Mali : IBK brule ses cartouches

Quasiment en même temps, le président de la République et le ministre de la réforme de l’Etat sont intervenus publiquement, l’un par une conférence de presse à l’occasion du sommet G5 Sahel, et l’autre par un débat télévisé sur la révision constitutionnelle.

 

On est au tout début du mois de juillet et les vaccances scolaires sont pour bientôt.

 

Le gouvernement était occupé à l’organisation du sommet G5 Sahel, il n’y a guère que quelques seconds couteaux pour lancer quelques attaques de guérilla.

 

La semaine dernière, les sympathisants du OUI à la révision constitutionnelle se sont un peu excités, mais pas plus que d’habitude. Bref, il ne se passe grand chose de ce coté là.

 

Et pourtant, le processus est bloqué, ce qui a obligé la tête de l’exécutif à sortir et à s’exposer. Cela montre une faiblesse inattendue, mais pas si surprenante.

 

Les sondages ne sont pas fabuleux, et sans être franchement en colère contre le gouvernement et le président, les Maliens sont un peu mécontents, du moins pas satisfaits.

 

Ce n’est guère surprenant, car le rejet de la révision constitutionnelle, c’est plutot le rejet de la politique ménée par le Président IBK.

 

Quand on est porté au pouvoir par une vaguelette, l’élan s’épuise vite.

 

Quand en plus, on se veut un président  » Pour le bonheur des Maliens », dans un pays en guerre et sous ambargo, on évite une fois élu de se lancer dans le « Bling Bling » et les annonces à tout-va. Ce n’est pas cohérent, et ça heurte un peu les attentes des Maliens qui ne sont plus habitués à la patience en politique.

 

Cela frustre aussi les militants de son propre camp, chauffés à blanc pendant des années, et qui attendaient des mesures symboliquement « fortes » de rupture.

 

Même si quelques innovations dans ce sens sont dans la révision constitutionnelle, elles ont été très mal « vendues ».

 

D’où un sentiment de flottement, d’absence du gouvernement, de vide de l’action. Tout s’enlise.

 

Par contre, les reniements divers et variés ont été très bien perçus.

Le fait de vouloir reformer uniquement parcequ’on doit respecter « nos engagements vis à vis de la communauté internationale et appliquer un accord de paix qui ne fait pas l’unanimité » par exemple.

Même si une majorité de « sympathisants » de IBK disent soutenir et approuver la révision constitutionnelle, il y en a, de plus en plus nombreux, qui grincent des dents.

Et puis ça faisait quand même sacrément « continuité » de la politique de ATT pour la gestion de la crise dans le Nord du Mali.

 

11 ans après les accord d’Alger, même si le discours sous-jacent n’était pas le même, on a les mêmes actions politique, et surtout les mêmes résultats à long terme.

 

Sur le fond, le discours de Kassoum Tapo est écrit par des avocats français  et ça se sent. Dire ouvertement qu’il n’à pas besoin d’être dans un gouvernement Malien pour vivre confortablement, n’est pas la meilleure manière d’être crédible sur les questions de revision constitutionnelle.

 

Et puis il y a enfin cette cacophonie. Le Président IBK continue toujours à faire croire que c’est uniquement l’opposition politique qui serait à la manoeuvre pour éviter le suffrage universel. Il prétent dire que ses adversaires politiques voudraient profiter d’une situation de transition en 2018, afin de se faire une place au soleil.

 

Malheureusement, les organisations de la société civile, à l’instar du collectif BI-TON qui ont formé un choeur ne rencontre que le vide de la communication officielle.

 

Quand le President de la république est obligé de faire campagne pour la révision constitutionnelle par le biais d’une conférence de presse, ça fait un peu tâche. Et le pire, c’est que ça continue comme avant ou presque.

 

  IBK aborde cette période en situation de grande fragilité.

Il a déjà grillé beaucoup de cartouches, s’est collé un boulet avec la « l’achat de l’avion présidentiel » et des histoires de corruption.

 

L’opposition n’a même pas besoin de bouger. Elle attend tranquillement et se contente de prendre ce qu’on lui donne, sans avoir besoin d’aller creuser. Je ne sais pas combien de temps le gouvernement va tenir à ce rythme…

 

Séga DIARRAH

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