Il faut Responsabiliser les députés

On reproche aux députés d’être des lâches, de ne pas s’opposer frontalement mais seulement par la bande, de s’investir sur des détails.

Mais ont-ils le choix ?

Pas franchement, car le système est organisé de telle manière qu’ils soient dans le rôle des bons petits soldats, dans la majorité ou l’opposition. Imaginez un député de l’opposition qui voterait, sur un texte particulier, avec le RPM alors que son groupe est contre. Il se ferait mal voir, autant qu’un député RPM votant contre un texte du gouvernement.

Peut-on leur demander d’être des électrons libres, totalement incontrôlables, avec lesquels il faut sans cesse négocier.

Pour le gouvernement, c’est épuisant. Sans compter tous les trublions qui cherchent à se faire leur pub personnelle en se singularisant par des positions outrées, plus ou moins sincères, qui attireront à coup sûr les micros et les caméras (façon Oumar Mariko). Il faut un minimum de discipline parlementaire.

La décision politique est collégiale, même si certains s’acharnent à faire croire qu’ils décident de tout sur tout.

Il faut donc revoir les équilibres internes pour redonner une meilleure place aux parlementaires, pour qu’ils aient plus de poids.

Cela passe plus par des petites modifications techniques que par de grandes envolées lyriques ou des décisions spectaculaires.

On sait que le gouvernement ne pourra pas s’empêcher d’utiliser à son profit les instruments dont il dispose. Rognons donc les instruments à travers une reforme audacieuse de nos institutions.

Est-ce que ça ne passerait pas déjà simplement par l’anonymisation des votes à l’Assemblée ?

Mais avant cela, il faudrait d’abord que les oppositions soient plus constructives avant qu’on puisse s’en passer.

 

Séga DIARRAH