6 kilomètres environ, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise BECM-CG pour un montant de 7 milliards 222 millions 996 mille 259 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 12 mois.

 

  1. Route Kayes-Sadiola-Kéniéba : Lot 1 Kayes-Sadiola (90 kilomètres) :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Kayes-Sadiola-Kéniéba, longue de 90 kilomètres, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COVEC MALI pour un montant de 42 milliards 478 millions 69 mille 38 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 24 mois.

 

  1. Route Kangaba-Dioulafoundo-Frontière Guinée :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Kangaba-Dioulafoundo-Frontière Guinée, longue de 50 kilomètres, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise EGK pour un montant de 19 milliards 437 millions 950 mille 586 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 15 mois.

Les marchés approuvés, s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale des Transports, des Infrastructures de Transport et du Désenclavement adoptée par le Gouvernement en octobre 2015.

La construction et le bitumage des routes Yanfolila-Kalana-Frontière Guinée, Banconi-Dialakorodji-Safo-Nossombougou, Baroueli-Tamani, Kayes-Sadiola-Kéniéba et Kangaba-Dioulafoundo-Frontière Guinée permettront d’assurer le désenclavement intérieur et extérieur du Mali et contribueront au développement économique et social du pays.

Le financement des marchés est assuré entièrement par le Budget national sur les exercices 2017-2018.

 

 

08 février 2017

 

Le marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux de construction et de bitumage de la route Zantiébougou-Kolondiéba-Frontière Côte d’Ivoire en République du Mali est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement GIC-Mali / Le Consultant Ingénierie Tunisie pour un montant de 1 milliard 999 millions 650 mille francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de 26 mois.

Les prestations du consultant portent, notamment, sur la validation des projets d’exécution, le contrôle des dispositions techniques, géotechniques et topographiques, la gestion administrative et financière et la coordination entre les intervenants.

La construction et le bitumage de la route Zantiébougou-Kolondiéba-Frontière Côte d’Ivoire en République du Mali participe de l’amélioration des conditions de transport sur le corridor Bamako-San Pedro en Côte d’Ivoire.

Le financement du marché est assuré par le Budget national et la Banque africaine de Développement.

 

28 Décembre 2016

 

Un projet de décret portant approbation du marché relatif à la fourniture et à l’installation des équipements hydro-électromécaniques du Projet de doublement de la capacité de la centrale hydro-électrique de Sotuba II (Lot n°2) : Le marché relatif à réalisation des travaux du génie civil du Projet de doublement de la capacité de la centrale hydro-électrique de Sotuba II (Lot n°1) est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise CGGC pour un montant de 13 milliards 601millions 220 mille 052 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 23 mois et demi.

Le marché relatif à la fourniture et à l’installation des équipements hydro-électromécaniques du Projet de doublement de la capacité de la centrale hydro-électrique de Sotuba II (Lot n°2) est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise SINOHYDRO CORPORATION Limited pour un montant de 9 milliards 578 millions 347 mille 6 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 24 mois.

 

 

08 décembre 2016– AFD

 

Le marché relatif à la réalisation des travaux de réhabilitation du Rétail IV, d’aménagement du Rétail IV bis et du revêtement de 400 ml du distributeur Rétail dans la zone Office du Nigerest conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement RC-Construçoes-SA/Construços-SAU pour un montant de 7 milliards793 millions 261 mille 609 francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de 9 mois.

La réalisation des travaux, objet du marché, s’inscrit dans le cadre de l’exécution du Contrat plan Etat/Office du Niger/Exploitants agricoles. Elle permettra à l’Office du Niger d’augmenter les superficies aménagées et de contribuer davantage àla sécurité alimentaire.

Le financement du marché est assuré par l’Agence française de Développement.

 

 

09 Novembre 2016

– un marché relatif aux travaux de construction du 2ème pont est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise SOMAFREC-SA pour un montant de 36 milliards 588 millions 500 mille 449 francs CFA TTC et un délai d’exécution de 24 mois hors saison des pluies,

– un marché relatif aux travaux d’aménagement des routes d’accès du 2ème pont de Kayes est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COVEC-Mali pour un montant de 18 milliards 999 millions 399 mille 534 francs CFA TTCet un délai d’exécution de 15 mois hors saison des pluies.

Le financement est assuré par le Budget national à hauteur de 100%.

 

 

12 Octobre 2016

 

Un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Bénéna-Madiakuy (18 km) :

Le marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Bénéna-Madiakuy (18km) est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise BECM-CG pour un montant de 5 milliards 300 millions 240 mille 760 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 12 mois.

 

 

29 Septembre 2016

Le marché relatif à la fourniture et à l’installation d’équipements d’éclairage public intelligent par télégestion à Bamako conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’Entreprise GME BAMAKO LIGHTING pour un montant de 4 milliards 3 millions 232 mille 205 francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de trois (03) mois.

 

 

07 Septembre 2016

 

Le marché relatif aux travaux de construction d’un immeuble (RDC+2) sur le site de l’ancienne Direction Régionale de l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) de Ségou est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise Compagnie Malienne de Construction (COMACO) pour un montant de 2 milliards 558 millions 681 mille 879 francs CFA TTC et un délai d’exécution de 18 mois.

 

 

 

24 Aout 2016

 

Pour l’achèvement de l’ensemble des travaux des Lot n°1 et 2 du Projet d’Appui au Développement rural de Tien Konou et Tamani, il est apparu nécessaire de prendre en compte l’aménagement de 76 hectares supplémentaires, le planage de 36 hectares du marché initial, des travaux d’ouvrage d’art et de terrassement complémentaire du canal principal de Dioro.
Le présent avenant est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COGEB international pour un délai d’exécution de 3 mois hors saison des pluies et un montant de 918 millions 335 mille 794 francs CFA hors taxes et droits de douane soit 13,98% du montant du marché initial.

 

 

03 Aout 2016

Le marché relatif aux travaux de construction du siège de la Direction Nationale des Domaines et du Cadastre (DNDC) R +7 est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise Mali Construction pour un montant de 4 milliards 696 millions 250 mille 350 francs CFA et un délai d’exécution de 24 mois.

 

 

20 juillet 2016

 

Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de l’Avenant n°1 au Marché n°0211/DGMP-DSP-2015 relatif aux travaux de réhabilitation et de rénovation du Palais présidentiel de Koulouba en Commune III du District de Bamako au Mali.

Pour la bonne exécution de l’ensemble des travaux de réhabilitation et de rénovation du Palais présidentiel de Koulouba, il est apparu nécessaire d’ajouter des travaux supplémentaires et complémentaires.

Le présent avenant est adopté dans ce cadre et proroge le délai d’exécution de 7 mois.

L’incidence financière est évaluée à 1 milliard 775 millions 733 mille 298 francs CFA Hors Taxes, hors droits de douane et hors TVA, soit 29,63% du marché initial.

 

MA REMARQUE : Le montant d’un avenant, selon le code des marchés publics, ne peut dépasser 5% du marché initial. 

Or ici, on est à plus de 29% du montant du marché initial !

Quand le montant d’un avenant dépasse 5% du marché initial, on doit procéder à un nouvel appel d’offres selon le code des marchés publics.

 

 

 

Mali : ORTM pas crédible

diarrah.com

Le journal de l’ORTM DU 15 JUILLET a encore bidonné l’information en ignorant la grande manifestation des opposants à la révision constitutionnelle au Mali.

La direction de l’office de radiodiffusion Télévision du Mali tente de se raccrocher aux branches suite aux critiques sur les réseaux sociaux en indiquant (de manière mensongère) qu’elle n’a pas récu d’invitation officielle.

 

Une telle excuse ne tiendra pas une micro-seconde devant la haute autorité de communication qui doit se saisir du dossier.

 

L’ORTM est un service public qui à pour mission d’informer l’opinion nationale et internationale sur l’actualité du Mali. Il ne pouvait pas ignorer la marche du 15 juillet.

 

Il réfuse volontairement de diffuser les images des manifestations contre la révision constitutionnelle car l’affluence y est de plus en plus considérable.

 

Les manifestations  sont devenues les moments préférés des Maliens, qui peuvent se lacher sur l’actualité politique, avec une opposition qui tente de faire trébucher le gouvernement et une majorité qui, au contraire, lui fait de la lèche.

 

L’utilisation d’images amateurs par l’ORTM  dans le cadre du reportage télévisé sur la manifestationdu 15 juillet sous-entend l’instrumentalisation du service public : l’ORTM veut affaiblir la contestation.

 

Il y a donc clairement mensonge de l’ORTM  et en toute logique, une sanction doit être prise par la haute autorité de la communication, qui peut difficilement faire autrement sans se déconsidérer complètement.

 

Séga DIARRAH

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Séga DIARRAH Décrypte #2 : G5 sahel, L’armée Malienne et la révision constitutionnelle

diarrah.com

Dans cette vidéo, je décrypte

– le G5 Sahel  et les nouvelles orientations de la politique Française dans le Sahel en moins de 10 minutes

– La dernière déclaration du Président IBK sur la révision constitutionnelle au Mali et les raisons qui le poussent à passer en force.

– Le coût d’un soldat Malien  au trésor public et les détails

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Mali : IBK brule ses cartouches

Quasiment en même temps, le président de la République et le ministre de la réforme de l’Etat sont intervenus publiquement, l’un par une conférence de presse à l’occasion du sommet G5 Sahel, et l’autre par un débat télévisé sur la révision constitutionnelle.

 

On est au tout début du mois de juillet et les vaccances scolaires sont pour bientôt.

 

Le gouvernement était occupé à l’organisation du sommet G5 Sahel, il n’y a guère que quelques seconds couteaux pour lancer quelques attaques de guérilla.

 

La semaine dernière, les sympathisants du OUI à la révision constitutionnelle se sont un peu excités, mais pas plus que d’habitude. Bref, il ne se passe grand chose de ce coté là.

 

Et pourtant, le processus est bloqué, ce qui a obligé la tête de l’exécutif à sortir et à s’exposer. Cela montre une faiblesse inattendue, mais pas si surprenante.

 

Les sondages ne sont pas fabuleux, et sans être franchement en colère contre le gouvernement et le président, les Maliens sont un peu mécontents, du moins pas satisfaits.

 

Ce n’est guère surprenant, car le rejet de la révision constitutionnelle, c’est plutot le rejet de la politique ménée par le Président IBK.

 

Quand on est porté au pouvoir par une vaguelette, l’élan s’épuise vite.

 

Quand en plus, on se veut un président  » Pour le bonheur des Maliens », dans un pays en guerre et sous ambargo, on évite une fois élu de se lancer dans le « Bling Bling » et les annonces à tout-va. Ce n’est pas cohérent, et ça heurte un peu les attentes des Maliens qui ne sont plus habitués à la patience en politique.

 

Cela frustre aussi les militants de son propre camp, chauffés à blanc pendant des années, et qui attendaient des mesures symboliquement « fortes » de rupture.

 

Même si quelques innovations dans ce sens sont dans la révision constitutionnelle, elles ont été très mal « vendues ».

 

D’où un sentiment de flottement, d’absence du gouvernement, de vide de l’action. Tout s’enlise.

 

Par contre, les reniements divers et variés ont été très bien perçus.

Le fait de vouloir reformer uniquement parcequ’on doit respecter « nos engagements vis à vis de la communauté internationale et appliquer un accord de paix qui ne fait pas l’unanimité » par exemple.

Même si une majorité de « sympathisants » de IBK disent soutenir et approuver la révision constitutionnelle, il y en a, de plus en plus nombreux, qui grincent des dents.

Et puis ça faisait quand même sacrément « continuité » de la politique de ATT pour la gestion de la crise dans le Nord du Mali.

 

11 ans après les accord d’Alger, même si le discours sous-jacent n’était pas le même, on a les mêmes actions politique, et surtout les mêmes résultats à long terme.

 

Sur le fond, le discours de Kassoum Tapo est écrit par des avocats français  et ça se sent. Dire ouvertement qu’il n’à pas besoin d’être dans un gouvernement Malien pour vivre confortablement, n’est pas la meilleure manière d’être crédible sur les questions de revision constitutionnelle.

 

Et puis il y a enfin cette cacophonie. Le Président IBK continue toujours à faire croire que c’est uniquement l’opposition politique qui serait à la manoeuvre pour éviter le suffrage universel. Il prétent dire que ses adversaires politiques voudraient profiter d’une situation de transition en 2018, afin de se faire une place au soleil.

 

Malheureusement, les organisations de la société civile, à l’instar du collectif BI-TON qui ont formé un choeur ne rencontre que le vide de la communication officielle.

 

Quand le President de la république est obligé de faire campagne pour la révision constitutionnelle par le biais d’une conférence de presse, ça fait un peu tâche. Et le pire, c’est que ça continue comme avant ou presque.

 

  IBK aborde cette période en situation de grande fragilité.

Il a déjà grillé beaucoup de cartouches, s’est collé un boulet avec la « l’achat de l’avion présidentiel » et des histoires de corruption.

 

L’opposition n’a même pas besoin de bouger. Elle attend tranquillement et se contente de prendre ce qu’on lui donne, sans avoir besoin d’aller creuser. Je ne sais pas combien de temps le gouvernement va tenir à ce rythme…

 

Séga DIARRAH

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voici mon analyse en 10 minutes du discours prononcé par le Président IBK


Je reviens dans cette vidéo sur le discours prononcé par le président de la république Ibrahim Boubacar Keita à l’occasion de la célébration de  l’Aid El Fitr en présence du gouvernement, des familles fondatrices de Bamako ainsi que des leaders réligieux.

– Révision constitutionnelle
– IBK habite chez son père
– IBK et la communauté internationale
– Les activistes sur les réseaux sociaux
– etc

Révision constitutionnelle au Mali : Le message est entendu

Le message des organisations de la société civile Malienne à l’instar du collectif BI-TON, a été entendu.

Enfin, c’est ce que nous dit en haut lieu, alors que la joue est encore bien rouge.

Au Collectif BI-TON, avec le cercle de reflexion Think Tank la RADE (Renaissance, Avenir, Développement, Emergence), nous avons adressé une lettre au Président de la république pour lui demander un renvoi de la consultation et je ne le regrette pas.

 

C’est triste de devoir en arriver là, mais certains n’écoutent les messages que si on leur colle une baffe. Alors collons des baffes, même si ce serait quand mieux de ne pas avoir à le faire…

 

C’est bien beau de dire que le message est entendu, si on ne précise pas quel message, c’est un peu gênant, alors je vais expliciter un peu le message que j’ai souhaité envoyer.

 

Oui, il faut poursuivre les réformes. De toute manière, les réformes se font, le tout est qu’elles se fassent démocratiquement.

 

Là dessus, je suis un peu chiffonné par la qualité assez médiocre du processus de révision de la constitution de 1992.

Pour être dans la soute d’une étape de ce processus, j’ai vu passer des choses pas toujours très correctes, l’assemblée nationationale du Mali a été une chambre d’enregistrement.

Il serait bon de modifier notre constitution pour l’adapter à l’évolution de notre société. Mais il faut reconnaître que beaucoup de choses, là-dessus, existent déjà, et que c’est plutot les hommes qui dirigent la machine politico-administrative qui sont fautifs.

Mais il n’empêche, un peu de réformes  ne ferait pas de mal.

Oui, la régionalisation est une bonne chose, à condition de ne pas faire n’importe quoi.

Il est bon que l’opposition et la société civile continuent la surveillance des actions du gouvernement, afin de limiter les dérives (naturelles) qui peuvent tenter ceux qui sont au pouvoir.

 

Par contre, je regrette un peu que l’opposition,  n’explicite pas davantage sa position sur le sujet. Si elle arrive au pouvoir en 2018,  modifiera t-elle la constitution ? sous quelle forme ? Il ne me semble pas avoir entendu grand-chose.

 

Le Mali a changé, les politiques ont de moins en moins de pouvoirs, qu’ils acceptent cet état de fait et ne se présentent plus comme omnipotents !

 

La vraie rupture serait celle-là, expliquer aux Maliens que la monarchie absolue, où tout dépend d’un seul homme, c’est fini depuis bien longtemps (et tant mieux).

 

Or, que fait IBK, il s’acharne à donner l’illusion du contraire !

 

C’est ce dernier point qui m’agace : cette volonté d’apparaître comme un monarque absolu, qui lui fait tout concentrer à Koulouba (qui n’a pas les moyens administratifs de suivre), qui fait s’appuyer sur les grands Imams et notables, faisant perdurer ce qu’il faudrait justement réformer en profondeur.

Et en plus, l’image médiatique va avec : une cour, avec favorite, étalage de richesse (pas toujours du meilleur goût), conseillers sans légitimité démocratique.

 

Il faut en finir avec cette culture politique « ancien régime » pour faire du Mali une vraie démocratie apaisée, où les politiques régulent plus qu’ils ne décident directement, où ils sont transparents, tant dans leur recrutement que dans l’exercice de leurs fonctions.

