Séga Décrypte #14 : L’islam au Mali

sega DIARRAH

Issu d’une contestation de l’ordre colonial et d’une réforme de l’enseignement islamique, le Mali a adopté un islam sunni et populaire qui favorise l’adoption de nouvelles normes et des modes d’action sociale inédits.

La montée d’un islam politique au Mali après l’avènement de la démocratie s’inscrit dans un contexte où l’accès à l’information, comme la mobilité des personnes et des biens, renforcent le sentiment d’appartenance à l’Oumma, où le savoir enseigné, constamment en circulation, joue un rôle de ciment.

Dans cette vidéo, je vous explique  le poids de ces transformations et le mouvement de réforme interne de l’islam au Mali.

Mes sources :

  • Coran, sourate « Le Très Haut » (sura’t AlAla ), 87.
  • Dans le contexte malien, la tendance sunni définit la part des musulmans qui font de la tradition prophétique (sunna ) la base de leur réinvestissement de la foi ou de la réislamisation. Contrairement au contexte arabe, le sunnisme au Mali ne se définit pas spécifiquement par opposition au chiisme (qui est très minoritaire : près de 98 % des musulmans maliens sont sunnites, de rite malékite), mais bel et bien par rapport aux traditions confrériques qu’il rejette.
  • L’UCM, fondée à Dakar dans les années 1940, eut des antennes dans les principaux foyers réformistes de l’Afrique occidentale française (AOF). Au Mali, elle fut dissoute par Modibo Keita à son arrivée au pouvoir.
  • Entre 1980 et 1990, le taux de scolarisation dans l’enseignement public malien ne cesse de diminuer : s’élevant à 30 % en 1980, il n’atteint plus que 21 % en 1996. En 2008, la proportion des enfants fréquentant l’école primaire a nettement augmenté, passant à 61 %.
  • En 1981, les médersas accueillent 36,62 % des enfants en âge de suivre l’école primaire, et en 1987, entre un quart et un tiers des élèves (L. Brenner, op. cit. [2]). Entre 2002 et 2009, le nombre des médersas est passé de 840 à 1 631. Entre 2001 et 2009, le nombre d’enfants inscrits en premier cycle en médersas passe de 121 657 à 240 579. En 2009, 60 % des enfants du premier cycle étaient scolarisés en école publique, 18 % dans les écoles communautaires, 12 % dans les médersas, enfin 10 % dans les écoles privées non confessionnelles (ministère de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales du Mali, Annuaire national des statistiques scolaires de l’enseignement fondamental 2002-2003 et 2008-2009, Gouvernement du Mali ).
  • Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle/ministère de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales/ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Programme d’investissement pour le secteur d’Éducation. Descriptif de la troisième phase (PISE III), mars 2010.

 

Séga Décrypte #12 : pourquoi l’école Malienne n’est pas performante

Dans cette vidéo, je vous explique pourquoi le système éducatif Malien est l’un des moins performants dans le monde.

Les problèmes actuels de l’éducation au Mali trouvent leurs sources dans les politiques mises en place dans un passé plus ou moins récent.

sources :
L’éducation au Mali
Diagnostic pour le renouvellement de la politique éducative en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire ( Banque Mondiale)

POLITIQUE DE L’EDUCATION AU MALI DE 1884 à 2012: ENTRE RUPTURE ET ADAPTATION ( Adama Coulibaly)

Entre État et populations : I’école et I‘éducation en devenir (Étienne Gérard ORSTOM)

Mali : L’étrange écroulement

c’est assez sidérant de voir à quel point le RPM (Rassemblement pour le Mali) s’effondre. Depuis l’élection legislative partielle de Baraouéli, il a fait un pas de plus vers l’auto-destruction.

Aucun leader n’apparait, que ce soit pour présider le parti ou être le candidat en 2018 éventuellement.

Tous sont dans les petites tactiques à courte vue pour placer ses propres pions ou ceux de son camp.

Je ne vois absolument pas le bout du tunnel, d’autant plus que l’image du parti en est fortement dégradée.

Je pense que le RPM va soit exploser, soit se transformer en une vaste pétaudière où plus rien n’avance.

La deuxième option apparait la plus probable.

L’opposition politique au Mali à tout pour être optimiste, tellement IBK est au fond du trou…

Parce que l’écroulement, il est aussi de l’ensemble des Partis de la majorité Présidentielle.

Plus on avance dans le quinquennat, plus on voit la majorité se déliter et se réduire.

Il reste moins de trois ans à tenir, je ne vois pas comment on va y arriver, car il n’y aura ni démission de IBK, ni dissolution.

Cela équivaudrait à un suicide, et s’il y a une chose que les élites Maliennes ne feront pas, c’est bien ça. On va donc avoir une mise à l’écart de IBK, déjà bien complètement discrédité.

Tout s’effondre. mais rien ne sort de terre!

