Le Mali en panne d’élites politiques

J’éviterais aujourd’hui d’égrener la liste des problèmes liés aux acteurs politiques Maliens depuis l’avènement de la démocratie et du multipartisme en 1991.

Cependant, depuis la dernière décennie, les piliers de la nation se fissurent les uns après les autres, à commencer par la sélection de son personnel politique.

Des politiques déconnectés du quotidien des Maliens

SI La voie d’accès à la politique doit passer par une carrière brillante dans la haute fonction publique, Celle-ci ayant perdu son aura, elle n’a plus son aspect formateur des élites au Mali. Résultat, on rentre en politique de plus en plus jeune pour se retrouver ministre ou député sans grande expérience du monde réel .

Tout membre de l’appareil du parti ou proche d’un responsable politique a vocation à exercer des responsabilités gouvernementales. Ainsi, le cocktail d’inexpérience, d’inculture économique, de dogmatisme idéologique et d’ambition personnelle qui caractérise une partie de la classe politique actuelle nuit à la qualité et à la cohérence des décisions publiques avec, parfois, des effets dévastateurs pour le pays .

La démagogie comme conséquence

La politique devient d’autant plus un « métier » que nombre de ses praticiens sont incapables d’en exercer un autre, ce qui accentue leur longévité sur la scène publique et fait obstacle au renouvellement des générations. Cette dépendance renforce la tendance des gouvernants à flatter l’opinion plutôt qu’à montrer la voie aux électeurs.

Schröder, Merkel, Blair :

Ces systèmes démocratiques ont su faire émerger des hommes neufs en phase avec leur temps, pourquoi pas nous au Mali ? Ces dysfonctionnements du système politique seraient atténués si la vie du pays en dépendait un peu moins.

Tous coupables :

Dans ce pays où l’on feint de croire qu’un gouvernement peut, par incantations et quelques tours de passe-passe technocratiques, « resoudre le problème du nord du Mali », tous sont coupables, les médias qui « oscillent entre complaisance et naïveté », le dépérissement des corps intermédiaires, les écoles supérieures et universités qui forment des mandarins et des notables, pas des innovateurs. Cette homogénéité étouffante des profils isole le Mali, qui stagne dans un monde qui avance.

Séga DIARRAH