Mais là, je commence à rêver…

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif Bi-ton

http://bi-ton.org

Révision constitutionnelle au Mali : La RADE et BI-TON adressent une lettre au Président de la République

 

 

Paris et Bamako, le 20 juin 2017

A

l’attention de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA,

Président de la République du MALI

Objet : Demande de renvoi de la loi n° 2017-16/5L portant révision de la Constitution du 25 février 1992 en relecture à l’Assemblée nationale

 

Monsieur le Président,

Nous avons l’honneur de vous adresser cette lettre, souhaitant vous entretenir de la loi n° 2017-16/5L portant révision de la Constitution du 25 février 1992.

Notre Peuple, riche et fier de ses idéaux indéfectibles de paix, de tolérance, de concorde et de cohésion nationale, a toujours été viscéralement attaché à la défense de l’intégrité territoriale de notre patrimoine commun, le Mali, notre pays.

C’est pourquoi, le 11 août 2013, touché dans son honneur et sa dignité par la perte des régions du Nord du pays et meurtri par les multiples défaites de notre armée, le Peuple malien a nourri l’espoir d’une gestion rigoureuse de l’Etat et du retour de la paix et la concorde sur l’ensemble du territoire national en vous portant à la tête du pays avec un score historique de 77,80% des voix.

Dans votre recherche effrénée de la paix, vous avez initié une révision constitutionnelle destinée à intégrer dans la Constitution le prix de la garantie de l’intégrité territoriale et de la cohésion nationale.

 

Or, cet objectif légitime a été complété par une volonté d’adaptation et de modernisation de nos Institutions qui ne suscite pas l’adhésion consensuelle du Peuple malien.

Nous nous permettons donc de vous aviser que votre stratégie d’adoption de la révision de la Constitution met en péril le rassemblement des forces vives de la nation et la cohésion nationale, valeurs auxquelles vous tenez, et dont vous êtes le garant aux yeux de nos compatriotes et aux yeux du monde.

 

Pour le dire autrement, le chantage généralisé au retour à la paix, dans le Nord, crée, au contraire, de la division et augmente les chances d’une crise dans l’ensemble de notre pays.

 

En temps de crise démocratique, escamoter la recherche de consensus autour de la révision constitutionnelle nous paraît contradictoire avec l’objectif de responsabilité que vous exigez de vos partenaires pour la résolution de la crise dans le Nord de notre patrie.

 

Pour permettre les conditions d’un rassemblement, vous devriez entendre les critiques que nous formulons avec la même objectivité que les félicitations qui vous sont adressées.

 

Par ailleurs, vous devriez éviter tout risque de caricature des critiques constructives liées à la révision constitutionnelle.

 


En effet, caricaturer, voire moquer, les intentions des citoyens maliens dans le cadre d’un processus d’élection référendaire est un très mauvais signal envoyé à l’opinion internationale.

 

 

C’est dans cet état d’esprit que le think tank (cercle de réflexion), la RADE, vous invite à renvoyer la loi n°2017-16/5L portant révision de la Constitution du 25 février 1992 en relecture à l’Assemblée nationale pour l’adoption d’un texte plus consensuel.

 

Ayant confiance en votre bienveillance et en votre sens élevé de la paix et de la cohésion sociale, nous vous prions d’agréer, M. le Président, l’expression de toute notre gratitude et notre très haute considération.

 

Pour la RADE
Ousmane BARADJI
Alassane Keita
Amidou TIDJANI
Toto Diarra
Moussa SIDIBE
Saidou Camara
Séga DIARRAH

 

Pour BI-TON
Doudou Sacko
Fabou Kanté
Oumar Coulibaly
Mahamadou Koné
Gaoussou Traoré
El Bechir Thiam
Adama Bagayoko
Gaoussou Konaré
Diakaridia Traore
Adama Bagayoko
Ibrahima bina Keita
Korotoumou Traoré
Sokona Tounkara
Sékou Broulaye Keita

 

 

Ampliations :
1. Monsieur SALEH ANNADIF, Représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU au Mali
2. Monsieur Alain Holleville, Chef de Délégation de l’Union Européenne au Mali
3. Missions Diplomatiques au Mali

Mali : Référendum du 09 juillet – Le conseil constitutionnel ferme les yeux sur une inconstitutionnalité

diarrah.com

Le gouvernement a eu très chaud aux fesses.

Lors de l’ultime étape de son projet de réforme constitutionnelle, une erreur de procédure a été commise par le Ministre de l’administration térritoriale qui à convoqué le collège électoral avant l’avis de la cour constitutionnelle.

Seuls les spécialistes pouvaient la détecter, mais elle aurait pu entraîner l’annulation de toute la procédure.

 

Le Conseil constitutionnel a été amené à se prononcer finalement le 06 juin et a donné un avis favorable à la tenue du référendum, en contradiction avec son Avis n°01-001/Référendum du 04 octobre 2001 « Cet avis est destiné à l’information du public par sa publication au Journal Officiel avant la convocation du collège électoral ».

Mais il décide de fermer les yeux, par une décision très politique.

 

L’erreur de procédure ne doit plus porter atteinte à la sincérité des débats.

Tout ce qui pouvait être dit sur la forme de ce texte l’a été très largement avant, et ce n’est pas arrivé à l’ultime étape qu’on sortira un argument nouveau.

On sera plutôt dans la répétition.

Ensuite, il est évident que si des recours seront excercés auprès du Conseil constitutionnel, ils seraient  rejetés.

L’erreur de procédure n’aura donc strictement aucun effet sur le fond.

Faut t-il obliger le gouvernement à reprendre du début cette réforme hautement polémique ?

dans ce cas, il faudra à nouveau décaler les élections régionales, que l’on a réussi à positionner, difficilement, en octobre 2017, pour les mettre en 2018, année de l’échéance présidentielle. Bref, un beau bordel…

Pour s’en sortir, les Maliens doivent user d’un artifice : l’inconstitutionnalité est évidente, mais à ce stade, il vaut mieux redynamiser les troupes et se mettre en ordre de bataille pour le 09 juillet. Car même si la dangerosité de la nouvelle constitution est énorme, si personne ne moufte, ça passera.

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

Blog : diarrah.com

Faut-il bruler Mgr Jean Zerbo ?

Mes lecteurs habituels savent que je n’ai guère d’indulgence pour les réligieux Maliens et ses prélats. Mais je dois avouer que le lynchage médiatique dont est victime  Mgr Jean Zerbo me dérange, surtout quand les coups viennent des journalistes Maliens, qui se joignent à la meute internationale, en bafouant la présomption d’innocence.

Il faut d’abord poser les faits. Il est reproché à Mgr Jean Zerbo  d’avoir détourné plus de 7 milliards de francs CFA, soit 12 millions d’euros.À partir de l’analyse des fichiers de la banque HSBC que le ICIJ s’est procurés, le quotidien  Français Le Monde affirme que la Conférence épiscopale du Mali disposait, en 2007, de sept comptes en Suisse crédités de 7 milliards de francs CFA, soit 12 millions d’euros. Ces comptes seraient toujours actifs, selon le journal, qui détaille « une histoire rocambolesque » mêlant « opacité, rencontres secrètes entre clergé malien et banquiers suisses et soupçons de détournements de fonds ».

L’église Malienne paie un passé pas glorieux, où les affaires de détournement étaient systématiquement étouffées. Même si une purge a eu lieu, il reste encore pas mal de « cadavres dans les placards » et d’affaires qui peuvent remonter à la surface.

Eu égard à la sensibilité autour des questions d’argent dans l’Eglise Malienne, la ligne de défense médiatique basée sur «  à ma connaissance, nous ne disposons pas de compte en Suisse  » ou «  l’Église du Mali accomplit sa mission d’évangélisation dans la dignité et ne peut utiliser de l’argent sale pour annoncer le Règne de Dieu  » n’est pas tenable.

Le détournement d’argent au Mali est devenu le paria de notre époque, le criminel qui mérite le bannissement (faute de pouvoir le faire monter sur l’échafaud). Mgr Jean Zerbo paie (cher) le fait d’avoir sous-estimé cela.

Pourtant, il pourrait se défendre de manière intelligente.

Déjà, il pourrait communiquer davantage, en prenant l’initiative, plutôt que de subir les assauts de la meute.

Il pourrait mettre en avant que, tout en reconnaissant la gravité des faits, arguer que c’est à la justice Malienne de faire son travail et de determiner s’il y a eu détournement d’argent.

Si son but était de sécuriser les maigres ressources de l’Eglise du Mali en confiant une partie de son « portefeuille » à une banque privée, les Maliens seront compréhensibles.

 Là où Mgr Jean Zerbo peut porter le fer, c’est sur la question « une fois qu’on a démontré que les comptes ne sont plus actifs,  et que les intérêts produits par ce placement devaient permettre d’assurer le fonctionnement et la pastorale des six diocèses du pays. on fait quoi ? ». 

C’est une décision qui n’est sans doute pas de son ressort mais relève plutôt de Rome.

C’est là qu’on voit ceux qui ont eu, ou pas, des responsabilités réelles, qui ont eu à gérer des cas problématiques en ayant l’obligation de trouver une solution.

Le véritable fond du problème, c’est le sort que le Saint-Siège va accorder à ce sujet.

Il apparaît en effet que la désignation des cinq nouveaux cardinaux annoncés le 21 mai, dont Mgr Jean Zerbo, est une décision personnelle du Saint-Père. Ses plus proches collaborateurs n’en ont eu connaissance qu’au tout dernier moment. Même la Secrétairerie d’État n’était pas au courant et n’a donc pu prévenir sur d’éventuels soucis concernant ces ecclésiastiques qui seront élevés au rang de cardinaux lors du consistoire prévu le 28 juin.?

C’est là que les journalistes-lyncheurs pourraient se retrouver en difficulté.

Séga DIARRAH

Mon blog : diarrah.com

Présidentielle 2018 : Prédire l’avenir

Notre esprit Malien est trop ancré dans ses certitudes pour laisser une place à l’incertitude et au flou.

Il faut savoir, prévoir, ne laisser aucune zone d’ombre.

Ce serait une insulte à notre intelligence.

Dans notre obsession, nous tirons des conclusions et des prédictions à partir des seuls éléments en notre possession.

Or, souvent, des facteurs que l’on ne connaissaient ou dont on ne pouvait pas prévoir l’importance et le poids viennent tout bouleverser.

Cela se voit dans les grandes théories comme le marxisme, mais aussi dans les petites choses comme l’attitude de telle ou telle personne dans le futur.

Le marxisme est un produit de son époque, avec les préoccupations et les marottes du XIXe siècle.

Cela ne l’empêche pas d’être une très belle construction intellectuelle.

Marx n’était pas le dernier des imbéciles, et il avait pour lui l’excuse de passer juste après Hégel, qui avait inculqué à ses contemporains l’idée que l’Histoire est un mouvement, qui va d’un point à un autre (le fameux sens de l’histoire) et surtout que l’étude du mouvement passé permet de prédire vers où va se porter le sens de l’histoire.

On voit ce qu’il en est advenu des prédictions de Marx sur le capitalisme, qui devait s’écrouler de lui même, entraînant les structures étatiques dans sa chute. Nombre de variables ont évolué différemment de ses prévisions.

C’est le même processus qui est à l’oeuvre dans cette période de pré-campagne présidentielle au Mali quand on prétend se baser sur les positions actuelles et passées d’un candidat pour prévoir ce qu’il fera et sera une fois élu président.

On a beau répéter que la fonction peut parfois changer l’homme, citer des exemples en positif et en négatif, rien n’y fait, on continue allègrement à projeter l’avenir, avec plus ou moins de bonne foi, uniquement en fonction des éléments dont on dispose à ce jour.

Pourquoi essayer de tout prévoir ?

Pourquoi ce besoin irrépressible de contrôler, de maîtriser ?

Cela est largement illusoire et nous devrions davantage laisser de place aux incertitudes, surtout quand on sait que les paramètres dont on dispose ne sont pas fiables et que trop de choses peuvent arriver.

Tout change, et particulièrement les hommes au Mali.

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

Mon Blog : http://diarrah.com

Le collectif BI-TON

JE HAIS LES INDIFFÉRENTS, PAR ANTONIO GRAMSCI.



« Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ».

Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

L’indifférence est le poids mort de l’histoire.

C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.

L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire.

Elle œuvre passivement, mais elle œuvre.

Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe.

 

Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup.

 

Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser.

La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas.

Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas.

Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors  il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent.

Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable.

Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé?

Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien.

La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité.

 

Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps.

 

Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme et aucune forme d’indifférence.

 

Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait.

 

Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes.

 

Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens.

 

Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but.
Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents. »

11 février 1917

Traduit de l’italien par Olivier Favier.

Mali : notre plan B

Aujourd’hui, le Mali semble comme ankylosé, paralysé. Il subit dans la douleur les chocs d’une gestion incontrôlée et s’enfonce dans le marasme et le fatalisme.

 

Aujourd’hui tout est bloqué, mais demain tout ne pourrait-il pas bouger ?

La morosité, le fatalisme et le renoncement semblent gagner les Maliens, mais est-on certain que l’ardeur et l’enthousiasme ne pourraient pas les animer à nouveau ?

 

Notre nation subit et s’abandonne, mais est-elle vraiment incapable de retrouver la force et l’ambition ?

 

Ce qui n’était pas possible hier ne peut-il le devenir demain ?

 

Ne sommes-nous pas à la croisée des chemins ?
J’ai pour ma part des réponses à ces interrogations. Des réponses qui ont pris la forme d’un espoir et d’une volonté et qui m’ont conduit à créer le blog http://diarrah.com/ et à adhérer au collectif BI-TON.

D’un côté, en effet, et j’en suis le premier désolé, nombre de mes analyses et de mes prévisions sur l’évolution de la société Malienne se trouvent validées par les faits.

 

Mais, de l’autre, et j’en éprouve une grande joie, les valeurs et les idées que je défends et qui peuvent assurer le renouveau de notre pays semblent gagner en audience et en popularité.

 

J’en suis convaincu : le combat qui est le mien depuis  pourrait bien aboutir dans les quelques années qui viennent. Jamais je n’ai ressenti de façon aussi aiguë la perspective d’un grand changement.

Pourtant, comme beaucoup de Maliens, j’ai été gagné par le doute et, certains soirs, un sentiment de lassitude, voire de désespérance, m’envahissait.

 

Devant le spectacle pitoyable de l’actualité quotidienne, face à l’aggravation incessante des problèmes, l’indigence des politiques et la puissance de la pensée unique, j’ai parfois eu l’impression qu’une spirale irrésistible aspirait notre pays vers l’abîme.

À quoi bon dès lors continuer à se battre ?

 

D’autant que les difficultés qui s’amoncelaient sur mon chemin semblaient, tel un signe funeste du destin, m’inviter à renoncer.

 

J’aurais pu  créer une entreprise, me passionner pour mon métier, me consacrer davantage à ma famille, pourtant je ne renoncerais pas.

 

Est-ce par obstination aveugle ou par intuition clairvoyante, est-ce par goût du défi ou par sens du devoir, je l’ignore, mais je sentais au fond de moi comme la chaleur des braises qui indique que le feu peut reprendre.
Et j’ai pris du recul. Libéré des contingences de l’action immédiate, n’ayant pas à prendre position à tout moment, j’ai réfléchi, j’ai voyagé, j’ai rencontré des gens de toutes conditions.

 

Ma pensée a mûri, j’ai observé les grandes forces qui façonnent le monde de ce début de siècle, j’ai analysé les courants qui traversent notre société.

 

J’ai cherché à comprendre les aspirations véritables de notre peuple.

 

C’est alors qu’une certitude s’est peu à peu imposée à moi : nous vivons la fin d’un cycle politique et idéologique et, si nous sommes à l’aube d’un nouveau siècle, ce peut être aussi le début d’une ère nouvelle pour notre nation et notre civilisation.

 

Dès lors, rien n’est joué, notre pays n’est pas condamné au déclin, il peut même connaître une authentique renaissance.

 

Certes, dans les apparences rien n’est changé ou, plutôt, tout continue à empirer.

 

Mais, en profondeur, de puissants courants sont à l’œuvre qui peuvent bouleverser complètement le destin de notre nation.

 

Cette évolution n’est évidemment pas visible dans le comportement officiel du pouvoir politique ou médiatique, mais elle prend une ampleur croissante auprès d’une majorité de nos compatriotes et chez les plus éclairés des intellectuels.

 

Malgré la pression du conformisme officiel, la chape de plomb du politiquement correct se fissure progressivement.

 

Sur des sujets autrefois tabous, les lignes de défense de la pensée unique commencent à céder.

Notre pays entre donc dans une période critique.

Il s’approche du gouffre où il pourrait sombrer, mais, à mesure que le danger grandit, les réactions salvatrices se multiplient.

