Le naufrage avant la résurrection

Il y a parfois des téléscopages dans l’actualité qui en disent beaucoup.

Tout d’abord, le gouvernement a decidé de faire adopter  le changement de la constitution par l’assemblée Nationale au lieu de passer par un référendum.

Avant même que les débats au parlement ne commencent.  On peut parier que la nouvelle constitution sera adoptée.

En même temps, on apprend que  deux soldats maliens et deux civils ont été tués lundi dans le nord du Mali, près du Niger, au cours d’une attaque menée par des jihadistes présumés, selon une source sécuritaire et le ministère de la Défense.

En 2013 , Ibrahim Boubacar Keita a été élu sur un espoir, celui du changement.

Il s’agissait de la dernière cartouche des partis de 1991.

La déception a été au rendez-vous, le RPM poursuivant, grosso modo, la politique de ATT, avec des résultats équivalents.

Voire pire, car au moins, Amadou Toumani Touré  avait le mérite d’être un Président modeste. Ce gouvernement de IBK, c’est des mesures tièdes, affadies par des reculades dès le premier grognement des groupes armés.

« Le Mali d’abord  » s’avère être la plus belle escroquerie politique des 20 dernières années.

On est devant un grave problème politique, car un gouvernement qui recule aussi vite, qui modifie sa constitution sous la pression,  c’est dramatique.

Cela veut dire qu’il est conscient de ne plus être légitime, de ne plus avoir le soutien nécessaire pour tenir.

C’est vrai que quand on voit l’état dans lequel se trouve le Présient IBK, ça fait juste pleurer.

Sa dernière grande initiative, c’est de financer les fêtes  réligieuses (Maouloud).

C’est profondément désespérant.

Si les partis de la Majorité Présidentielle  n’ont plus de programme, plus de ligne directrice, pourquoi les opposants s’embêteraient à en avoir.

Pour autant, je ne crois pas à une emprise durable des leaders réligieux. leurs  succès viennent de la faiblesse de la classe Politique.

Si les leaders réligieux  avaient dû conquérir le pouvoir, ce serait déjà fait. La vraie solution pour faire reculer l’influence des leaders réligieux est une réforme profonde de la classe politique, afin qu’à défaut d’avoir des résultats économiques et sociaux, les élus soient au moins plus proches, dans leurs manières de penser et d’agir, de leurs concitoyens.

L’espoir n’est pas perdu, car des organisations  à l’image du collectif Bi-TON sont en passe de renverser la tendance (enfin, je croise les doigts).

 Une ouverture existe pour un renouvellement en profondeur du personnel politique. On en a bien besoin…

Il manque encore des réformes pour arriver à une véritable révolution politique.

La première réforme et la plus difficile, est culturelle. Il faut que les citoyens Maliens cessent d’être monarchistes, cherchant un homme providentiel à qui donner un blanc seing, histoire de se dédouaner de toute responsabilité.

Il est peut-être temps de se prendre en mains, en adultes qui n’attendent pas que tout tombe du ciel…

Je sais, je rêve…

Séga DIARRAH

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