Présidentielle 2018 : Prédire l’avenir

Notre esprit Malien est trop ancré dans ses certitudes pour laisser une place à l’incertitude et au flou.

Il faut savoir, prévoir, ne laisser aucune zone d’ombre.

Ce serait une insulte à notre intelligence.

Dans notre obsession, nous tirons des conclusions et des prédictions à partir des seuls éléments en notre possession.

Or, souvent, des facteurs que l’on ne connaissaient ou dont on ne pouvait pas prévoir l’importance et le poids viennent tout bouleverser.

Cela se voit dans les grandes théories comme le marxisme, mais aussi dans les petites choses comme l’attitude de telle ou telle personne dans le futur.

Le marxisme est un produit de son époque, avec les préoccupations et les marottes du XIXe siècle.

Cela ne l’empêche pas d’être une très belle construction intellectuelle.

Marx n’était pas le dernier des imbéciles, et il avait pour lui l’excuse de passer juste après Hégel, qui avait inculqué à ses contemporains l’idée que l’Histoire est un mouvement, qui va d’un point à un autre (le fameux sens de l’histoire) et surtout que l’étude du mouvement passé permet de prédire vers où va se porter le sens de l’histoire.

On voit ce qu’il en est advenu des prédictions de Marx sur le capitalisme, qui devait s’écrouler de lui même, entraînant les structures étatiques dans sa chute. Nombre de variables ont évolué différemment de ses prévisions.

C’est le même processus qui est à l’oeuvre dans cette période de pré-campagne présidentielle au Mali quand on prétend se baser sur les positions actuelles et passées d’un candidat pour prévoir ce qu’il fera et sera une fois élu président.

On a beau répéter que la fonction peut parfois changer l’homme, citer des exemples en positif et en négatif, rien n’y fait, on continue allègrement à projeter l’avenir, avec plus ou moins de bonne foi, uniquement en fonction des éléments dont on dispose à ce jour.

Pourquoi essayer de tout prévoir ?

Pourquoi ce besoin irrépressible de contrôler, de maîtriser ?

Cela est largement illusoire et nous devrions davantage laisser de place aux incertitudes, surtout quand on sait que les paramètres dont on dispose ne sont pas fiables et que trop de choses peuvent arriver.

Tout change, et particulièrement les hommes au Mali.

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

Mon Blog : http://diarrah.com

Le collectif BI-TON