 

Aujourd’hui, les signes précurseurs de son redressement se perçoivent déjà.

 

Les poncifs de la pensée unique sont rejetés par le peuple et désavoués par les faits.

Les tenants du système sont de plus en plus contestés. Des idées neuves émergent. De nouvelles perspectives s’ouvrent. Des cartes vont être redistribuées.

Aussi suis-je convaincu que notre nation peut connaître, dans un avenir relativement proche, un véritable sursaut.

 

Malgré la complexité de la crise actuelle, malgré les contraintes qui semblent  paralyser le retour de la paix, notre pays peut se ressaisir, cesser de subir et s’ouvrir un chemin.

L’objet du Collectif BI-TON est d’explorer cette voie nouvelle et de lui donner une expression politique.

 

Nos compatriotes cherchent en effet une issue à leurs difficultés et ne voient pour l’instant aucun projet ni aucune force vers lesquels se tourner.

Les maîtres de la pensée unique s’efforcent de leur faire croire qu’il n’y a pas d’autres possibilités que celles qu’ils incarnent.

 

Au nom de tous les membres du  Collectif BI-TON, je veux leur dire qu’il est une autre voie capable de leur rendre l’espoir et d’assurer l’avenir de notre nation.
Il existe pour le Mali un autre scénario que celui du renoncement et de l’abandon. C’est cette stratégie que nous voulons présenter.

C’est cette voie que nous voulons ouvrir.

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

secretariat@bi-ton.org

+223 74 07 54 37 / +223 78 26 07 97 / +223 76 44 56 31

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Mali : Il n’y aucun espoir à attendre des politiques, qui sont dans l’impasse la plus complète

Comme une grenouille qu’on met dans l’eau froide et qu’on fait progressivement chauffer et meurt sans s’en rendre compte, le Mali s’enfonce dans le chaos.

On semble ne pas s’en rendre compte car c’est progressif, on ne voit pas que les barrières tombent les unes après les autres, qu’on est en train de partir en roue libre.

Pour moi, le déclic est venu de la grève illimitée des enseignants de l’éducation Nationale, ces derniers jours.

On a dépassé un stade qui m’inquiète beaucoup, car une digue a lâché.

On savait que la colère et l’inquiétude travaillent la population, et que les gens ont toutes les raisons d’être profondément mécontents.

Tous les signaux qui remontent du terrain concordent pour dire que le pays est un baril de poudre.

La crise économique dure depuis plusieurs années, la situation ne semble pas prête de s’améliorer.

Il n’y aucun espoir à attendre des politiques, qui sont dans l’impasse la plus complète.

Tous les partis de la majorité Présidentielle sont discrédités et pour beaucoup, le vote de l’opposition peut être l’occasion d’un coup de gueule, mais pas plus.

L’impression de vide politique est accentuée par la dramatique faiblesse politique de IBK, mais aussi par l’irresponsabilité d’élus, de la majorité présidentielle comme de l’opposition, qui soufflent sur les braises croyant que cela favorise leur carrière, alors qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis.

La période qui va jusqu’aux vaccances scolaires est une période de grand risque, car aucun évènement ne viendra casser une mobilisation.

Tout est là pour que le feu, qui couve, parte brutalement.

Il suffit d’un rien, d’une maladresse du gouvernement, pour qu’une catégorie précise descende dans la rue au niveau national.

La manière dont la mobilisation s’est opérée le mardi dernier, avec le mouvement dit « tara wulén » montre que les gens sont prêts, et qu’ils n’ont pas besoin du mot d’ordre d’une quelconque organisation représentative.

Tous les autres suivront alors et ce sera violent, car il y a trop de colère et de désespoir rentré, non exprimé. S’y ajoute un passage de génération qui se fait mal.

Les soixante-dixtards commencent à partir, mais continuent à s’accrocher comme ils peuvent.

La génération suivante, celle qui est née après 1975, c’est à dire ma génération arrive à la quarantaine, et est prête à prendre le gouvernail.

La tentation peut être grande d’accélérer un peu la transition avec une petite secousse qui permettra de faire décramponner pour de bon la génération précédente.

Beaucoup de gens, finalement, pensent avoir intérêt à ce que le feu prenne, car ils estiment que cela peut leur profiter.

Si parfois, comme en mars 1991, personne n’a rien vu venir, cette fois-ci, on voit venir.

Le drame, c’est qu’on voit venir sans savoir comment faire pour éviter le choc.

Certains peuvent même se dire que, vu la situation de blocage dans laquelle se trouve la société Malienne (l’impuissance des politiques n’en est qu’une conséquence) le mieux est encore que tout pète, puisqu’il n’y a que comme cela que l’on arrive à faire bouger les choses au Mali.

Les semaines qui viennent sont donc à haut risque social…

Séga DIARRAH

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Le naufrage avant la résurrection

Il y a parfois des téléscopages dans l’actualité qui en disent beaucoup.

Tout d’abord, le gouvernement a decidé de faire adopter  le changement de la constitution par l’assemblée Nationale au lieu de passer par un référendum.

Avant même que les débats au parlement ne commencent.  On peut parier que la nouvelle constitution sera adoptée.

En même temps, on apprend que  deux soldats maliens et deux civils ont été tués lundi dans le nord du Mali, près du Niger, au cours d’une attaque menée par des jihadistes présumés, selon une source sécuritaire et le ministère de la Défense.

En 2013 , Ibrahim Boubacar Keita a été élu sur un espoir, celui du changement.

Il s’agissait de la dernière cartouche des partis de 1991.

La déception a été au rendez-vous, le RPM poursuivant, grosso modo, la politique de ATT, avec des résultats équivalents.

Voire pire, car au moins, Amadou Toumani Touré  avait le mérite d’être un Président modeste. Ce gouvernement de IBK, c’est des mesures tièdes, affadies par des reculades dès le premier grognement des groupes armés.

« Le Mali d’abord  » s’avère être la plus belle escroquerie politique des 20 dernières années.

On est devant un grave problème politique, car un gouvernement qui recule aussi vite, qui modifie sa constitution sous la pression,  c’est dramatique.

Cela veut dire qu’il est conscient de ne plus être légitime, de ne plus avoir le soutien nécessaire pour tenir.

C’est vrai que quand on voit l’état dans lequel se trouve le Présient IBK, ça fait juste pleurer.

Sa dernière grande initiative, c’est de financer les fêtes  réligieuses (Maouloud).

C’est profondément désespérant.

Si les partis de la Majorité Présidentielle  n’ont plus de programme, plus de ligne directrice, pourquoi les opposants s’embêteraient à en avoir.

Pour autant, je ne crois pas à une emprise durable des leaders réligieux. leurs  succès viennent de la faiblesse de la classe Politique.

Si les leaders réligieux  avaient dû conquérir le pouvoir, ce serait déjà fait. La vraie solution pour faire reculer l’influence des leaders réligieux est une réforme profonde de la classe politique, afin qu’à défaut d’avoir des résultats économiques et sociaux, les élus soient au moins plus proches, dans leurs manières de penser et d’agir, de leurs concitoyens.

L’espoir n’est pas perdu, car des organisations  à l’image du collectif Bi-TON sont en passe de renverser la tendance (enfin, je croise les doigts).

 Une ouverture existe pour un renouvellement en profondeur du personnel politique. On en a bien besoin…

Il manque encore des réformes pour arriver à une véritable révolution politique.

La première réforme et la plus difficile, est culturelle. Il faut que les citoyens Maliens cessent d’être monarchistes, cherchant un homme providentiel à qui donner un blanc seing, histoire de se dédouaner de toute responsabilité.

Il est peut-être temps de se prendre en mains, en adultes qui n’attendent pas que tout tombe du ciel…

Je sais, je rêve…

Séga DIARRAH

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Mali : Réviser la Constitution, pour quoi faire?

Défendre notre constitution actuelle, c’est préserver la souveraineté qui nous reste.

Sur le rapport du Premier ministre, le Conseil des Ministres du 10 mars 2017 a adopté un projet de loi portant révision de la Constitution du 25 février 1992.

Selon le communiqué du Conseil des Ministres, cette révision constitutionnelle est motivée par la crise de 2012 qui aurait révélé la fragilité des institutions de la 3ème République et montré l’évidence de la nécessité d’une révision constitutionnelle.

« L’avant-projet de loi proposé par le Comité d’Experts et adopté par le Conseil des Ministres fait référence dans son préambule à la Charte de Kuru Kan Fuga ou Charte du Mandé adopté en 1236 pour valoriser le patrimoine culturel et historique du Mali.
Il prend en compte les clauses de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, valorise les acquis des précédentes tentatives de révision constitutionnelle et corrige les insuffisances de la Constitution du 25 février 1992.
Le projet de loi proclame la volonté du peuple malien de préserver et de renforcer les acquis démocratiques de la Révolution du 26 mars 1991, les principes intangibles de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale, de la forme républicaine et de la laïcité de l’Etat.
Il affirme la détermination du peuple souverain du Mali à maintenir et consolider l’unité nationale, son attachement aux valeurs universelles que constituent les droits inaliénables et inviolables de la personne humaine, à la réalisation de l’unité africaine et son adhésion aux principes protecteurs du patrimoine commun de l’humanité proclamé dans les conventions COP 21 et 22 de Paris et de Marrakech.
Les Institutions de la République sont au nombre de huit (08) dans l’ordre de prééminence suivant :
– le Président de la République ;
– le Gouvernement ;
– l’Assemblée nationale ;
– le Sénat ;
– la Cour constitutionnelle ;
– la Cour suprême ;
– la Cour des Comptes ;
– le Conseil économique, social, culturel et environnemental.
La Haute Cour de Justice ne figure plus parmi les Institutions de la République mais elle demeure compétente pour juger le Président de la République et les ministres mis en accusation devant elle par le Parlement pour haute trahison ou crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’Etat.
Le projet de loi adopté confère au Président de la République la responsabilité de déterminer la politique de la Nation et le droit de nommer le Premier ministre et de mettre fin à ses fonctions sans qu’il soit nécessaire que celui-ci lui présente sa démission.
Il crée un parlement composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat.

A côté de la révision de la Constitution par voie de référendum, le projet de loi adopté institue une procédure de révision constitutionnelle par voie du Parlement réuni en congrès sur la saisine du Président de la République. »

Mon constat est que nos institutions sont déséquilibrées.

La séparation des pouvoirs n’existe pas au Mali, et il est illusoire de croire que le législatif contrôle l’exécutif.

Nous sommes déjà dans une monarchie républicaine, où tout est concentré entre les mains du chef de l’Etat, avec des contre-pouvoirs insuffisants. la nouvelle constitution ne fera qu’accentuer les pouvoirs du Président tout en déshabillant les contres pouvoirs.

Je suis d’accord qu’il ne faut pas limiter les possibilités d’expression politique au seul vote (référendum) qui consiste qu’on demande aux citoyens d’intervenir en bout de course, pour dire oui ou non à une question posée par d’autres, à l’issue de débats réservés à une élite.

La véritable participation citoyenne  pour moi est celle qui peut intervenir « en temps utile », quand la décision n’est pas encore écrite, quand les options sont encore ouvertes.

 

Actuellement le gouvernement semble réfuser le débat public. Tout se passe dans les couloirs et les antichambres des ministères, entre lobbies des groupes armés et hauts fonctionnaires.

Le bon peuple ne voit le débat devenir public qu’une fois la décision prise, et que seuls des détails changeront.

 

Le débat parlementaire au Mali n’est qu’une parodie de démocratie, car il intervient trop tard.

 

Tout se joue à Koulouba.

 

Une fois dans l’hémicycle, une proposition intelligente pourra être balayée par un « défavorable » venu du banc du gouvernement, alors que les âneries contenues dans le texte seront massivement votées par des députés godillots.

 

Ce n’est pas une assemblée de plus (le Sénat) qui va changer le vice fondamental de notre système, mais la transparence complète du processus de décision au sein du gouvernement et des administrations.

 

L’un des obstacles à la rénovation de la vie politique Malienne est le poids du président de la République dans le dispositif institutionnel.  Pourquoi vouloir créer une monarchie dictatoriale ?

 

Avec la nouvelle constitution, notre vie politique sera donc focaliser uniquement sur la seule élection présidentielle.

Cela pose un véritable problème démocratique que nous allons constater douloureusement.
Cette nouvelle constitution casse tous les équilibres. Au moment ou les grandes démocraties qui ont un président élu au suffrage universel (Pologne, Roumanie, Portugal…) cherchent l’équilibre, au Mali, nous marchons en reculons.

Il serait plus utile dans ce contexte de supprimer le poste de premier ministre.
Enfin, je ne vois pas l’utilité d’’offre le pouvoir de dissolution de l’Assemblée, que le président peut utiliser à sa guise, sur un simple caprice ou un calcul politique.

Dépuis l’avènement de la démocratie au Mali, les présidents ont toujours eu une majorité (plus ou moins solide) à leur disposition, rien qu’avec les députés de leur parti.

C’est beaucoup plus facile, dans ce cas, de mettre les députés au pas, alors que s’il faut constituer une coalition, ça se complique.

Une majorité absolue issue d’un seul parti n’a jamais intérêt à une dissolution, alors qu’au sein d’une coalition, l’un des partenaires peut y trouver son intérêt, et donc provoquer une crise politique.

Pouvoir modifier la constitution sans passer par un référendum démontre que le gouvernement est décidé à passer en force.

Reste à suivre avec la plus grande attention le fil des événements, et à souhaiter que, si révision il y a, elle soit entourée du maximum de précautions, et de la plus sage réflexion.

 

« Tout Etat libre où les grandes crises n’ont pas été prévues est à chaque orage en danger de péril », écrivait Rousseau dans ses Considérations sur le gouvernement de Pologne.

 

Ce n’est pas quand l’orage éclate qu’il faut s’y mettre.

 

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Je suis contre un gouvernement d’union nationale

L’idée d’un gouvernement d’union nationale, qui transcenderait les clivages majorité-opposition est un vieux rêve au Mali.

Ah le beau gouvernement, où on ne trouve que des personnalités prises pour leur « compétence » et non pour leur étiquette.

Régulièrement, le mythe est réactivé, à coup de propositions surprenantes, de transfuges.

Cette idée, si séduisante sur le papier, est une idiotie dans la pratique.

Sur un programme, on peut prendre des idées de partout, elles ne sont ni de la majorité ni de l’opposition.

Par contre, les personnes sont marquées politiquement, elles ont une culture, une origine, un parcours qui s’est fait dans un camp.

Les combats communs, les valeurs partagées créent des liens qu’on ne peut pas ignorer.

Les transfuges sont  souvent mal vus des deux camps. On est mâle ou femelle et si les androgynes existent, ils sont rares.

 

En politique, c’est la même chose. Quand on constitue une équipe, c’est pour gouverner, pour mettre en place un programme, pour agir. Il faut donc que l’équipe soit cohérente, entre personnes qui se comprennent, qui partagent une culture politique commune. Composer un gouvernement d’Union nationale, c’est constituer un attelage baroque, marier la carpe et le lapin. Pour l’efficacité, on peut repasser.

 

Cela est déjà arrivé au Mali, en 2012 sous ATT. Cela arrive aussi à l’étranger.

A chaque fois, les résultats sont mauvais, sur l’action concrète, le bilan de ces gouvernements étant souvent maigre, mais aussi sur l’évolution de la vie politique du pays.

 

Pour qu’un système politique fonctionne sainement, il faut une majorité et une opposition, avec chacune un rôle bien déterminé à jouer.

La majorité gouverne, l’opposition surveille, guette les failles et les exploite, obligeant ainsi la majorité à rester vigilante et soudée.

Elle n’en fait que mieux son travail. Un gouvernement d’union nationale, c’est un grand producteur d’eau tiède.

 

Une grande coalition de partis habituellement opposés et idéologiquement divergents ne peut se mettre d’accord que sur les plus petits dénominateurs communs, souvent après d’âpres négociations qui donnent un « contrat de législature » figé qui ne donne finalement satisfaction à personne.

En cas d’échec ou de bilan mitigé, ce sont les deux camps qui se trouvent discrédités, ce qui nous est arrivé en 2012.

 

C’est pourquoi je pense qu’il faut tordre le coup à cette vieille lune  du « nous sommes tous frères » et cette erreur sur la nature humaine qui consiste à croire que les politiques peuvent faire abstraction de ce qu’ils sont, des militants.

A un gouvernement, je demande cohérence et efficacité, deux choses que ne peut fournir un gouvernement d’union nationale.

 

Séga DIARRAH

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Le départ du Prémier Ministre Modibo Keita ne changera rien

La chasse au vieux lion sera bientot ouverte ? Le prémier Ministre Modibo Keita, politiquement très affaibli, est attaqué au sein de son propre camp, avant même les élections régionales.

La presse Bamakoise, avec sa complaisance habituelle pour les récits des petites querelles politiciennes, relaye ces combats avec délectation.

