L’éthique et le religieux au Mali

diarrah.com

quelques jours après le concert de IBA One et du Mahouloud de Cherif Ousmane Madani Haidara, voilà que ce dernier est de nouveau sous le feu des critiques sur les réseaux sociaux pour avoir offert sa tribune aux hommes politiques notamment le président IBK.

Je vois beaucoup d’analogie dans les deux cérémonies. Ce sont d’abord et avant tout des shows médiatiques, montés par deux organisations très pointues dans ce domaine.

Cherif Ousmane Madani Haidara est sans doute le meilleur organisateur d’évènements que je connaisse, avec plusieurs années d’expérience, une capacité à s’adapter à son public.

Il a une capacité à manipuler les citoyens en leur donnant ce qu’ils veulent : des images spectaculaires et de l’émotion dans un langage familier.

Ces deux cérémonies sont de l’auto célébration et l’affirmation d’un pouvoir temporel. Concernant IBA One, je m’en moque un peu.

Quand à Chérif Ousmane Madani Haidara, c’est autre chose.

En fait, ça ne me surprend pas tellement ce genre de cérémonie est dans les gènes des Ançardine (NDLR  l’association de Cherif Ousmane Madani Haidara).

je ne vais pas m’attarder sur cet aspect qui consiste à faire défiler des hommes politiques en quête de popularité, car il est absolument pas question de Dieu. Inutile de vous dire que tout cela me hérisse et m’afflige.

Pourtant, le Maouhouloud de Chérif Ousmane Madani Haidara ne se résume pas à ça, et heureusement.

Il y a en fait une double dimension, la première que je qualifierais de sensibilisation en ce qu’elle s’appuie sur le message du Prophète contenu dans les livres. C’est pour moi l’éthique inscrite dans le coran, qui amène chacun à se conformer, dans son comportement quotidien, à des valeurs.

L’autre, je la qualifie d’ « attentiste » car elle ne s’appuie pas forcement sur le message du Prophète, mais sur une simple analyse de Chérif Ousmane Madani Haidara qui, parfois peut être une sensibilisation pour certains, mais qui concrètement, n’a pas grand chose à voir avec l’éthique.

C’est par exemple les discours sur les hommes politiques et la politique politicienne Bamakoise, que ce soient les cérémonies, les évènements, les sollicitations nocturnes, mais aussi les petits détails.

Bref toutes ces choses que le Prophète n’a pas institué (et voire même qu’il n’aurait jamais recommandé).

Ma position de Musulman est d’affirmer que seule l’éthique compte, qu’elle se pratique tous les jours, à tous moments, sans qu’aucun ne soit plus « fort ».

Un peu de « religion » est parfois nécessaire, car il n’est pas possible d’être Musulman tout seul, isolé dans son coin.

La lecture solitaire du coran est le chemin qui mène au fondamentalisme et à ses délires.

Il faut au contraire confronter sa lecture et sa compréhension à celle des autres, apprendre des autres (y compris des Chrétiens), car on ne sait pas tout.

L’éthique est du ressort de la conscience de chacun, les guides religieux n’ont finalement pas de prise, à part délivrer leurs messages en espérant qu’ils soient écoutés et suivis.

Qu’est ce qui justifie encore toute cette hiérarchie et toute cette pompe ?

Séga DIARRAH

Président du Mouvement BI-TON

(c) diarrah.com