Kidal : Boubeye avait mal calculé

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Le premier ministre du Mali Soumeylou Boubeye Maiga est bien ennuyé.

Il avait entamé jeudi une visite dans le nord et le centre du pays qui devrait le mener à Kidal. Comme tous les spécialistes  raisonnables disaient que cette ville  était sous contrôle de l’ex-rébellion (CMA), il aurait négocié et accepté toutes les conditions fixées pour sa venue avec le soutien de la MINUSMA.

 

Il lui suffisait de tenir un discours accommodant pour être accepté. c’est pourquoi il avait déclaré que « La meilleure démarche est donc de se rendre sur place, sans arrogance, avec le sens de l’écoute, connaître les attentes urgentes des populations ».

Mais le parachute s’est ouvert trop tôt. L’ex-rébellion n’a aucun contrôle sur  les groupes terroristes qui ont montré une fois de plus qu’ils sont les véritables maitres de l’adrar des Ifogas.

Cinq soldats français ont été légèrement blessés jeudi par des tirs contre le camp des forces de l’ONU (Minusma) et de l’armée française à Kidal

Les auteurs seraient vraisemblablement les groupes terroristes.

Mais Rassurez-vous, Soumeylou Boubeye Maiga ne quittera pas le gouvernement, il ne le souhaite pas et surtout, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) ne le souhaite pas.

Malgré l’absence de l’Etat dans le nord du Mali, la situation de la ville de Kidal est symbolique. 

Nos partenaires refusent au gouvernement d’exercer son autorité sur cette ville, berceau de toutes les rebellions au Mali.

C’est un choix qui n’est pas sans inconvénients, et qui est, à mon avis, un aveu de faiblesse de notre diplomatie.

Nos partenaires ne se sentent  pas capable de résister aux pressions de groupes bien organisés.  Ils reculent constamment devant les demandes de communautés, qui en l’absence de chiffres officiels et fiables affirment ce qu’elles veulent et ce qui les arrangent.

Alors que la présence de la MINUSMA à Kidal était censée être un moyen d’empêcher la majorité de brimer la minorité, nous sommes arrivés à la situation inverse.

Ce sont les minorités qui grignotent du terrain et réclament toujours plus, bien au delà de ce qu’ils représentent réellement, la meilleure tactique étant de se présenter en victime.

J’attends le début de la campagne présidentielle afin qu’un véritable débat ait lieu sur la situation de Kidal, un débat qui puisse être relayé dans les médias car cette question politique ne doit pas être confinée dans les lieux privés du pouvoir, mais au contraire, largement débattue sur la place publique

sega diarrah

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