Ibrahim Boubacar Keita (IBK) va-t-il faire partir son Premier Ministre. Personne n’en sait rien, tellement le président de la République est imprévisible. Il n’a sans doute pas encore tranché. Toute cette agitation sur les choix de personnes est un peu vain, je ne vois pas tellement en quoi il peut être utile d’avoir, avant sa désignation officielle, le nom du nouveau Premier ministre, si tant est qu’il change.

Quel que soit le Premier Ministre, sa marge de manoeuvre sera inexistante.

Le malaise social et la grogne populaire de la jeunesse Malienne, impacteront autant Modibo keita qu’un autre, puisqu’en fait, c’est IBK qui est visé.

Le vice fondamental de ce quinquennat, à savoir l’incapacité du président de la République à trancher en temps utiles, ne va pas disparaitre.

Or, c’est ce qui a sapé en partie l’autorité de Omar Tatam Ly et  Moussa Mara. Le successeur  de Modibo Keita aura les mêmes soucis d’autorité et de coordination défaillante de l’action gouvernementale.

Les meilleures années du mandat sont passées.

Les réformes se lancent dans les deux premières années, car ce sont celles-là qui donneront leurs fruits en 2018, au moment de la campagne.

Le nouveau Premier ministre ne lancera pas grand chose de nouveau, entre ce qui est déjà lancé, et ce qui est sur les rails. Si c’est pour gérer des queues de réforme, et porter le chapeau des coupes sombres (je rappelle que l’organisation du sommet Afrique Afrique a crée un désequilibre budgétaire).

Devenir Premier ministre maintenant, quand on est jeune et qu’on a de l’ambition, ce n’est pas un bon plan.

La sagesse serait de laisser Modibo keita en place, car c’est la logique du quinquennat.

Grillé pour grillé, autant qu’il fasse le sale boulot. Ce n’est pas son départ qui arrangera la cote de popularité de IBK. Il y aura peut-être un petit mieux passager, du fait de la nouveauté, du changement de têtes, mais bien vite, le pouvoir en place retombera dans ses ornières structurelles.

Pour moi, l’essentiel est là. On s’en fout de savoir qui sera Premier Ministre, ça ne changera rien à la situation de la majorité et du Mali.

 

Séga DIARRAH

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Attentat de GAO : « Une épreuve de vérité »

Le terrorisme a encore frappé, deux coups rapprochés, Gao, puis un Poste du Gatia près de Tin-Assako.

Les deux cas sont emblématiques. A Gao, un coupable inconnu des services de renseignements. Dans l’autre cas, un groupe clairement identifié par le GATIA. Dans les deux cas, des attentats meurtriers et « frappants », soient par le nombre des victimes, soit par le choix, hautement symbolique, des cibles.

A chaque fois, la même réponse des Politiques, des discours, des rassemblements.

Je sais que les moyens humains et matériels pour lutter contre le terrorisme demandent du temps à se mettre en place, et l’application, par des humains (donc faillibles) laisse une marge d’erreur qui peut, parfois, être fatale, mais est malheureusement inévitable.

L’action des politiques face au terrorisme ne peut pas se limiter aux incantations. Il faut aussi avoir le courage de dire que nous sommes entrés dans une période de risque, avec lequel il va falloir composer.

Oui, le risque d’être touché par un attentat est très élévé, mais il reste de très loin inférieur à celui d’être victime d’un accident de la route.

Pourtant, nous continuons tous à prendre nos Djakarta  (mobylette)  sans avoir peur.

Nos responsables politiques doivent dédramatiser, en montrant qu’ils font ce qu’ils peuvent contre le terrorisme  mais sans paniquer ni désigner de coupables trop faciles, qui permettent d’éluder les vraies raisons.

Un vrai travail de mobilisation du pays est nécéssaire.

Les politiques devraient  mener un véritable travail d’introspection, sur les causes profondes du mal. Actuellement, ils ne font que lutter contre les symptômes.

Pourtant, une question, essentielle, n’est pas traitée ou si peu: « Comment réussir la paix avec les groupes armés ? ». « Comment faire adhérer nos partenaires à notre vision du développement du Nord du Mali? »

 

Des débuts de réflexion existent, mais on les trouvent dans la presse étrangère, rarement dans le débat public au Mali.

 

Si nous voulons pourtant en finir réellement avec le terrorisme, il faut à la fois rammener la paix au nord, mais aussi comprendre pourquoi cette région du Mali est toujours instable.

Cela pourrait nous amener à de réelles remises en cause, sur le caractère très excluant, voire ségrégatif, de la gestion du pouvoir par les élites (y coompris ceux originaires du Nord).

Il faut parler des problèmes du Nord du Mali et d’arrêter la politique de l’autruche.

Mais J’y vois un manque de courage de l’ensemble de la classe politique, face à un travail, il est vrai titanesque, de remise en cause profonde du fonctionnement de notre société.

Il faudra bien qu’émerge un autre discours politique sur le terrorisme et la crise au Nord du Mali.

Normalement, c’est le rôle de l’opposition que d’offrir une alternative. Actuellement, ce n’est pas du tout le cas, les partis de l’opposition poussant à la surenchère sécuritaire.

Entre un gouvernement qui se discrédite par ses échecs répétés et une opposition qui accélère droit dans le mur, j’ai du mal à voir qui va porter un discours alternatif, le seul qui puisse nous sortir de l’impasse.

Ces voix existent au seins du collectif BI-TON, mais sont trop faibles pour se frayer un chemin dans un système politique complètement verrouillé, et vérolé par des professionnels de l’exercice du pouvoir qui ont oublié pourquoi ils étaient là…

 

Séga DIARRAH

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Mali : il faut interdire aux juges de se syndiquer

 

L’appareil judiciaire du Mali est paralysé par la grève illimitée des magistrats

Les dérives des syndicats des Magistrats au Mali (SAM, SYLIMA)  ont longtemps été occultées par la brillante génération qui avait fait de ces syndicats à la fois une machine de guerre et un lieu de réflexion, un mélange d’intelligence et d’esprit partisan. Une acidité contestée aujourd’hui.

 

Il convient que le Syndicat des Magistrats du Mali s’adonne à un travail considérable de réflexion sur lui-même, qu’il se mette en cause, qu’il se désinfecte de tout ce qui dégrade sa structure, ses idées en idéologie et en parti pris et son combat en fond de commerce.

On ne demande pas au syndicat des Magistrats de se substituer au pouvoir politique, de l’accompagner  ou de le vitupérer. On doit exiger de lui qu’il reste à sa place. Faute de cette rénovation, il fera disparaître, en même temps que lui, l’adhésion à la justice et la confiance qu’elle doit inspirer.

Pour moi, les juges doivent être impartiaux pour juger indifféremment les gens sans tenir compte de leurs opinions, leurs richesses ni de leurs engagements quels qu’ils soient. Ce n’est pas possible si lesdits juges sont engagés politiquement, syndiqués.

Tout naturellement, ils seront cléments envers ceux de leur bord et sévères envers ceux qui ne le sont pas. Ils favoriseront les plus fortunés sans inquiétude, car ils seront protégés par un syndicat Puissant.

Comme les militaires, je pense que les magistrats doivent être neutres.
 Ou alors qu’ils changent de métier.

Avec l’interdication du syndicalisme dans  la magistrature, la justice Malienne retrouvera la confiance des citoyens au même titre que l’armée. Le magistrat pourra ainsi excercer son métier  dans la plus grande sérénité et en toute impartialité.

 

Séga DIARRAH

 

 

Sommet Afrique France : Cachez ces pauvres que je ne saurais voir

Tricycles, mendiants, commerces de détails et quartiers populaires n’existent plus au Mali depuis ce matin.

A l’occasion du sommet Afrique France de Bamako de Janvier 2017, des dispositions auraient été prises afin de cacher les marginaux de Bamako.

Cette question des « marginaux », de leur existence et de leur place dans la société n’est pourtant pas nouvelle. Dès qu’il y a une société, il y a une hiérarchie, avec ceux qui sont en haut, ceux sont en bas et ceux qui sont tellement en bas qu’ils sont à peine reconnus comme faisant partie de la société.

 

De tout temps il y a eu des personnes en marge, vivant d’expédients, non reconnus par la société et rejetés.

 

Ce qui a changé, en fait, c’est notre vision de ce phénomène.

Notre société modèrne n’accepte plus cet état de fait.

Nous vivons sur des aspirations et des mythes collectifs qui sont contrariés par l’existence de ces marginaux, parfaits contre-exemple de ce que la société moderne tente de promouvoir comme idéal.

Nous ne sommes plus dans un monde qui nous a été donné par des dieux.

Ce monde, il est tel que nous le faisons, nous sommes responsables de ce qui existe et nous ne pouvons plus évoquer la fatalité pour nous dédouaner.

Cela crée une tension que nous cherchons à résoudre, sans y parvenir.

 

Ces marginaux contrarient le mythe de la toute puissance de l’homme.

 

 Eh bien non ! Nombre de mendiants, de vendeurs ambulants, d’habitants de Sabalibougou, etc n’ont pas demandé à l’être, il y sont tombés et n’ont pas ou plus la force de s’en sortir, même avec de l’aide.

 

Certains luttent et pourtant, ils n’y arrivent pas.

 

L’homme a des limites, il n’est pas omnipotent et les marginaux du sommet Afrique France de Bamako sont un témoignage gênant de cette réalité.

 

Ces marginaux sont aussi la démonstration vivante que nous n’avons pas atteint la sécurité absolue.

 

Chacun sait, même si tous ne veulent pas se l’avouer, que personne n’est à l’abri d’une dégringolade. Combien d’exemples de cette lente déchéance :  un logement qu’il faut quitter, parfois la perte de l’emploi, les amis qui se dérobent. C’est tellement facile de tomber et tellement difficile d’en sortir une fois pris dans l’engrenage.

 

Le rêve est de pouvoir faire disparaitre cette pauvreté et cette marginalité, et on doit s’y employer ensemble.

 

Des efforts importants doivent être consentis.

Ils resteront insuffisants car le problème est immense et largement insoluble.

Mais à coté, on ne doit pas occulter et masquer, parce que cette vision, tout comme celle de la vieillesse, de la déchéance et de la mort est trop insupportable pour notre société.

Séga DIARRAH

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J’aime Bamako

séga DIARRAH

Je ne me contente pas d’aimer notre capitale, comme tant d’autres venus d’ailleurs.

Moi j’y suis né et y ai arpenté, gamin, les rues, les chantiers, les marigots, les ponts…

 

Mon souhait le plus ardent est surtout de pouvoir participer à la construction de Bamako, de son assainissement, de sa modernisation.

 

Je veux qu’on soit fier de notre Ville, que Bamako se développe en permanence.

 

 Je n’ai pas peur. Ni des quartiers populaires, ni de l’absence d’infrastructures, ni des adversaires.

 

Je crois encore au jeu collectif, à l’attention au vivre ensemble, à la pratique de la vie et de la ville, à la passion d’une ville lumière et propre, à la conscience de l’histoire et de ce que nous devons aux « grands anciens ».

 

Mon rêve est de rendre à la ville de Bamako à la fois son honneur et son rang parmi les grandes capitales Africaines, mais aussi parmi les grandes villes de la sous région.

Comparé à Abidjan, Dakar ou Alger, Bamako est largement sous équipé en matière sportive, scolaire ou transport public. Même d’un point de vue culturel il n’existe pas grand-chose en dehors des grandes institutions de l’Etat.

 

Le défi devant nous est de construire la Ville africaine de demain. Une ville moderne, en réseau, pour tous, qui soit capable de se dépasser dans tous les sens du terme.

Alors résolument oui, je m’engage Pour Bamako !

Mali : L’accès à la vie politique est verrouillé, cadenassé, la porte est bien fermée, à double tour !

La politique Malienne est bloquée, personne ne peut le contester, au delà même de ce qui est supportable.

La critique de la qualité du personnel politique ne mène nulle part. C’est un poncif vieux comme la politique, et tous les virer n’est, pas plus maintenant qu’autrefois, la solution.

Les politiciens que l’on a depuis des décennies ne sont pas mauvais par nature, ils sont pervertis par un système politique qui ne s’appelle pas démocratie et qui n’a jamais été voulu comme tel.

De la même manière, changer les institutions et la Constitution, en croyant que faire table rase change la situation, est une impasse. Ce n’est pas le cadre qui compte, mais la manière dont il fonctionne. L’important est la circulation des élites et des gens qui sont au pouvoir.

Le Mali a un problème depuis l’avènement de la démocratie en 1992, avec des élites politiques qui ont échoué, mais qui s’accrochent et qu’on n’arrive pas à déloger.

Le blocage est double, à la fois technique et culturel.

Nous sommes avec un système politique dont l’accès est cadenassé, et un tissu associatif structurellement incapable de faire contrepoids et de présenter une alternative, capable de fournir les cadres de remplacement.

Les règles du financement de la vie politique ont complètement bloqué le renouvellement de la classe politique.

Le financement public est essentiel, si ce n’est indispensable. Il est basé sur le résultat des législatives, et le nombre de conseillers communaux. Il n’est raisonnablement possible de créer un nouveau parti politique qu’une fois tous les 5 ans. Entre les deux intervalles, celui qui fait dissidence part en laissant à ses adversaires la structure du parti, et donc l’argent, se retrouvant à fonctionner (et à préparer les législatives suivantes) avec des bouts de ficelles..

La classe politique ne s’est pas contentée de mettre ce cadenas, elle a aussi complexifié le remboursement de la caution pour la candidature à l’élection Présidentielle avec des règles byzantines qui excluent de fait les « amateurs » et les débutants.

 

Le changement des règles électorales en cours fermera la porte aux candidatures isolées. Dès qu’un scrutin est à la proportionnelle, il faut monter une liste, ce qui veut dire avoir des relais et une capacité à mobiliser. A l’échelle d’une commune, c’est encore possible, mais pas pour une région.

Se présenter en indépendant est devenu impossible, il faut avoir une structure derrière soi. Structure que l’on ne peut créer qu’une fois tous les 5 ans.

Un parti est avant tout une machine à distribuer et gérer le pouvoir. Le problème c’est que chaque nouveau militant projette ses propres désirs dans ces nouvelles organisations.

C’est d’ailleurs pour cela que tous les petits partis risquent d’échouer. Tout repose sur un homme, dont le programme reste faible, notamment sur des sujets qui divisent. Le jour où on ira dans les détails, des tendances se créeront. Le jour où il faudra investir des candidats, des tensions apparaîtront. Le jour où il faudra faire des alliances pour gagner du pouvoir (une ville, une région, une circonscription), la chose explosera.

En réalité, la plupart des partis Politiques au Mali sont des groupuscules sans la capacité de faire campagne, et surtout, des partis qui ne veulent pas gouverner mais témoigner.

Il faut créer des partis qui ont vocation à obtenir des scores significatifs aux élections, en quadrillant le territoire. Tous les « petits partis actuels » vont échouer, mais ce sera à cause du carcan actuel, et de l’incapacité à trouver, dans la société civile, des réseaux capables de les faire émerger.

La porte est bien fermée, à double tour !

Le deuxième problème, culturel, vient de très loin, c’est notre incapacité à construire une société civile digne de ce nom.

Le Malien râle beaucoup, mais ne retrousse pas ses manches pour régler lui même les problèmes. Il exige que l’Etat le fasse.

C’est l’héritage très direct de nos « Empires », où un monarque tout-puissant pourvoit aux besoins de son peuple. Si le pays est mal dirigé, c’est de la faute des ministres, et il suffit que le roi soit informé pour que les malheurs cessent.

A cette culture de sujétion politique, s’est ajouté l’héritage de plus de 23 ans de dictature, qui a détruit les corps intermédiaires. Cela se ressent encore douloureux

Aujourd’hui, quand on regarde chez nos voisins (Burkina, Sénégal etc.), et que l’on voit la vitalité de leur « société civile » avec des fondations, des associations très puissantes, bien dotées financièrement.

 

Notre tissu associatif est minable à coté de cela, et quand il est un peu développé, c’est parce que l’Etat subventionne. Les Maliens ne donnent quasiment pas, et quand ils le font, c’est pour prendre le contrôle. Donc au final, c’est l’État qui paye.

 

Dans le secteur politique, les ONG et les associations « militantes » pour des causes d’intérêt général sont cacochymes, manquant de fonds et de personnels pour développer une action, alors que politiquement, ils ont un boulevard devant eux.

Imaginez ce que cela donnerait, si le Collectif BI-TON avait une dizaine de salariés et plusieurs millions de FCFA de budget par an et était en mesure de mobiliser un réseau de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le pays…

Si notre pays est bloqué, c’est parce que la société civile n’est pas organisée et puissante, et a laissé la classe politique prendre ses aises. Le moment est peut-être venu de se bouger, en donnant une ossature digne de ce nom au réseau des associations qui font de la politique (au sens noble du terme) et que l’on déverrouille l’accès au système démocratique.

