Mali : la contestation sera t-elle dans les urnes ?

diarrah.com

 Une élection présidentielle n’est jamais facile à gérer pour un Président sortant, et en plus, il y a cette fois-ci une crise économique et sécuritaire qui touche la société Malienne.

On peut penser que le président IBK pourra se retrouver en très grande difficulté du fait de l’abstention d’électeurs RPM mécontents.

 Cela amène à se poser quelques questions, et surtout, à relativiser pas mal de choses pour un éventuel deuxième mandat.

 

Cependant après la marche de l’opposition d’aujourd’hui, je constate que soit cette indignation n’était pas si partagée que ça, soit elle ne s’est pas traduite dans les rues.

Il y a sans doute des deux. car la marche d’aujourd’hui  n’a pas mobilisé des milliers de personnes comme ce fut le cas lors des manifestations contre la révision constitutionnelle.

On a beaucoup entendu ceux qui sont indignés.

Normalement, c’est en général ceux qui sont contre qui s’expriment spontanément. On entend qu’eux, le bruit public va dans le même sens ce qui donne une impression d’unanimité que renforce l’écho médiatique.

Ceux qui sont pour IBK ou qui s’en fichent complètement se taisent et font autre chose.

Le seul vrai résultat qui comptera, c’est celui des urnes, quand tous s’exprimeront.

Parfois, c’est dur pour certains militants de se rendre compte que finalement, ils sont minoritaires et que le silence de la masse ne valait pas approbation.

 

Souvent, ces militants, surtout s’ils occupent une bonne place dans les médias ou sur les réseaux sociaux n’en sont que plus hargneux.

 

La leçon que je tire de cette mobilisation d’aujourd’hui est triple.

  • Ce qui compte en politique, c’est de garder son électorat. Essayer de conquérir les électeurs d’en face est une erreur. On perd les siens sans gagner les autres. pendant cette manifestation, les motifs ne séduisaient pas les Maliens non « politisés », mais au contraire, les militants et sympathisants de l’opposition classique. Le résultat montre que l’opposition  garde son électorat et que IBK a encore de bonnes chances pour le 29 juillet.

 

  • Deuxième leçon, finalement, les gens s’en foutent des polémiques initiées par  les anciens collaborateurs et minitres de IBK. L’impact de tels épisodes médiatiques est finalement négligeable. Pour moi, cela montre que la déconnexion est toujours aussi grande entre la population et le monde politique, vivant en vase clos et chassant en meute.

 

  • Internet et son #BouaKaBla, c’est rigolo, mais cela n’a absolument aucun poids ni aucune influence. Arrêtons donc de nous remonter le bourrichon avec l’influence d’internet. C’est peanuts ! Nous sommes une petite bulle, de la même nature que ORTM, fonctionnant de la même manière, sauf que ce ne sont pas forcément les mêmes qui la remplissent. Mais nous sommes aussi déconnectés.

Alors cessons de nous prendre pour le pouls de l’opinion Malienne

Séga DIARRAH

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