L’heure du renouveau

au chapitre de l’honnêteté, la classe politique Malienne est aujourd’hui totalement discréditée. Les affaires de corruption se sont multipliées, touchant aussi bien les membres du parti au pouvoir que de l’opposition, et les partis traditionnels offrent quotidiennement le triste spectacle d’une caste de privilégiés qui ne songe qu’à défendre ses places et ses prébendes.

Mon combat, c’est de réussir un Mouvement national républicain qui s’honorera de cultiver une éthique exigeante du service désintéressé de la communauté. C’est ce qui me conduit à prendre le chemin opposé alors que j’avais la possibilité de rejoindre les partis de l’établissement pour jouir aussi des avantages qu’offrent les positions officielles.

Et ce choix constitue pour moi, au-delà même de l’impératif moral, un atout décisif. Car l’éthique du service ne peut que susciter l’adhésion des Maliens, alors que la magouille politicienne provoque indifférence et mépris.

La reconnaissance des qualités morales des dirigeants est la première condition du soutien populaire. Comment, sinon, créer la confiance et entraîner l’adhésion, comment susciter un vaste élan sans le respect qu’inspirent la vertu, le courage et la volonté ?

Le Mali est plongé dans un monde de plus en plus complexe, agité d’innombrables conflits. Les êtres intelligents qui nous gouvernent pensent qu’il faut donner aux problèmes inextricables qui résultent de ces données nouvelles des réponses subtiles et sophistiquées, et c’est pourquoi, perdus dans leurs conjectures, ils ne font plus rien. Enfermés dans des raisonnements strictement formels, ils n’ont plus prise sur la réalité, sinon ils sauraient que, pour résoudre une question complexe, il faut en politique avoir des idées simples.

A cet égard, Je reste animé par quelques idées forces. L’intérêt national est de celles-là. Une préoccupation qui, de tout temps, mesert de boussole pour déterminer le chemin à suivre et me donne, par rapport à mes adversaires, une assurance incontestable car elle fournit un repère permanent lorsque d’autres ne savent plus où aller ni que faire.

Une autre idée fondamentale est liée à l’impératif de protection, lequel exige de toujours prévoir pour envisager le pire et être en mesure de l’éviter. Certains, pour cela, me compare à Cassandre mais, en réalité, ils oublient qu’il s’agit là d’une obligation supérieure du politique que nos gouvernements actuels, dépourvus de clairvoyance et donc toujours surpris par les événements, semblent avoir perdue de vue.

Séga DIARRAH