Pour cela, il faut s’investir, pas seulement râler

 

Séga DIARRAH

Les hermaphrodites de la Politique Malienne

Certains partis et politiciens Maliens ont pour devise “le cœur à l’opposition, le portefeuille avec la majorité, et toujours près de la marmite au haricot”.

ils n’ont jamais compris (ou jamais admis) que le système démocratique au Mali  impose de fait un système bi-partisan, où on est de la majorité ou de l’opposition, sans aucun espace pour une troisième force au milieu. On peut trouver que ce n’est pas une bonne chose, mais si on veut exister politiquement et peser sur les décisions, il faut choisir son camp, et s’y tenir.

La démocratie a besoin à la fois de camps clairement définis, de positionnements clairs, mais aussi d’alternance. On est de la majorité ou de l’opposition, et on accepte le verdict des urnes qui vous met dans la majorité ou dans l’opposition.

Si Soumaila Cissé est élu président en 2018, il sera le président légitime, cela ne souffrira aucune contestation. Par la même occasion, les partis de la majorité présidentielle actuelle passeraient de la majorité à l’opposition. Il est sain que ce ne soit pas toujours les mêmes qui soient dans l’opposition et les mêmes qui soient dans la majorité.

Je considère donc profondément anormal l’attitude qui consiste à essayer de jouer sur les deux tableaux, en volant au secours de la victoire, dans l’espoir de rester dans la majorité.

Cela ne marchera pas en 2018 ! Je n’arrive pas à comprendre qu’au bout de 25 ans, nos élites l’aient toujours pas assimilé.

En jouant ainsi la bascule, comme ils ont l’habitude de le faire, une fois que la victoire ne fait plus aucun doute, les « opportunistes » ne récoltent pas grand-chose.

Quelques individualités, en échange d’une belle prébende, jouent le rôle d’idiots utiles, qui permettent à la nouvelle majorité de communiquer sur son ouverture, en n’ayant jamais eu le moindre début d’influence sur les choix politiques de la majorité où ils ne sont que des supplétifs, des « saraka » que l’on n’hésitera pas à larguer en rase campagne en cas de problème

A jouer à ce petit jeu du “ni opposition-ni majorité” mais toujours prêt à faire le bouche-trou en échange d’un peu d’apparence de pouvoir, nos politiciens se discréditent et ne récoltent que le mépris, à l’opposition comme avec la majorité Présidentielle.

On s’en sert quand on en a besoin, et on les jette comme un préservatif usagé une fois l’opération de communication politique terminée.

A aucun moment ils n’ont été en mesure de faire progresser leurs idées. A chaque fois, les « opportunistes » en ressortent en miettes, broyés par une mécanique implacable. Ils se croient des purs, ils ne sont que des bisounours.

Avoir des convictions mais ne pas se donner les moyens de les mettre en oeuvre, c’est les trahir !

En démocratie, il faut une majorité et une opposition. Il faut aussi que les électeurs sachent clairement où chacun se situe. Le Collectif BI-TON compte se battre à travers la sensibilisation, pour barrer la route aux hermaphrodites au Mali.

 

Séga DIARRAH

Mali : L’étrange écroulement

c’est assez sidérant de voir à quel point le RPM (Rassemblement pour le Mali) s’effondre. Depuis l’élection legislative partielle de Baraouéli, il a fait un pas de plus vers l’auto-destruction.

Aucun leader n’apparait, que ce soit pour présider le parti ou être le candidat en 2018 éventuellement.

Tous sont dans les petites tactiques à courte vue pour placer ses propres pions ou ceux de son camp.

Je ne vois absolument pas le bout du tunnel, d’autant plus que l’image du parti en est fortement dégradée.

Je pense que le RPM va soit exploser, soit se transformer en une vaste pétaudière où plus rien n’avance.

La deuxième option apparait la plus probable.

L’opposition politique au Mali à tout pour être optimiste, tellement IBK est au fond du trou…

Parce que l’écroulement, il est aussi de l’ensemble des Partis de la majorité Présidentielle.

Plus on avance dans le quinquennat, plus on voit la majorité se déliter et se réduire.

Il reste moins de trois ans à tenir, je ne vois pas comment on va y arriver, car il n’y aura ni démission de IBK, ni dissolution.

Cela équivaudrait à un suicide, et s’il y a une chose que les élites Maliennes ne feront pas, c’est bien ça. On va donc avoir une mise à l’écart de IBK, déjà bien complètement discrédité.

Tout s’effondre. mais rien ne sort de terre!

Tout s’effondre mais rien ne change ni a la Mouvence Présidentielle, ni à l’Opposition: leurs socles d’audience respectifs dans un réflexe panurgien continueront à suivre.

les votes contestataires seront en haut de leur jauge  compte tenu du climat socio économique du moment.

Le transfert des electeurs de la majorité vers l’opposition va maintenir l’équilibre.
Des régroupements comme le Collectif BI-TON pourront emerger s’ils ont une adhésion massive, car un boulevard est ouvert devant eux.

La décomposition du paysage politique Malien est inquiétante, mais c’est en même temps une porte de sortie, car le Mali est un pays bloqué, et cela depuis longtemps.

Il faut que cela change, et alors que tous (moi compris) ont pensé que cela finirait pas une révolution plus ou moins violente, on pourrait avoir une auto-dissolution des structures de pouvoir, qui s’écroulent sans le moindre mouvement social.

Comment gérer cela ?

on est dans l’inconnu et le trou noir…

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

Il faut Responsabiliser les députés

On reproche aux députés d’être des lâches, de ne pas s’opposer frontalement mais seulement par la bande, de s’investir sur des détails.

Mais ont-ils le choix ?

Pas franchement, car le système est organisé de telle manière qu’ils soient dans le rôle des bons petits soldats, dans la majorité ou l’opposition. Imaginez un député de l’opposition qui voterait, sur un texte particulier, avec le RPM alors que son groupe est contre. Il se ferait mal voir, autant qu’un député RPM votant contre un texte du gouvernement.

Peut-on leur demander d’être des électrons libres, totalement incontrôlables, avec lesquels il faut sans cesse négocier.

Pour le gouvernement, c’est épuisant. Sans compter tous les trublions qui cherchent à se faire leur pub personnelle en se singularisant par des positions outrées, plus ou moins sincères, qui attireront à coup sûr les micros et les caméras (façon Oumar Mariko). Il faut un minimum de discipline parlementaire.

La décision politique est collégiale, même si certains s’acharnent à faire croire qu’ils décident de tout sur tout.

Il faut donc revoir les équilibres internes pour redonner une meilleure place aux parlementaires, pour qu’ils aient plus de poids.

Cela passe plus par des petites modifications techniques que par de grandes envolées lyriques ou des décisions spectaculaires.

On sait que le gouvernement ne pourra pas s’empêcher d’utiliser à son profit les instruments dont il dispose. Rognons donc les instruments à travers une reforme audacieuse de nos institutions.

Est-ce que ça ne passerait pas déjà simplement par l’anonymisation des votes à l’Assemblée ?

Mais avant cela, il faudrait d’abord que les oppositions soient plus constructives avant qu’on puisse s’en passer.

 

Séga DIARRAH

Quelle élite serons nous ?

Je lis assez souvent des commentaires sur la « crise de gouvernance » qui est surtout la crise d’une gestion calamiteuse par une ‘élite » incompétente et irresponsable au Mali.

Je souscris pleinement à ce constat, et je pense qu’il est valable pour beaucoup de secteurs.

Au Mali, il est de tradition que les responsables  s’en mettent plein les poches, financièrement et symboliquement, et partent en retraite (payée par nous) au moment où tout s’écroule.

Ils ont géré ce pays pour eux, sans vraie vision, sans la moindre croyance en quelque chose.

Quasiment une génération nihiliste, qui a habillé le vide de sa pensée, du moins au début, par des théories fumeuses , toutes plus inapplicables et délirantes les unes que les autres.

Et puis dans les années 2000, ils n’ont plus cherché à cacher cela, et l’ont même valorisé dans un culte indécent de la réussite économique. Que nous laissent-ils ? Un champ de ruine économique, un pays en guerre, un pays sous tutelle, mais surtout un vide intellectuel et moral abyssal !

Mais plutôt que passer notre temps à nous lamenter, il faut construire ce que sera la nouvelle société Malienne dans les 30 ans qui viennent, car nous arrivons au pouvoir, par la force des choses et de la biologie du vieillissement de nos aînés.

Que voulons nous, pourquoi vivons nous ?

Ces questions, nos aînés n’ont pas su y répondre car ils ont été les premiers à vivre dans une période réellement en paix, sans menace de guerre, sans famine, sans épidémie. Avant, la réponse était assez simple : survivre. Mais une fois que c’est acquis, que fait-on ?

Je dois vous avouer que ce n’est pas gagné !

Certes, nous avons des exemples de ce qu’il ne faut pas faire, des impasses dans lesquelles se sont fourvoyés nos aînés.

Nous connaissons aussi la menace que représente le vide idéologique et moral, car la nature a horreur du vide.

On ne peut donc pas rester à rien faire, du moins quand « l’idéologie par défaut » ne nous apparait pas acceptable en totalité ou en partie.

C’est bien beau de baver sur nos aînés, mais serons nous capables de faire mieux ?

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

 

Mali – Gouvernement : Silence dans les rangs

Le Président Ibrahim Boubacar Keita a des raisons de s’agacer actuellement.

Il y aurait comme de l’indiscipline dans la troupe, certains ministres se permettant de critiquer les interventions de son grand chambellan, à l’image du Ministre Mohamed Aly Bathily qui s’en ai pris violemment à son gouvernement et à la démocratie Malienne pendant le meeting de l’association Dagakaané.

Voici quelques phrases  célèbres du Ministre Bathily

 

« Depuis 1992 la démocratie n’a servi à rien. Elle n’a installé que mensonge et gâchis »,

« Les commandants, les juges et les gouverneurs ne disent pas la vérité. Là est le problème du Mali »

 

Si pour certains, chacun doit rester à sa place afin que les vaches soient bien gardées, Je trouve que ces « réactions de la base » sont saines.

 

Le président de la République est certes le patron, mais il s’appuie sur une majorité, dont il doit tenir compte.

En formulant ces remarques, à mon sens pas bien méchantes, les députés et certains ministres jouent leur rôle de contre-pouvoirs.

 

Certes, IBK n’aime pas ça, mais il va bien falloir qu’il s’y fasse, car il a mangé son pain blanc et ne peut plus tenir la boutique seul, à la seule force de ses petits bras musclés.

 

Les sondages réalisés par maliactu.net sur les réseaux sociaux indiquent nettement que l’Etat de grâce est terminé, et que le temps est venu d’être un peu plus collégial.

 

Et c’est très bien pour le fonctionnement démocratique du Mali !

 

Séga DIARRAH

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Ecouter Ras Batch

J’ai voulu savoir ce que dit réellement Ras Batch, et pas seulement les résumés médiatiques et les commentaires divers et variés. Je suis allé le rencontrer au carrefour des Jeunes.

Ce que j’y ai appris ne m’a pas paru scandaleux ou sulfureux, bien au contraire. Ras Batch se conduit comme nous devrions tous le faire, en écoutant réellement ce qui est dit, directement à la source et sans intermédiaire.

C’est une démarche à laquelle je souscris pleinement. Il se fait ensuite son opinion, approuvant ou désapprouvant les positions. Par contre, il ne partage pas sa vision sur la gouvernance de IBK. Pour autant, il est prêt à en discuter.

Il est ainsi dans une position de dialogue, pas de compromission. On peut discuter, rencontrer des gens sans pour autant adhérer à leurs idées. C’est là le tour de force du mouvement des jeunes BI-TON également, que de faire croire que l’idélogie d’un tel regroupement ou personnage est contagieuse par contact physique. Il suffirait de serrer la main de Soumaila Cissé ou Tiébilé Dramé pour devenir un dangereux suppôt de Satan. A partir de là, tout dialogue avec le « pestiféré » est interdit.

Comme Ras Batch a déjà été signalé comme pestiféré par les detracteurs, il ne risque plus rien. Il ne peut guère être davantage diabolisé !

Mais combien d’autres n’osent pas, de peur de se trouver eux aussi cloués au pilori ?

Je suis ouvert au dialogue, notamment sur ce blog et je ne censure jamais l’expression d’opinions (à partir du moment où on respecte les personnes et opinions des autres). Ce n’est pas pour autant que je suis en accord avec tous les commentaires. Le refus du dialogue et de l’écoute sincère de l’autre sont des attitudes anti-démocratiques qu’il faut dénoncer.

Malheureusement, la chape de plomb médiatique est telle que la censure, la déformation et les amalgames l’emporteront encore longtemps sur l’échange et le dialogue.

Espérons que les sites internet arriveront à relever davantage le niveau.

Séga DIARRAH

Les guerres civiles commencent par des petites choses que les responsables politiques n’ont pas été en mesure de régler

politicien-maliRégulièrement, certains commentateurs de maliactu.net et sur facebook s’acharnent à me critiquer sur un prétendu cynisme de ma part.

c’est pourquoi une petite mise au point me semble nécessaire.

J’ai une échelle de valeur qui m’est personnelle. Elle me va bien, mais je n’ai aucunement la prétention de la considérer comme universelle. Chacun voit midi à sa porte.

Sur le fonctionnement de l’Etat et la vie politique, ce qui compte, c’est l’efficacité.

Il ne faut jamais oublier que les politiques ont un boulot à accomplir : que la machine administrative fonctionne et qu’elle rende les services qu’on lui demande.

Je n’ai pas l’obsession de la pureté (qu’elle soit morale ou démocratique). Les tripatouillages peuvent me gêner (souvent même), mais je m’en accommode tant que cela ne porte pas (trop) atteinte à la bonne marche de l’Etat.

Oui certains de nos politiques n’ont pas toujours un comportement très « moral », mais si ce politique est efficace, que le service est bien rendu, ça excuse des choses (pas tout bien évidemment et notamment pas la corruption financière).

Par contre, quand les « vices » risquent de porter atteinte à l’efficacité de l’action politique, je suis beaucoup moins indulgent. Encore faut il savoir où on met la barre, à partir de quand on peut considérer que le comportement et les attitudes de la personnalité politique font un tort réel à l’exercice de sa fonction.

Et même là, je n’émet pas forcement de jugement moral. Je constate que vu la situation objective, il vaut mieux que la personne s’en aille car elle n’est plus à même de bien remplir sa fonction.

J’ai cette position parce que j’ai conscience des dégâts que peut causer un mauvais fonctionnement de l’Etat. L’inefficacité des élus peut conduire au mieux à des gabegies, à de l’inefficacité. Passé un certain stade, la cohésion sociale peut être mise à mal.

Les guerres civiles commencent comme ça, par des petites choses que les responsables politiques n’ont pas été en mesure de régler (qu’il ne l’ait pas pu ou pas voulu ne change pas grand chose).

Des petites fractures deviennent des failles béantes. c’est comme dans un bâtiment. Si on ne fait pas les travaux de réparation tout de suite, les dégradations peuvent aller très vite et coûter bien plus cher.

Malheureusement, c’est souvent après que l’on se rend compte qu’on y aurait gagné à prendre le problème plus en amont. Je ne suis pas prêt à accepter de sacrifier cela pour avoir des saints comme dirigeants. C’est un choix politique que je fais entre efficacité et « pureté ».

J’ai aussi cette position car je m’efforce de ne pas juger les personnes.

La perfection n’existe pas dans ce bas monde, et je me méfie des Saint-Just qui veulent que les autres soient à la hauteur de leurs exigences morales à eux.

Que certains se regardent, sincèrement, et se demandent ce qu’ils feraient s’ils étaient dans la situation de deux qu’ils critiquent.

Souvent, ils n’ont pas les éléments pour mener à bien cette introspection car ils n’ont jamais fait l’expérience de se trouver en situation de se laisser aller à la facilité et de devoir faire un effort pour résister et aller à contre-courant de ce qui se fait dans le milieu auquel ils appartiennent.

Les exemples pullulent d’opposants très critiques et virulents, qui, une fois dans la place, font exactement la même chose que ceux qu’ils critiquaient ! C’est facile d’être pur quand on est pas en situation d’être tenté. C’est facile d’être un grand Résistant en temps de paix !

J’ai enfin cette position car je ne me juge pas assez important pour devoir prendre sur moi l’avenir du Mali.

Je ne suis pas grand chose, mon avis ne compte pas. Je ne vois donc pas pourquoi je passerais mon temps à avoir un avis définitif sur tout, à m’indigner à la chaine, à vouloir changer le monde.

Car je sens bien que chez certains commentateurs, le problème est là. Je suis coupable de ne pas partager leurs indignations. Beaucoup de ceux qui se disent tolérants le sont en fait uniquement avec ceux qui partagent leurs opinions et qui ne dépassent pas certaines bornes parfois fort étroites.