Tout s’effondre mais rien ne change ni a la Mouvence Présidentielle, ni à l’Opposition: leurs socles d’audience respectifs dans un réflexe panurgien continueront à suivre.

les votes contestataires seront en haut de leur jauge  compte tenu du climat socio économique du moment.

Le transfert des electeurs de la majorité vers l’opposition va maintenir l’équilibre.
Des régroupements comme le Collectif BI-TON pourront emerger s’ils ont une adhésion massive, car un boulevard est ouvert devant eux.

La décomposition du paysage politique Malien est inquiétante, mais c’est en même temps une porte de sortie, car le Mali est un pays bloqué, et cela depuis longtemps.

Il faut que cela change, et alors que tous (moi compris) ont pensé que cela finirait pas une révolution plus ou moins violente, on pourrait avoir une auto-dissolution des structures de pouvoir, qui s’écroulent sans le moindre mouvement social.

Comment gérer cela ?

on est dans l’inconnu et le trou noir…

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

Quelle élite serons nous ?

Je lis assez souvent des commentaires sur la « crise de gouvernance » qui est surtout la crise d’une gestion calamiteuse par une ‘élite » incompétente et irresponsable au Mali.

Je souscris pleinement à ce constat, et je pense qu’il est valable pour beaucoup de secteurs.

Au Mali, il est de tradition que les responsables  s’en mettent plein les poches, financièrement et symboliquement, et partent en retraite (payée par nous) au moment où tout s’écroule.

Ils ont géré ce pays pour eux, sans vraie vision, sans la moindre croyance en quelque chose.

Quasiment une génération nihiliste, qui a habillé le vide de sa pensée, du moins au début, par des théories fumeuses , toutes plus inapplicables et délirantes les unes que les autres.

Et puis dans les années 2000, ils n’ont plus cherché à cacher cela, et l’ont même valorisé dans un culte indécent de la réussite économique. Que nous laissent-ils ? Un champ de ruine économique, un pays en guerre, un pays sous tutelle, mais surtout un vide intellectuel et moral abyssal !

Mais plutôt que passer notre temps à nous lamenter, il faut construire ce que sera la nouvelle société Malienne dans les 30 ans qui viennent, car nous arrivons au pouvoir, par la force des choses et de la biologie du vieillissement de nos aînés.

Que voulons nous, pourquoi vivons nous ?

Ces questions, nos aînés n’ont pas su y répondre car ils ont été les premiers à vivre dans une période réellement en paix, sans menace de guerre, sans famine, sans épidémie. Avant, la réponse était assez simple : survivre. Mais une fois que c’est acquis, que fait-on ?

Je dois vous avouer que ce n’est pas gagné !

Certes, nous avons des exemples de ce qu’il ne faut pas faire, des impasses dans lesquelles se sont fourvoyés nos aînés.

Nous connaissons aussi la menace que représente le vide idéologique et moral, car la nature a horreur du vide.

On ne peut donc pas rester à rien faire, du moins quand « l’idéologie par défaut » ne nous apparait pas acceptable en totalité ou en partie.

C’est bien beau de baver sur nos aînés, mais serons nous capables de faire mieux ?

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

 

10 Propositions pour un enseignement de qualité et de Masse au Mali

L’éducation des enfants relève prioritairement et naturellement des parents, cependant leur instruction s’organise de façon quasi exclusive au sein des écoles, publiques ou privées.

Les familles attendent donc de l’école l’apprentissage des savoirs de base (lire, écrire, compter) et la transmission d’un certain nombre de connaissances essentielles à la vie en société et à la compréhension du monde actuel.

  1. Introduire entre les écoles une saine émulation qui pousse à l’amélioration de la qualité des enseignements.
  2. Diversifier les cursus secondaires de sorte que chacun puisse suivre une voie correspondant à ses goûts et à ses capacités.
  3. Instaurer les études professionnelles en alternance pour que cette filière bénéficie du prestige et de l’attrait que méritent les métiers manuels.
  4. Fixer pour objectif à l’école fondamentale d’apprendre à lire, écrire et compter, objectif qui, bien qu’essentiel, n’est plus atteint aujourd’hui par tous les élèves.
  5. Mettre à l’honneur le goût de l’effort à l’école sans lequel il n’y a pas d’apprentissage possible.
  6. Faire respecter les règles de discipline à l’école au moyen de sanctions à l’encontre de ceux qui les enfreignent.
  7. Assurer l’autorité des enseignants en veillant à ce qu’ils soient soutenus par leur hiérarchie et que ceux qui leur manquent de respect soient sanctionnés.
  8. Améliorer la condition matérielle des professeurs dont l’utilité pour la communauté nationale doit être reconnue.
  9. Accorder aux universités une réelle autonomie garante de la qualité des enseignements et de l’amélioration permanente du niveau d’études.
  10. Permettre une pratique continue du sport de l’école fondamentale à l’université en application du précepte « un esprit sain dans un corps sain ».