J’ajoute enfin que personne ne peut prétendre avoir toute l’information pour avoir une vision parfaitement juste des réalités. Parmi ceux qui critiquement, il y a malheureusement bien des gens qui n’ont vraiment pas toute l’information. Et le pire, c’est qu’ils ne cherchent pas à l’avoir cette information.

Comprendre ne les intéressent pas. Ce qu’ils veulent, c’est donner leur avis et le voir triompher sur celui des autres. Pas vraiment mon optique sur maliactu.net, d’où certaines incompréhensions.

séga DIARRAH

Je ne suis ni de l’opposition, ni de la majorité, mais de l’intérêt général

sega!diarrahVisiblement, ça chauffe au Mali.

Il est vrai que la situation y est assez préoccupante, avec un taux de chômage des jeunes le plus élévé de la sous région, et surtout, une récession assez forte depuis 2013 (croissance économique  pas suffisance face au taux de natalité), dont on ne voit pas le bout.

Psychologiquement, c’est difficile à supporter pour un peuple qui a pu croire, pendant quelques années, qu’il était capable de devenir un « grand » économiquement, et rattraper enfin ce retard structurel sur la prospère Afrique de l’Ouest.

Il n’y a pas qu’au Mali que la mauvaise gouvernance a des répercutions sociales. Le printemp arabe est né de là.

Pour l’instant, c’est le tout début, on ne sait pas comment cela va tourner au Mali. On ne sait pas non plus comment cela va être traité par les médias, comment cela va être reçu par le public Malien et la Diaspora.

En tout cas, ça a l’air parti pour durer et provoquer des changements. Mais peut-être pas ceux que certains attendent. Un angle a été retenu par tous, c’est l’importance des réseaux sociaux dans la montée en puissance de ce mouvement de contestation.

Quelle est l’exacte portée de facebook et de Twitter, qui ne sont que des instruments ?

pour moi, l’essentiel, ce sont les personnes qui sont derrière les claviers et les écrans. Ce sont eux qui décident de descendre dans la rue ou pas.

Cela ne semble pas avoir été compris par tous, c’était frappant quand on entendait les journalistes de l’ORTM parler avec émerveillement de la marche de l’opposition, occultant allègrement l’essentiel de la révendication.

Je suis donc très curieux de la suite, de ce qui va se passer réellement, mais aussi de la manière dont cela va être vu à l’Etranger. Il y aura sans doute de belles analyses rétrospectives.

Cette contestation populaire va t elle continuer ?

C’est la grosse question, car ce qui nous intéresse, c’est ce qu’elle soit citoyenne.

Un mouvement de jeunes est en gestation sur facebook, ça s’agite aussi sur la page facebook de maliactu

Comme beaucoup de Maliens,, je ne suis ni de l’opposition ni de la Majorité Présidentielle, mais avant tout du côté de l’intérêt général.

Il me semble qu’aujourd’hui celui-ci court un si grand danger que prendre la parole pour le défendre est devenu un devoir.

Attribuer ces manifestations à des mouvements organisés, à une stratégie concrète ou a des personnes spécifiques est une vieille interprétation, typique de ceux qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Une fois la mèche allumée, il est très difficile de l’éteindre.

Avec de plus  en plus d’opportunistes au Mali, ce n’est pas encore mûr.
Mais ça viendra.. le jour où on arrivera pas à payer nos factures.

Cependant, tend que les Maliens n’ont pas repris confiance dans l’avenir,  nous ne sommes pas à l’abri de troubles.

Séga DIARRAH

Mali : On peut être utile sans être ministre

SEGALe grand cirque de la composition du gouvernement se poursuit. Que d’appétits, que de démonstrations d’une « volonté de servir » ses concitoyens qui ne pourrait s’épancher qu’en étant ministre.

Pour avoir vu pendant un certain temps le fonctionnement du gouvernement et les pouvoirs dévolus aux ministres, je me demande ce qu’ils recherchent à part leur petite gloire personnelle.

Un ministre a un peu plus de pouvoir (quoiqu’avec IBK, ce n’est pas certain), mais le choix n’est pas d’être ministre ou rien.

On peut être utile sans être élu, on peut faire de la politique active sans approcher un parti politique, sans avoir le moindre mandat politique.

 

L’engagement associatif est une possibilité formidable de faire avancer ses idées, ses convictions, bien plus que l’entrée en « politique » où on est trop souvent accaparé par la gestion du quotidien et les impératifs de la représentation.

C’est l’éternel dilemme que de choisir entre le pouvoir (être celui qui signe) et l’influence (être celui qui rédige le document que le détenteur du pouvoir signera). Bien souvent, il vaut mieux être du coté de l’influence pour faire avancer les choses, mais il y en a qui ont un tel besoin de lumières et de projecteurs.

Comme les papillons, ils vont souvent se griller sur la lampe, débarassant ainsi le plancher et laissant la place aux vrais militants, ceux qui placent leurs idées avant leur ego.

Séga DIARRAH

Moussa Mara l’opportuniste

diarrah.com

Le personnage de Moussa Mara m’a toujours un peu dérangé.

Il fait peur par son ambition avouée et assumée de requin tueur, qui écarte impitoyablement tous ceux qui sont en travers de son chemin. Il me dérange surtout par son coté opportuniste.

Il donne régulièrement à entendre ce que les citoyens attendent : Ils veulent de la religion, on fait des meeting dans les lieux de cultes, il faut un peu d’humanisme, on se balade dans le pays pour rencontrer les chefs traditionnels.

Dans tous les domaines, il colle ainsi à l’opinion, en fonction des préoccupations du moment, du public qui est dans la salle. Et le drame, c’est que Moussa Mara est très bon dans son jeu. Quand vous l’avez en face de vous, il est terriblement convainquant et vous ne pouvez que saluer l’artiste, quand vous n’êtes pas directement convaincu.

Mais bien malins sont ceux qui connaissent le fond de sa pensée et ses intentions véritables. C’est un champion de l’écran de fumée (comme la plupart de nos hommes politiques nationaux).

Mara, c’est ATT avec 10 ans de moins. Quelques convictions sur des points précis accompagnées d’une immense souplesse vis à vis des demandes de l’électorat, avec pour fin unique la conquête du pouvoir en vue de satisfaire un égo démesuré.

 Reste une inconnue chez Mara, sa capacité à exercer le pouvoir une fois en place. Espérons qu’il ferait mieux que ses prédécesseurs, car pour lui, la conquête du pouvoir est une fin en soi.

Une fois Nommé à la primature, il commençait à préparer la prochaine échéance, dans une logique clanique qui l’emportait souvent sur l’exercice de sa mission. C’etait d’ailleurs là son drame, continuer à se comporter en candidat.

Cela nous a donné 11 mois d’immobilisme et d’eau tiède, où le gouvernail de l’Etat oscillait en fonction des désirs de l’opinion, de la pression des médias et des lobbys (la visite de kidal en est un exemple). Surtout, ne pas commettre d’impair qui compromettrait la prochaine élection !

Aujourd’hui, il joue à l’équilibriste, pendant que ses généraux participent à la marche du NON avec le collectif AN Tè, A Bana, il publie une lettre sur son blog pour défendre la révision de la constitution.

Je n’ai franchement pas envie de reprendre encore 10 ans de cette classe politique et de son mode de fonctionnement.

 

J’attends autre chose de la politique et je pense que ma génération partage mon attente.

 

Elle ne pourra pas se satisfaire longtemps de ce qui est actuellement proposé.

Séga DIARRAH

diarrah.com

Mali /Remaniement ministériel : Voici la fiche de poste des Ministres

Un Ministre au Mali est un poste en vue, exposé, lourd et complexe.

Un Ministre est avant tout un politique. Il n’a pas à avoir une légitimité technique, et parfois, c’est même mieux qu’il n’ait pas de liens antérieurs à sa nomination avec les milieux liés à son ministère.

Il y a des choses qu’un ministre Malien doit faire lui-même, d’autres qu’il peut déléguer, tout en gardant la validation, et d’autres où doit laisser les acteurs agir, quitte a sanctionner ex post. Un ministre n’est pas un petit despote, qui décide selon ses caprices, évoque les sujets selon son bon vouloir.

Un médecin ne fait pas nécessairement un bon ministre de la Santé. Cela ne veut pas dire qu’il faut rester ignorant des sujets. Une fois nommé, il faut bosser pour savoir de quoi on parle, mais toujours éviter de se faire transformer en porte-parole de son administration..

Le ministre est là pour faire appliquer des choix politiques généraux, définis au niveau du gouvernement, en les déclinant dans son secteur et en les adaptant aux réalités. Il est l’agent du gouvernement dans son ministère, et pas l’agent de son ministère au conseil des ministres.

Le Ministre a plusieurs rôles importants, qu’il doit assumer seul. Il doit déjà savoir s’entourer. On voit tout de suite un bon ministre à la composition de son cabinet. Un mauvais aussi. In fine, si l’entourage est mauvais, c’est la responsabilité du ministre et de lui seul. C’est très important, car c’est à cet entourage, le cabinet qu’il va déléguer. Autre rôle essentiel, la communication. C’est le Ministre qui s’exprime officiellement, et lui seul.

Par contre, beaucoup de choses peuvent être déléguées, principalement ce qui concerne le fond. Beaucoup de décisions techniques sont prises sans que le ministre en ait la moindre connaissance. Et heureusement, car sinon, il ne ferait que signer des parapheurs et lire des notes. Les choses qui font consensus dans l’administration, ou qui arrivent à se régler par des arbitrages internes ne remontent même pas au cabinet. C’est ce qui pose problème et provoque des conflits qui remonte au ministre. Ou alors ce qui est très politique ou très emmerdant, les décisions dont personne ne veut assumer la responsabilité.Le Ministre doit accepter cela, que des décisions soient prises par d’autres et qu’elles soient respectées, même si le ministre n’aurait pas fait exactement comme ça.

Dans le même temps, le ministre doit quand même être au courant de tout ce qui peut poser problème, et donc avoir un entourage aux aguets, qui sait où trouver l’information et comment la lire, sans être submergé par le flot d’information.

Un bon ministre pour le Mali est celui qui sait s’entourer, qui potasse ses dossiers et les maitrisent.

Il ne se fait pas capturer par ses fournisseurs qui lui reversent les 10%, sa famille, ses amis et son administration et sait dégager des orientations politiques claires.

Il sait déléguer et ne cherche pas à se mêler de tout, notamment des détails. Il respecte les frontières, du moins formellement, et il ne rentre pas en conflit avec les dirigeants d’une entreprise publique.

Séga DIARRAH

L’élection du président du conseil régional au suffrage universel direct est une avancée pour la démocratie locale

Conformément à la législation en vigueur, le Conseil régional est élu au suffrage Indirect par divers collèges électoraux à la suite des élections communales.

Le président du Conseil régional est élu par et parmi les membres du Conseil, son élection se déroule en même temps que celle des vice‐présidents dudit conseil.

Du point de vue de ses compétences, la caractéristique principale du Conseil régional réside dans le fait que disposant du pouvoir délibératif, il se trouve privé de la capacité d’exécuter ses décisions.

Ainsi, si les textes régissant la décentralisation au Mali précisent que les collectivités locales «élisent des assemblées chargées de gérer démocratiquement leurs affaires», ils affirment que «les gouverneurs exécutent les délibérations des assemblées régionales dans les conditions déterminées par la loi».

On retrouve des dispositions similaires dans la loi relative à l’organisation de la région qui, tout en énonçant que «les affaires de la région sont librement gérées par un conseil démocratiquement élu», confère néanmoins en application de la Constitution, l’exécutif au gouverneur du chef‐lieu de la région. Elle le fait dans le cadre de la définition de rapports assez particuliers entre la présidence du Conseil régional et l’autorité qui représente l’Etat dans la région.

Dans ce sens, l’exécution des délibérations du Conseil régional est du ressort du gouverneur du chef‐lieu de la région. Ce dernier prend toutes les mesures nécessaires à cet effet après avoir recueilli l’avis du président du Conseil régional.

Dans le cadre de la régionalisation au Mali, l’émergence de conseils démocratiques constitue l’un des objectifs majeurs.

Dans cet esprit, quelle serait la composition du conseil régional ?

Comment seraitil élu pour revêtir la pleine légitimité démocratique ?

Et quel nouveau fonctionnement du conseil l’habiliterait à gérer au mieux les affaires de la région ?

 

voici quelques propositions :

 

Le mode d’élection des membres du conseil régional sera le suffrage universel direct selon l’accord de paix inter-malien que je trouve innovent pour les raisons suivantes :

 

  • Conférer aux assemblées régionales, appelées à bénéficier dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de paix une certaine prééminence, une légitimité au moins égale à celle des assemblées communales dont les membres sont élus au suffrage universel direct.
  • Etablir des liens de proximité entre les élus et les citoyens de manière à stimuler une prise de conscience régionale chez les seconds et à soumettre les premiers au contrôle des électeurs.
  • Rendre possible l’organisation concomitante des élections régionales et communales, ce qui est de nature à éviter la démobilisation de l’électorat et à réduire l’abstentionnisme.

 

  • Le statut du Président du conseil régional (notamment son rôle et ses attributions) gagnerait également à être reconsidéré pour répondre aux exigences d’une régionalisation avancée.

 

Concernant cette question, l’idée est de trouver, en l’absence d’une élection directe du président, peu envisageable pour le moment a cause des réticences d’une partie de la classe politique Malienne, des mécanismes et des procédures qui permettraient d’asseoir un tant soit peu, dans le cadre du respect des résultats du suffrage, l’autorité du président sur le Bureau appelé à le seconder.

 

Pour cela, il conviendrait :

  • De maintenir l’élection du Président par le conseil régional,
  • De prévoir deux élections non simultanées, d’abord l’élection du président du conseil, suivie de l’élection des autres membres du bureau pour contribuer ainsi à mettre en exergue l’importance particulière du rôle du président.

A la différence de la situation actuelle, le Président du conseil régional exercera la fonction exécutive et disposerait également de l’ordonnancement des dépenses.

Ce nouveau statut d’essence démocratique répond aux objectifs suivants :

  • Concrétiser l’idée de la régionalisation avancée et élargie qui implique l’octroi, aux instances élues, d’attributions nécessaires à la prise en charge de la gestion locale.
  • Accompagner la nouvelle légitimité résultant de l’élection directe.
  • Aligner le statut du Président du Conseil régional sur celui du Président du conseil communal. Dans ce sens, le premier exercera, à titre d’exemple, les attributions suivantes :
  1. Exécuter le budget ainsi que les délibérations du conseil régional et établir le compte administratif
  2. Procéder aux actes de location, de vente, d’acquisition, d’échange et de toute autre transaction portant sur les biens du domaine privé régional,
  3. Conclure les conventions de coopération, de partenariat et de jumelage.

 

Toutefois, il y a lieu de préciser que pour l’exécution de ses décisions, le conseil régional serait doté de deux structures, la première répondrait aux critères d’une administration classique alors que la seconde serait une instance technique d’aide à la décision (nouvelle version de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales ANICT ?) qui veillerait à la bonne exécution des projets d’investissement du conseil régional.

 

Séga DIARRAH

Président de la RADE

Régionalisation et mise en œuvre de l’accord de Paix au Mali : Les pièges à éviter

La mise en œuvre de l’accord de paix est un chantier institutionnel fondateur. C’est pourquoi le gouvernement a des écueils à éviter, pour en assurer le succès.

La régionalisation consolide aussi les droits au pluralisme culturel et le respect des spécificités locales. S’y ajoute la fonction économique et de développement qui se fonde sur l’application de politiques économiques intégrées valorisant les ressources et les potentialités régionales et permettant d’avoir des régions aptes à impulser le développement et la création de pôles régionaux en totale cohésion.

La régionalisation permet également de passer outre la gestion administrative bureaucratique en adoptant une gestion optimisée privilégiant l’efficience et la proximité dans le cadre de la responsabilité, la légalité et la transparence. Autre bienfait du processus, celui de faciliter l’intégration et la cohésion spatiales et sociales.

Ce processus vise non seulement à remédier aux dysfonctionnements juridiques, administratifs, financiers et humains, mais aussi à parvenir à une bonne organisation régionale et de mettre un terme à certaines revendications autonomistes – et non séparatistes – de la part de quelques régions tentées de mettre en avant leur particularité culturelle.

 

Il y a, bien évidement, le mimétisme, le copier-coller qui est dangereux. S’il faut s’inspirer de ce qui a fonctionné dans de grandes démocraties, il n’est pas question d’évacuer le contexte national, sinon au prix d’un risque très fort d’échec.

Manifestement les régions actuelles ne correspondent pas aux entités concernées par l’accord de paix. Elles n’ont pas la cohérence désirée et le potentiel pour faire de la régionalisation une clé du développement intégré. Elles ont été conçues dans un souci électoraliste, sécuritaire, dans un Mali d’un autre temps.

Il est donc nécessaire de veiller à une cohérence territoriale basée sur les flux économiques, actuels ou à venir. Les aspects culturels, historiques sont bien sûr importants, sans que l’on puisse en faire un déterminant qui transcenderait la logique économique. Car le risque est de voir les régions coïncider avec des critères tribaux, ou pire ethniques. On voit déjà ici et là des tentations de ce genre surgir dans certains discours. Cela constituerait une double erreur.

Politiquement, une régionalisation sur des bases ethniques finirait par mettre à mal l’unité du pays et raviver les querelles ancestrales. Enfin il est évident que les dévolutions de compétences ne peuvent concerner l’éducation nationale parce que l’école doit rester un creuset d’intégration et les diplômes garder leur caractère national.

Il est important d’ouvrir un débat citoyen, riche et aminé sur la mise en œuvre de la régionalisation. Car il s’agit là, répétons-le, du plus grand chantier du Mali independant, rien de moins.

Le chantier de la mise en œuvre de l’accord de paix doit susciter partout de larges débats desquels doivent ressortir de nouvelles idées. Ce qui pourrait aider les autorités chargées de sa mise en oeuvre dans son travail de réflexion.

Il est indispensable d’avoir une vision claire à plusieurs niveaux dont celui relatif à la nature des institutions régionales prévues. A ce propos, il faut créer des institutions démocratiques dotées de moyens matériels et humains et destinées à jouir de prérogatives réelles qui ne laissent pas de place aux organes purement formels. Moyens qui font défaut dans l’expérience de la décentralisation menée jusque-là.

La même clarté de vision doit se retrouver dans certains aspects de la bonne gouvernance territoriale, au niveau notamment des prérogatives entre les différents niveaux territoriaux (centre, région, localité). Ces aspects font défaut dans l’expérience actuelle de la décentralisation, surtout en ce qui concerne la loi portant organisation des régions. Même s’il définit certaines compétences propres et d’autres transférées ou encore consultatives, ce texte n’échappe pas aux généralités qui engendrent des conflits de compétences et une dilution des responsabilités. S’y ajoute le problème des moyens.

L’accord de Paix au Mali est t-il synonyme d’autonomie ?

La régionalisation telle que définie dans l’accord de paix, qui entre dans le cadre d’un changement interne pouvant être encadré par la constitution et les lois nationales, suppose la mise en place d’une série de mesures qui permettent d’élargir la régionalisation administrative au niveau de certaines prérogatives et/ou certains moyens financiers et humains.

Elle pourrait permettre aussi de passer d’un mode électoral indirect à un autre direct en lien avec les élections des conseils régionaux sans que cela signifie une régionalisation politique dont l’autonomie est l’une des formes.

Quant à l’autonomie, il est à noter qu’elle traduit un système de gestion régionale qui peut mener à l’indépendance existentielle des organes décentralisés de différentes régions dans le cadre de la souveraineté et de l’unité nationales. C’est là un degré maximal que peut atteindre un Etat unitaire n’optant pas pour le fédéralisme.

Il faut rappeler que la régionalisation avancée ou élargie ainsi que l’autonomie sont devenues des modes de gestion territoriaux modernes. Mais le choix de l’un ou l’autre mode dépend de la nature fédérale ou unitaire de chaque Etat… L’étendue de la régionalisation pourrait même différer à l’intérieur d’un même Etat régionalisé. Dans ce cadre, les régions du Nord pourront ainsi bénéficier de larges compétences en comparaison avec d’autres région du Mali jouissant d’une régionalisation poussée, surtout si une solution politique négociée et définitive était trouvée sur la base des négociations avec les différents groupes armés.

Quoi qu’il en soit, et malgré les différences internes qui pourraient exister en matière de régionalisation et d’autonomie, leurs points communs restent la souveraineté de l’Etat et son unicité…

Il est important de poser cette question pour qu’on puisse lever toute équivoque. La régionalisation dans sa définition la plus simple renvoie à la possibilité donnée aux citoyens dans une zone territoriale donnée à gérer leurs affaires par eux-mêmes à travers des instances régionales élues ayant des prérogatives et des moyens pour réaliser le développement local. Mais sans rupture avec l’Etat et l’autorité centrale.

C’est-à-dire que la régionalisation n’est pas synonyme d’indépendance ni de morcellement. Elle est plutôt une forme de gestion locale dans le cadre d’un seul et même Etat.

Par contre, l’autonomie est régie par des règlements internationaux. Elle se recoupe toutefois avec la régionalisation en ce qui concerne les instances élues localement, les prérogatives et les moyens dévolus à la région.

Séga DIARRAH

Diarrah.com

Président de la Rade (Renaissance, Avenir, Développement, Emergence)

Larade.org

Le Mali en panne d’élites politiques

J’éviterais aujourd’hui d’égrener la liste des problèmes liés aux acteurs politiques Maliens depuis l’avènement de la démocratie et du multipartisme en 1991.

Cependant, depuis la dernière décennie, les piliers de la nation se fissurent les uns après les autres, à commencer par la sélection de son personnel politique.

Des politiques déconnectés du quotidien des Maliens

SI La voie d’accès à la politique doit passer par une carrière brillante dans la haute fonction publique, Celle-ci ayant perdu son aura, elle n’a plus son aspect formateur des élites au Mali. Résultat, on rentre en politique de plus en plus jeune pour se retrouver ministre ou député sans grande expérience du monde réel .

Tout membre de l’appareil du parti ou proche d’un responsable politique a vocation à exercer des responsabilités gouvernementales. Ainsi, le cocktail d’inexpérience, d’inculture économique, de dogmatisme idéologique et d’ambition personnelle qui caractérise une partie de la classe politique actuelle nuit à la qualité et à la cohérence des décisions publiques avec, parfois, des effets dévastateurs pour le pays .

La démagogie comme conséquence

La politique devient d’autant plus un « métier » que nombre de ses praticiens sont incapables d’en exercer un autre, ce qui accentue leur longévité sur la scène publique et fait obstacle au renouvellement des générations. Cette dépendance renforce la tendance des gouvernants à flatter l’opinion plutôt qu’à montrer la voie aux électeurs.

Schröder, Merkel, Blair :

Ces systèmes démocratiques ont su faire émerger des hommes neufs en phase avec leur temps, pourquoi pas nous au Mali ? Ces dysfonctionnements du système politique seraient atténués si la vie du pays en dépendait un peu moins.

Tous coupables :

Dans ce pays où l’on feint de croire qu’un gouvernement peut, par incantations et quelques tours de passe-passe technocratiques, « resoudre le problème du nord du Mali », tous sont coupables, les médias qui « oscillent entre complaisance et naïveté », le dépérissement des corps intermédiaires, les écoles supérieures et universités qui forment des mandarins et des notables, pas des innovateurs. Cette homogénéité étouffante des profils isole le Mali, qui stagne dans un monde qui avance.

Séga DIARRAH

 

Comment réussir la paix au Mali ?

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord inter-malien d’Alger pour la paix paraphé en mars 2015 et signé en Mai de la même année, les conseils régionaux joueront un rôle primordial pour le développement économique et social. Ils seront appelés à mettre en place des politiques de développement local et régional.

Après avoir dressé un état des lieux de la décentralisation au Mali, la note de synthèse aboutit à des propositions concrètes qui tiennent compte des pratiques internationales les mieux réussies.

L’état des lieux a permis d’identifier une série de mécanismes permettant de consolider les acquis de la décentralisation et d’ouvrir le champ de la régionalisation.

voici une note d’analyse et d’orientation sur la suite la décentralisation et au le DDR au Mali

https://drive.google.com/file/d/0B2Z6boxdzBOidHNHNFMzZ3lTcVk/view?usp=sharing

L’accord de Paix au Mali est t-il synonyme d’autonomie ?

sega-accueilLa régionalisation telle que définie dans l’accord de paix, qui entre dans le cadre d’un changement interne pouvant être encadré par la constitution et les lois nationales, suppose la mise en place d’une série de mesures qui permettent d’élargir la régionalisation administrative au niveau de certaines prérogatives et/ou certains moyens financiers et humains.

Elle doit permettre aussi de passer d’un mode électoral indirect à un autre direct en lien avec les élections des conseils régionaux sans que cela signifie une régionalisation politique dont l’autonomie est l’une des formes.
Quant à l’autonomie, il est à noter qu’elle traduit un système de gestion régionale qui peut mener à l’indépendance existentielle des organes décentralisés de différentes régions dans le cadre de la souveraineté et de l’unité nationales. C’est là un degré maximal que peut atteindre un Etat unitaire n’optant pas pour le fédéralisme.

Il faut rappeler que la régionalisation avancée ou élargie ainsi que l’autonomie sont devenues des modes de gestion territoriaux modernes. Mais le choix de l’un ou l’autre mode dépend de la nature fédérale ou unitaire de chaque Etat…

L’étendue de la régionalisation pourrait même différer à l’intérieur d’un même Etat régionalisé. Dans ce cadre, les régions du Nord pourront ainsi bénéficier de larges compétences en comparaison avec d’autres région du Mali jouissant d’une régionalisation poussée, surtout si une solution politique négociée et définitive était trouvée sur la base des négociations avec les différents groupes armés.

Quoi qu’il en soit, et malgré les différences internes qui pourraient exister en matière de régionalisation et d’autonomie, leurs points communs restent la souveraineté de l’Etat et son unicité…

Il est important de poser cette question pour qu’on puisse lever toute équivoque. La régionalisation dans sa définition la plus simple renvoie à la possibilité donnée aux citoyens dans une zone territoriale donnée à gérer leurs affaires par eux-mêmes à travers des instances régionales élues ayant des prérogatives et des moyens pour réaliser le développement local. Mais sans rupture avec l’Etat et l’autorité centrale. C’est-à-dire que la régionalisation n’est pas synonyme d’indépendance ni de morcellement. Elle est plutôt une forme de gestion locale dans le cadre d’un seul et même Etat.

Par contre, l’autonomie est régie par des règlements internationaux. Elle se recoupe toutefois avec la régionalisation en ce qui concerne les instances élues localement, les prérogatives et les moyens dévolus à la région.

De nos jours, tous les pays du monde, qu’ils soient riches ou en voie de développement, s’intéressent à la régionalisation. Le Mali n’échappe pas à cette tendance générale. Les motifs de l’adoption de la régionalisation diffèrent selon les circonstances particulières de chaque pays.

Les formes qu’elle peut prendre diffèrent aussi selon les objectifs qui lui sont assignés. Concernant la régionalisation tel que défini dans l’accord de paix inter-Malien , celle-ci vise à atteindre plusieurs objectifs.

Elle a une fonction politique à travers l’ancrage de la pluralité politique et l’approfondissement de l’exercice démocratique sur le plan local, lui donnant sa vraie et saine signification.

La régionalisation consolide aussi les droits au pluralisme culturel et le respect des spécificités locales. S’y ajoute la fonction économique et de développement qui se fonde sur l’application de politiques économiques intégrées valorisant les ressources et les potentialités régionales et permettant d’avoir des régions aptes à impulser le développement et la création de pôles régionaux en totale cohésion.

La régionalisation permet également de passer outre la gestion administrative bureaucratique en adoptant une gestion optimisée privilégiant l’efficience et la proximité dans le cadre de la responsabilité, la légalité et la transparence.

Autre bienfait du processus, celui de faciliter l’intégration et la cohésion spatiales et sociales. Ce processus vise non seulement à remédier aux dysfonctionnements juridiques, administratifs, financiers et humains, mais aussi à parvenir à une bonne organisation régionale et de mettre un terme à certaines revendications autonomistes – et non séparatistes – de la part de quelques régions tentées de mettre en avant leur particularité culturelle.

Le chantier de mise en œuvre de l’accord de paix est un projet historique dans tout le sens du terme.

Il constituera une rupture par rapport à la gestion depuis la capitale (Bamako) de toutes les affaires du pays.

Ce sera la fin de la centralisation de l’autorité. En effet, après la mise en place de la vision globale qu’aura trouvée le gouvernement, les régions auront un rôle efficient donnant la latitude au citoyen de gérer lui-même les affaires de la cité. Les instances dirigeantes de la région auront à ce moment-là toutes les prérogatives et les moyens nécessaires pour réaliser le développement local.

 

Mali : L’accord de paix ou l’avenir de la démocratie locale

 

Le compte à rebours de la mise en œuvre de l’accord de paix sera lancé le 15 mai à Bamako. Notre pays se doit de relever le défi historique de réussir la mise en œuvre de ses engagements. Les impératifs de cette exigence majeure sont multiples.

Le Mali dans son essence propre est pluriel. La mise en œuvre de l’accord de paix traduira à travers une organisation régionale générique l’expression différentielle de cette pluralité.

L’évolution historique du Mali milite aussi pour une gestation des affaires publiques par les collectivités Régionales. Dans le Mali historique, l’existence affirmée des territoires vassaux au royaume de Soudjata Keita a coïncidé avec des périodes de stabilité politique et généralement de progrès.

L’accord de paix inter-malien de par son ampleur institutionnelle, ses multiples implications, est une véritable refondation de l’Etat et de ses institutions, qui ouvre des perspectives inexplorées de cohabitation des différents niveaux de démembrement de l’Etat.

Ce n’est pas un simple relooking de la charte décentralisation. Il ne s’agit pas non plus d’une reforme technique du cadre régional existant.

Ce n’est pas un pas de plus dans le processus de décentralisation engagé depuis les années quatre vingt dix. C’est une mutation. La mise en œuvre de l’accord de paix implique l’institutionnalisation de la région.

 

La région aujourd’hui est une collectivité locale à part entière. Sans plus. Elle ne constitue pas encore le maillon névralgique de démembrement de l’Etat servant de liant entre la commune de base et l’Etat. La région est appelée à devenir une collectivité possédant les pouvoirs d’agir sur son destin régional dans l’ensemble national.

Comment doit en aller vers la mise en œuvre institutionnelle de l’accord de paix, et dans quel état d’esprit? Sereinement et sans appréhensions paralysantes.

 

Le déterminisme du développement durable imprime au Mali de s’affranchir de la frilosité envers la région. Il y a lieu d’éviter les péchés mortels inhérents à la démarche et surtout la pulsion centralisatrice de l’Etat.

 

Le devenir du Mali est dans sa région. C’est en régionalisant plus que l’Etat Malien sera plus unitaire.

 

Le Mali a aujourd’hui pour priorité de conduire avec succès son passage de la région unidimensionnelle à la région pluridimensionnelle. L’objectif étant de mettre au point le cadre régional de référence qui permettra a chaque région de s’épanouir.

L’Etat unitaire a visiblement atteint aujourd’hui ses limites. L’Etat à organisation régionale doit prendre la relève. Le potentiel local des différentes régions est étouffé par les lourdes structures de l’esprit étatique centralisateur.

 

La régionalisation bien conçue et bien menée contribuera au bon règlement des grands défis.

Le développement des atouts de l’économie, la lutte contre la pauvreté, l’éradication de l’analphabétisme, la dynamisation de l’emploi, la réalisation effective de l’Etat de droit seront mieux conduits et efficacement implantés dans le cadre de la régionalisation avancée.

L’Etat, évidemment, doit garder la main et sécuriser le processus.

 

Cependant, à l’exclusion de l’unité du territoire et celle de la nation et toutes leurs manifestations matérielles et symboliques qui sont exclusivement du ressort de l’Etat, le reste, tout le reste est potentiellement régional.

L’architecture des sphères de pouvoir doit etre articuler autour des trois blocs classiques de compétences: les attributions exclusives de l’Etat, celles de la région, et les compétences partagées.

LES PREALABLES FONDAMENTAUX

Les préalables dont il s’agit sont des exigences dont certaines sont à réalisation permanente. Ils sont d’ordre institutionnel et technique. La mise en œuvre de l’accord de paix implique la consolidation, l’approfondissement et surtout l’accélération de la réforme de l’Etat. Un grand bilan d’étape des chantiers ouverts est nécessaire pour assurer un bon lancement de l’ossature de l’organisation régionale.

La mise en œuvre de la reforme institutionnelle préconisée dans l’accord de paix permettra à l’Etat Malien de mieux se recentrer sur ses missions essentielles. L’Etat stratège et planificateur aura également pour mission fondamentale de garantir le développement équilibre des régions.

 

A ce stade, l’Etat se doit de se «délester» des structures publiques obsolètes et inopérantes dans le nouveau schéma régional.

La répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités territoriales devrait faire l’objet d’un large débat public et institutionnel. L’un des thèmes fondamentaux qui s’impose avec force aujourd’hui dans ce prélude historique à la redistribution des rôles institutionnels est celui de la définition législative de l’intérêt local/communal, de l’intérêt régional et de l’intérêt national.

 

Le principe de la progressivité dans la mise en œuvre de l’accord de paix est à étudier. Des paliers conditionnes de progression dans la régionalisation permettra aux régions qui bénéficient toutes au départ des mêmes compétences de base de progresser vers le seuil critique du statut de région de pleines compétences.

La mise en place de l’accord de paix introduit la nécessaire révision du nombre de conseillers et le mode de scrutin comme souligné dans l’accord. La légitimité électorale régionale ne peut se satisfaire d’un suffrage au deuxième degré. C’est pourquoi l’élection au suffrage universel direct est une avancée.

L’indice de développement régional s’apparentant à l’IDH est à mettre en place. Il permettra de classifier les régions et de mesurer les écarts de développement conditionnant l’éligibilité d’une région à un palier d’autonomisation.

Il s’agit, rappelons le, non pas d’autonomie de souveraineté mais d’autonomie de pouvoir.

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Le nouveau modèle Malien ne doit pas calqué sur le modèle allemand, Français ou espagnol. Il doit être une synthèse à la Malienne des modèles existants. Les systèmes régionaux en vigueur sont des réponses à des besoins et des cheminements historiques spécifiques. La régionalisation au Mali doit intégrer l’universalité de l’organisation régionale en induisant la particularité de l’évolution historique de l’Etat.

L’équilibre des rapports entre l’Etat et la région sera l’épine dorsale du nouveau schéma régional au Mali. Le modèle Malien doit être à la lisière de la décentralisation et du fédéralisme

 

Mes voeux de nouvel An : « L’armée Malienne, la clé de notre destin »

 Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2015.

Acceptons le Mali tel qu’il est. L’histoire n’est pas déterminé.

Elle n’est pas un mécanique bien huilé qui conduirait inéluctablement la nation Malienne vers un progrès mystique.

Elle n’obéit à aucune causalité unique, et l’incertitude qui la régit est la condition même de notre liberté. L’histoire est avant tout le fruit de la volonté des peuples et du rapport des forces qui s’établit entre eux.

On peut se lamenter sur cette dure réalité, on le la changera pas pour autant, sauf a pratiquer la politique de l’autruche. Il convient donc de tirer les conséquences de cette situation : si le destin des nations se joue en vertu des rapports de forces, mieux vaut pour un pays détenir le maximum de puissance.

Car celle ci s’analyse comme un gage de survie et de liberté. Elle permet de faire prévaloir son droit et ses intérêts et d’assurer son Independence. En un mot, la puissance est pour un peuple la clef de son destin.

 

Aujourd’hui, tout autant qu’hier, méconnaitre la nécessité de la puissance de nos forces armées et de sécurité conduit à de très graves déconvenues.

Le gouvernement ne doit pas se fixer pour seul but le dialogue et la négociation dans le cadre de la résolution de la crise au Nord du Mali. Son rôle consiste à permettre aux intérêts nationaux de l’emporter sur ceux, souvent opposés, des autres protagonistes.

 

Dès lors, il convient de faire évoluer en sa faveur la balance des forces en utilisant toute la palette des moyens auxquels une nation peut recourir.

La diplomatie intervient pour tirer les conséquences formelles de la situation, c’est à dire pour récolter les dividendes du rapport de forces existant. 

L’ art de la négociation ne peut modifier que très marginalement et très exceptionnellement cette réalité fondamentale. 

Le meilleur diplomate ne fera pas d’un pays vaincu une nation victorieuse

Malheureusement, le gouvernement ne cherche plus à modifier les rapports de forces sur le terrain au bénéfice du Mali. Seule l’anime une obsession frénétique de dialogue et de négociation.

Comme si sa seule tache était d’entretenir des contacts mondains avec les groupes armés.

Croire que pour tout conflit il y a une solution négociable est une profonde erreur qui ne peut conduire qu’aux pires déboires. 

Lorsque le rapport des forces n’est pas favorable, le dialogue conduit à l’impasse, car l’adversaire ne considèrera rien.

Si aucune véritable solution négociée n’est possible à Alger, c’est précisément parce que les groupes armés sont en position de force.

Dès lors, refuser d’engager l’épreuve de force militaire sur le terrain avec l’adversaire, c’est à terme, entériner sa victoire.

De même, vouloir négocier avec des organisations terroristes sans prendre des gages, sans exercer de représailles, c’est s’exposer à subir les pressions de l’adversaire et à devoir finalement accepter ses conditions.

 

La révolution à la Malienne

 

Il convient de rendre sa puissance au Mali. Je rassure tout de suite les bonnes âmes : la puissance n’est pas une conception exclusivement militaire. Elle est tout ce qui renforce la nation.

 

Au premier rang vient la population. car “ il n’est richesse que d’homme”. Une nation puissante s’appuie nécessairement sur un peuple nombreux et jeune.

Notre puissance et notre survie dépendent des courbes de la natalité Malienne.

Le regain démographique, c’est le retour à la jeunesse, donc à l’esprit de conquête, c’est la vigueur, l’affirmation de soi, l’enthousiasme et l’ambition, bref, la vie et la puissance. La natalité n’est donc pas une question personnelle, c’est aussi l’affaire de la communauté toute entière, et il est criminel de faire le silence sur le complot contre notre pays à travers les programmes de planification familiale.

Une grande politique nataliste est urgente et vitale aujourd’hui au Mali 

La puissance repose aussi sur l’économie.

Le plus souvent, les pays sont classés selon l’importance de leur produit national brut. Car la richesse matérielle et la capacité de production ouvrent des possibilités d’action immenses et donnent des moyens d’expansion considérables.

 Encore faut t il que les potentiels industriels et financiers ne soient pas les rouages d’une machine obéissant à une logique contraire à l’intérêt de la nation.

 Pour échapper à ce destin funeste, le gouvernement doit développer des actions offensives en misant sur la constitution ou le développement de grandes entreprises Maliennes capables de concurrence les sociétés Asiatiques et de la sous région.

 

Enfin, la puissance est aussi militaire. Et sous cette forme, elle est essentielle. Car en dernier ressort, c’est elle, et elle seule qui est décisive.

Or dans ce domaine, le Mali se laisse affaiblir.

Ne nous leurrons pas. Notre défense face au terrorisme est restée d’autend plus solide que notre territoire est géographiquement inclus dans la zone contrôlée par les forces Francaises et Africaines. Notre Independence est donc loin d’être aussi totale qu’on nous l’a dit.

La volonté de puissance

Nous sommes les héritiers d’une civilisation de conquête, qui eut, tout au long de l’histoire, le génie de refuser la superstition et l’obscurantisme.

 Réanimons alors la flamme de nos ancêtres et renouons avec l’esprit prométhéen de notre culture. Notre avenir est dans notre volonté de puissance

Je vous souhaite à tous, bonne et heureuse année 2015

L’offensive industrielle

Il est impératif de développer une stratégie industrielle offensive, en appliquant notamment les principes de l’intelligence économique.

Le gouvernement doit mettre en place des comités stratégiques, secteur par secteur, afin de mobiliser, à côté des entreprises concernées, tous les moyens de l’État et de les concentrer sur des objectifs opérationnels : conquérir le marché national et sous régional, créer un grand groupe industriel national ou sous régional, riposter à une offensive commerciale chinoise.

Dans cet esprit, il est essentiel que l’État suscite et porte à nouveau de grands projets industriels d’intérêt national.

La puissance publique devrait réagir par la mise en œuvre de projets de grande ampleur pour libérer le Mali de cette dépendance asiatique pour les produits de prémière néccessité (riz, sucre, mil etc). De grands projets devraient être développés par ailleurs dans tous les secteurs de la haute technologie, ceux qui conditionnent l’avenir.

Plus globalement, Je pense que le gouvernement doit se préoccuper de susciter, favoriser et encourager la création de grands groupes industriels capables de devenir, chacun dans leur secteur, des numéros un sous régionaux. Il faut à notre Pays une véritable stratégie industrielle visant à placer le Mali en tête dans tous les domaines d’activité possibles.

12 Propositions pour une armée républicaine et efficace au Mali

  1. Prendre en compte les menaces potentielles, notamment en provenance du Nord.
  2. Se protéger de la volonté hégémonique des occidentaux en se libérant de la tutelle de la France
  3. Créer une Alliance militaire avec les pays du Sahel pour constituer par la coopération entre les armées nationales une force militaire de premier plan qui puisse à terme devenir l’équivalent de l’armée Française.
  4. Constituer une force armée d’intervention polyvalente puissament équipée en hélicoptères, missiles et blindés, et capable d’intervenir rapidement et efficacement pour protéger les intérêts du Mali.
  5.  Renforcer l’armée de l’air en la dotant des appareils indispensables à toute opération militaire d’envergure
  6. Instituer une garde nationale formée de volontaires et de réservistes afin d’assurer la sécurité de la population et du territoire Malien.
  7. Rattraper le retard pris dans l’équipement des armées.
  8. Renforcer les services de renseignements et les doter des moyens de haute technologie.
  9. Développer l’esprit de défense notamment en faisant à l’école la promotion des valeurs de patriotisme, de courage et de service.
  10. Donner à l’armée la considération qui lui est due au regard de l’éminente mission de protection qui est la sienne.
  11. Valoriser le statut des militaires de carrière afin d’améliorer leurs conditions matérielles et de leur rendre le prestige auquel ils ont droit.
  12. Honorer les anciens combattants en raison des sacrifices qu’ils ont consentis pour la nation et leur accorder un surcroît de considération.

10 Propositions pour un enseignement de qualité et de Masse au Mali

L’éducation des enfants relève prioritairement et naturellement des parents, cependant leur instruction s’organise de façon quasi exclusive au sein des écoles, publiques ou privées.

Les familles attendent donc de l’école l’apprentissage des savoirs de base (lire, écrire, compter) et la transmission d’un certain nombre de connaissances essentielles à la vie en société et à la compréhension du monde actuel.

  1. Introduire entre les écoles une saine émulation qui pousse à l’amélioration de la qualité des enseignements.
  2. Diversifier les cursus secondaires de sorte que chacun puisse suivre une voie correspondant à ses goûts et à ses capacités.
  3. Instaurer les études professionnelles en alternance pour que cette filière bénéficie du prestige et de l’attrait que méritent les métiers manuels.
  4. Fixer pour objectif à l’école fondamentale d’apprendre à lire, écrire et compter, objectif qui, bien qu’essentiel, n’est plus atteint aujourd’hui par tous les élèves.
  5. Mettre à l’honneur le goût de l’effort à l’école sans lequel il n’y a pas d’apprentissage possible.
  6. Faire respecter les règles de discipline à l’école au moyen de sanctions à l’encontre de ceux qui les enfreignent.
  7. Assurer l’autorité des enseignants en veillant à ce qu’ils soient soutenus par leur hiérarchie et que ceux qui leur manquent de respect soient sanctionnés.
  8. Améliorer la condition matérielle des professeurs dont l’utilité pour la communauté nationale doit être reconnue.
  9. Accorder aux universités une réelle autonomie garante de la qualité des enseignements et de l’amélioration permanente du niveau d’études.
  10. Permettre une pratique continue du sport de l’école fondamentale à l’université en application du précepte « un esprit sain dans un corps sain ».

08 Propositions pour une justice équitable au Mali

Pouvoir régalien de l’Etat, la justice est principalement chargée de défendre les honnêtes gens et de punir ceux qui enfreignent la loi.

  1. Doter les tribunaux des moyens nécessaires pour permettre aux juges d’accomplir leur mission dans les meilleures conditions.
  2. Augmenter les effectifs de la magistrature de façon à résorber l’engorgement des cours de justice et à réduire les délais de jugement.
  3. Proscrire la syndicalisation de la magistrature qui est incompatible avec la nécessaire indépendance des juges.
  4. Appliquer le principe pénal de la dissuasion pour obtenir une diminution de la délinquance financière
  5. Soumettre à référendum le rétablissement de la peine de mort afin de laisser le peuple seul juge de l’instauration de cette peine conçue comme clef de voûte du système pénal.
  6. Resserrer la marge d’appréciation des juges dans la fixation des peines afin d’éviter une trop grande disparité des sanctions selon les magistrats et les tribunaux.
  7. Valoriser le statut des surveillants de prison qui effectuent une tâche essentielle et délicate au service de la communauté nationale.
  8. Créer des centres spécialisés de détention pour les fonctionnaires et agents de l’état condamnés afin qu’ils puissent purger leur peine dans un établissement adapté.

L’heure du renouveau

au chapitre de l’honnêteté, la classe politique Malienne est aujourd’hui totalement discréditée. Les affaires de corruption se sont multipliées, touchant aussi bien les membres du parti au pouvoir que de l’opposition, et les partis traditionnels offrent quotidiennement le triste spectacle d’une caste de privilégiés qui ne songe qu’à défendre ses places et ses prébendes.

Mon combat, c’est de réussir un Mouvement national républicain qui s’honorera de cultiver une éthique exigeante du service désintéressé de la communauté. C’est ce qui me conduit à prendre le chemin opposé alors que j’avais la possibilité de rejoindre les partis de l’établissement pour jouir aussi des avantages qu’offrent les positions officielles.

Et ce choix constitue pour moi, au-delà même de l’impératif moral, un atout décisif. Car l’éthique du service ne peut que susciter l’adhésion des Maliens, alors que la magouille politicienne provoque indifférence et mépris.

La reconnaissance des qualités morales des dirigeants est la première condition du soutien populaire. Comment, sinon, créer la confiance et entraîner l’adhésion, comment susciter un vaste élan sans le respect qu’inspirent la vertu, le courage et la volonté ?

Le Mali est plongé dans un monde de plus en plus complexe, agité d’innombrables conflits. Les êtres intelligents qui nous gouvernent pensent qu’il faut donner aux problèmes inextricables qui résultent de ces données nouvelles des réponses subtiles et sophistiquées, et c’est pourquoi, perdus dans leurs conjectures, ils ne font plus rien. Enfermés dans des raisonnements strictement formels, ils n’ont plus prise sur la réalité, sinon ils sauraient que, pour résoudre une question complexe, il faut en politique avoir des idées simples.

A cet égard, Je reste animé par quelques idées forces. L’intérêt national est de celles-là. Une préoccupation qui, de tout temps, mesert de boussole pour déterminer le chemin à suivre et me donne, par rapport à mes adversaires, une assurance incontestable car elle fournit un repère permanent lorsque d’autres ne savent plus où aller ni que faire.

Une autre idée fondamentale est liée à l’impératif de protection, lequel exige de toujours prévoir pour envisager le pire et être en mesure de l’éviter. Certains, pour cela, me compare à Cassandre mais, en réalité, ils oublient qu’il s’agit là d’une obligation supérieure du politique que nos gouvernements actuels, dépourvus de clairvoyance et donc toujours surpris par les événements, semblent avoir perdue de vue.

Séga DIARRAH

Qu’allez-vous faire?

Aujourd’hui, le monde entier nous regarde et  nous juge. Il voit notre  patrie envahie, déchirée, impuissante, qui doute et se dissout. Il la contemple toute essoufflée sur le bord du chemin et nous demandent: « Qu’allez-vous faire ? »

Sans hésiter, Nous Je réponds: reprendre la route et ouvrir au Mali les voies de la renaissance. Tel est mon combat. je n’ai d’autre ambition que la survie, la liberté, la prospérité et la grandeur de notre peuple, et si je m’oppose aujourd’hui à la classe politicienne, c’est parce qu’elle me paraît mener le Mali au déclin et que le temps me semble venu d’une grande alternance politique qui redonne aux Maliens la foi en eux-mêmes et en leur destin.

Certains vous auront dit tout autre chose sur mon compte: je crois qu’ils se trompaient ou qu’ils vous trompaient.

Quoi qu’il en soit, voici ma vérité sur le Mali.

Jugez vous-mêmes!

Séga DIARRAH

La Renaissance Malienne

Nous vivons le début d’une ère nouvelle. Un basculement politique et idéologique d’envergure déstabilise la classe politique Malienne d’aujourd’hui. Les forces politiques issues de la révolution de 1991 se disloquent.

Dans cette perspective, j’ai pris la véritable dimension en me situant dans la logique de ces formidables mutations.

La véritable alternance est d’une tout autre ampleur : c’est celle qui m’oppose à notre classe politique actuelle.

D’un coté, une classe politicienne décadente, imbue de théories cosmopolites, qui se bat pour sa survie.

Mon combat est de constituer une force populaire qui luttent pour le pouvoir. Tels sont les termes de la grande alternance dont dépend aujourd’hui le sort de notre pays.

Gageons que notre pays connaitra demain le sort qui fut, celui dont rêvait le Président Modibo Keita, car on distingue déjà les signes avant-coureurs de son crépuscule.

Alors, nous allons assurer la relève.

Mais soyons en sûrs, jamais l’aigreur des médiocres  n’arrêtera le cours de l’histoire.

Séga DIARRAH